06/02/2017

Mélenchon Président ?!

mélenchon.jpgJ’ai écouté le discours qu’a tenu Jean-Luc Mélenchon hier à Lyon !

Le personnage est de toute évidence un show man de grande qualité. Il est, me semble-t-il, contrairement à la plupart de ses adversaires, d’une sincérité remarquable. Ses qualités d’orateur sont indéniables. Point besoin de « nègre » pour lui rédiger son discours, quelques notes griffonnées sur une page A4 lui suffisent, son talent d’orateur, son franc-parlé font le reste pour captiver l’auditoire.

Je ne suis pas un adepte de tout son programme présidentiel mais je dois avouer que je le rejoins sur plusieurs points qui ne sont pas de la moindre importance. Son point de vue écologique par exemple me plaît.

Mais ce qui m’a interpellé hier, ce sont les propos qu’il a tenus sur la question de la formation des professeurs.

 « On a besoin de professeurs ! Quand j’étais jeune-homme, on allait, quand on avait pas trop de sous et qu’on voulait faire une carrière, et qu’on était « doué » pour les études, on allait souvent à l’Ecole Normale. On y allait après 16 ans et on recevait un salaire, tant et si bien que les instituteurs et les institutrices de l’époque ressemblaient au milieu social des gens qu’ils accueillaient, des enfants qu’ils accueillaient. Tandis que quand on est avec une exigence d’avoir bac +5 pour pouvoir devenir professeur, eh bien, je sais une chose : c’est qu’il faut que les familles aient les moyens de consacrer une part importante de revenu à faire vivre un jeune jusqu’à bac +5 pour pouvoir devenir professeur !

Je vous propose de recommencer le système de pré-recrutement pour des jeunes de 16/17 ans ! Nous leur verserons un salaire et ils devront 10 ans de service à la Patrie, dans les écoles qui leur seront désignées ensuite. Et alors, ils auront la même couleur, la même allure que le peuple lui-même tout entier » !

 Une idée pleine de bon sens...

En 2012 j’écrivais, notamment, dans mon billet « UDC, : un apprentissage d’instit »

Oui, il fut un temps où les futurs instituteurs étaient bien formés!

Ça portait un nom: Études pédagogiques, École Normale en Valais.

Études pédagogiques qui répondaient en grande partie aux attentes dont se réclame aujourd'hui l'UDC.

Elles se faisaient en trois ans. Non seulement, elles savaient équilibrer connaissances pratiques et théoriques mais permettaient à tout un chacun, quel que soit son milieu social, de les suivre. En effet, durant leurs études, les étudiants touchaient alors un salaire modeste qui leur permettait de subvenir à leurs besoins.

Il suffisait d'avoir sa maturité en poche.

Jugez plutôt.

1ère année

- 50% de cours didactiques sur toutes les disciplines que le futur instituteur était appelé à enseigner...français, math, géographie, histoire, gymnastique, dessin, travaux manuels, chant, et même "écriture au tableau noir"(!), etc.

- 50% de remplacements à plein temps, avec prise en charge à 100% de la classe qui lui était confiée. Remplacements (souvent de longue durée) assortis de contrôles inopinés et fréquents effectués par une équipe d'inspecteurs en charge de rendre un jugement, le tout suivi d'un rapport écrit à signer par le candidat.

 2ème année

Un important et nécessaire apport théorique qui consistait en une année universitaire en sciences de l'éducation et l'obtention d'une demi-licence.

Le calendrier universitaire de l'époque laissait de nombreuses semaines "libres". Qu'à cela ne tienne, durant l'absence de cours, les candidats aux études pédagogiques devaient alors se tenir à disposition du "Service des remplacements" qui se chargeait de meubler ce temps libre.

 3ème année

50% apprentissage des "techniques d'enseignement". Sous le contrôle d'instituteurs formateurs chevronnés, les candidats étaient mis en situation réelle, face aux élèves d'une classe, et s'entraînaient à donner des leçons dans toutes les disciplines enseignées au primaire. S'en suivaient critiques et conseils.

50% stages de trois semaines dans une classe sous le contrôle de l'enseignant titulaire. Stages qui consistaient en

- une première semaine d'observation (enseignement du titulaire),

- une deuxième en collaboration avec le maître(50% d'enseignement pour l'un et l'autre) qui, bien sûr, prodiguait tous les conseils utiles.

- Une troisième semaine avec prise en charge totale à 100% de la classe (enseignement, corrections, évaluation, entretiens avec les parents, etc.)

S'en suivait le rapport de stage que le maître titulaire rédigeait alors.

 

Mais voilà...depuis cette époque, bien de l'eau a coulé sous les ponts et bien des décideurs se sont succédé...

J'entends déjà certains hurler au retour à la formation de grand-papa!

Qu'à cela ne tienne, comme Mélenchon aujourd’hui, je persiste et signe...une formation efficace et pleine de bon sens ! Nos politiciens feraient bien d’y penser avant qu’il ne soit trop tard.

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Commentaires

A la fin de ce brevet d'aptitude à l'enseignement primaire, la première année d'enseignement était certifiée par un rapport de l'inspecteur de circonscription qui validait ou pas le passage à la qualité de fonctionnaire du DIP, pour une confirmation d'un engagement définitif dans la classe de salaire correspondante à la fonction d'instituteur.
De plus , au cours de la troisième année des EP, le candidat devait obtenir un diplôme sur un travail de recherche ou une "équivalence" correspondant à une formation complémentaire à son diplôme de base.

La commission de l'Enseignement supérieur que je préside au GC, est en plein travaux sur le projet de loi de Jean Romain. (PL 11925 et M2194-B).

La lecture de ces deux textes peut vous orienter sur la portée de ce PL en cas d'acceptation par le GC.

Écrit par : Girardet J-F | 06/02/2017

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