15/02/2017

Genève, quelle République ?

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Qu’est-ce que c’est que cette République genevoise ? Nous sommes censés vivre dans un Etat de droit…le peuple élit des personnalités auxquelles il devrait pouvoir faire confiance. Les députés du Grand Conseil forment donc le pouvoir législatif qui fait et vote les lois et les conseillers d’Etat représentent le pouvoir exécutif qui est chargé, lui, de faire respecter ces lois.

Au vu de l’article paru ce jour dans le journal 20 minutes, que je reproduis ci-dessous, il semble bien que l’on soit aujourd’hui bien loin de ce mode de fonctionnement…

On se retrouve dans une situation pour le moins stupéfiante avec des gens, la plupart des directeurs d’école primaire, qui tout simplement rechignent ouvertement à respecter la loi en vigueur et un DIP qui semble cautionner cette attitude, qui n’a pas l’air très motivé à jouer son rôle. A quoi bon, en effet, décréter que «Ils (les directeurs) doivent tenir à jour un tableau de leurs heures d’enseignement et le transmettre à la Direction Générale à échéance régulière, ceux qui ne le font pas s’exposent à des sanctions définissables au cas par cas.» si ce n’est pas appliqué dans les faits ? Il y a là vraiment de quoi se faire du souci face à une telle attitude de la part et du DIP et des directeurs. Comment encore croire à nos institutions ?

Désormais, c’est aux députés du Grand Conseil, ceux que nous avons élus, de réagir pour interpeller le Président du Conseil d’Etat afin que celui-ci joue son rôle et rappelle à Madame Anne Emery Torracinta qu’elle a le devoir de faire respecter la loi, même si celle-ci ne lui plaît pas.

20 minutes du mercredi 15 février :

Malgré la loi, des directeurs n'enseignent toujours pas

par Marine Guillain - Des dirlos d'école primaire rechignent à donner la leçon. Ils ne sont pourtant pas sanctionnés.

 «S’il s’agit de donner un coup de main par ci par là, je le faisais déjà avant, note un directeur. Mais s’il s’agit de donner deux heures de cours par semaine, je ne vois pas où on trouverait le temps et je pense que très peu de mes collègues le font.»

Depuis le 9 janvier, les chefs des établissements primaires du canton doivent s’acquitter de «missions d’enseignement et d’actions pédagogiques face aux élèves», à raison d’une à deux périodes par semaine. Il peut s’agir de cours, devoirs surveillés, soutien pédagogique ou remplacement de profs absents. Cette loi a été votée en septembre 2015. L’association genevoise des directeurs d’établissements primaires (AGDEP) avait fait recours, allant jusqu’au Tribunal fédéral (TF). Celui-ci n’a pas encore tranché mais a rejeté l’effet suspensif.

Pourtant, selon nos informations, plusieurs responsables n’enseignent pas. Ceux que nous avons contactés éludent et renvoient au département de l’instruction publique (DIP). Comment vérifier si la loi est appliquée? «Ils doivent tenir à jour un tableau de leurs heures d’enseignement et le transmettre à la Direction Générale à échéance régulière, indique le DIP, qui est contre la mesure mais a promis d’appliquer la loi. Ceux qui ne le font pas s’exposent à des sanctions définissables au cas par cas.» Concernant les questions sur la nature de ces sanctions ou la fréquence de l’«échéance», la communication du département est restée très floue.

«Faire preuve de souplesse» tant que l’issue est incertaine

La décision du TF devrait tomber ces prochaines semaines, au plus tard ce printemps. «Dans l’intervalle, le DIP doit faire preuve de souplesse, car personne ne peut savoir aujourd’hui si cette obligation d’enseigner sera ou non validée», avancent Mes Thomas Barth et Romain Jordan, avocats de l’AGDEP. Le député Jean Romain (PLR) a voté la mesure car il estime que le contact régulier avec les jeunes élèves est important. Il ne déplore cependant pas le flou qui règne actuellement: «Tant que la justice n’a pas tranché, le DIP ne sait pas trop sur quel pied danser», dit-il.

Déjà assez à faire

L’AGDEP juge que les responsables d’établissements ont un cahier des charges bien assez lourd et que leur rôle n’est pas de donner des cours. Chacun gère entre 500 et 800 élèves. «Si le Tribunal fédéral tranche, on enseignera, assure la présidente Daniela Capolarello. Pour l’instant, l’association essaie de défendre ce qu’elle pense être le plus juste.» La société pédagogique aussi s’est opposée à la loi.

 

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Commentaires

A noter que quelques directeurs tout de même s'acquittent de leur tâche et respectent la loi. Il en est un qui, par exemple, demande aux enseignants de s'inscrire pour qu'il vienne les aider dans leur classe sous diverses formes: animation d'un atelier de math, aide à la production écrite, etc.
COMME QUOI C'EST POSSIBLE!!!! Contrairement à ce que prétendent encore la plupart d'entre eux...

Écrit par : duval | 15/02/2017

L’article de loi qui oblige les directeurs du primaire à consacrer une partie de leur temps à l’enseignement est en force, et le DIP a édicté une circulaire leur demandant d’enseigner 1 à 2 périodes par semaine. Bravo à ceux qui s'y plient.

Cependant le DIP ne veut pas de cet article de loi, pas plus que les directeurs et que le syndicat. Tous attendent le verdict du tribunal fédéral saisi de l’affaire. Ainsi on se trouve dans une situation, de fait, qui favorise ceux qui traînent les pieds. Je peux le comprendre.

Mais alors la question est celle de l’image que cela donne à la population. En effet, les médias ont beaucoup parlé de cette mesurette, et le peuple comprend mal que le DIP ne soit pas plus ferme, que les directeurs ne soient pas plus beaux joueurs.

A lire les commentaires qui suivent le papier de 20minutes, on voit dans quel sens cela se dessine.

Écrit par : Jean Romain | 15/02/2017

"le peuple comprend mal que le DIP ne soit pas plus ferme"
Les directeurs font partie de la hiérarchie mise en place par le DIP même. Si on veut voir la fermeté à l'oeuvre il faut aller chercher hors de la hiérarchie, chez les élèves et leurs parents, par exemple.

Écrit par : Mère-Grand | 16/02/2017

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