14/10/2017

Des étudiants pénalisés ?

index.png

La mise en place d’un nouveau règlement à l’EPFL semble prétériter les étudiants qui désirent se consacrer à des études scientifiques. Une situation qui mérite que le député Jean Romain demande quelques « explications » au Conseil d’Etat via une question urgente écrite :

 

Quelles implications aura le nouveau règlement 2016-2017 de  l’EPFL sur le cursus académique de nos étudiants?

 

L’EPFL a introduit pour la première fois durant l’année académique  2016-2017 une mise à niveau (MAN) pour les étudiants qui échouent aux examens du 1er semestre de la première année. Cette MAN est censée combler les lacunes révélées aux examens de janvier et permettre à l’étudiant qui la réussit (examens en fin de MAN, en juin) de répéter cette première année avec de bonnes chances de réussite.

Mais parallèlement l’EPFL a décidé d’exclure les étudiants échouant aux examens de fin de MAN. Le document officiel stipule que l’étudiant en échec à la MAN est « exclu de l’école sans échec définitif au Bachelor». Une première interprétation conduirait à penser que l’étudiant en question doit certes quitter l’EPFL, mais qu’il n’a enregistré qu’un échec simple : celui de la première année effectuée sans succès. Or il n’en est rien ! En effet, les

autres instituts ou universités considèrent que l’étudiant est en double échec (normalement, un étudiant est exclu lorsqu’il enregistre un double échec), si bien qu’il ne lui reste plus qu’une chance de réussir une première année ailleurs, puisque la règle veut qu’un étudiant dispose de trois essais pour réussir une première année.

L’EPFL a ainsi créé un nouveau statut : celui d’étudiants « exclus sans échec définitif » qui conduit de facto un étudiant n’ayant échoué que la première année en situation fictive de « double échec » pour toutes les autres universités du pays.

Le problème est d’autant plus aigu que ce règlement est rétroactif sur cette année académique, les étudiants n’ayant pas, en effet, reçu cette information avant le début des cours.

Une conséquence directe de ce nouveau règlement est que les porteurs de certificats de maturité n’auront pas intérêt à s’inscrire à l’EPFL s’ils veulent garder un maximum de chances d’embrasser une carrière scientifique. Ce qui est paradoxal.

Mes questions sont donc les suivantes :

  • Comment le DIP et l’Université de Genève analysent-ils cette nouvelle situation ?
  • Quelles mesures devront être prises pour que nos élèves à profil scientifique ne soient pas pénalisés par une décision prise unilatéralement par l’EPFL ?

 

17:13 | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook

09/10/2017

Les conseillers d’Etat seraient-ils au-dessus des lois ?

Hors_la_loi_Lucky_Luke_tome_6.jpg

Je vous le disais en mars dernier, « après avoir fermement contesté l’article 59 de la loi, votée en septembre 2015, qui leur impose de consacrer une partie de leur temps à l’enseignement, les directeurs d’établissement primaire, via leur association, l’AGDEP, avaient usé de tous les moyens possibles pour échapper à leur obligation.

Déboutés par la Cour constitutionnelle l’AGEP, en désespoir de cause, avait encore fait recours auprès du Tribunal Fédéral. A tort, les directeurs argumentaient que le vote du GC avait été fait sans même les avoir entendus en commission. On attendait donc avec impatience la décision du TF…

Elle est tombée dans un arrêt du 8 mars, relayée dans l’article du « Courrier », paru le 15 mars. On y apprend, qu’une fois de plus, l’AGDEP a été déboutée par le TF » !

Pourtant, sept mois après, rien n’a changé ! La plupart de ces directeurs ne respectent toujours pas la loi. Quelques-uns se contentent de la détourner en « offrant » …à la demande, leurs services aux enseignants ! Vous imaginez un enseignant assez fou pour se risquer à une telle requête auprès de son directeur sachant que celui-ci y est farouchement opposé !

Certes, une trentaine de directeurs, soit environ deux tiers d’entre eux, ont individuellement recouru contre la mise en œuvre de l’article controversé de la Loi sur l’instruction publique ». Le TF doit vraisemblablement encore répondre individuellement à chacun d’eux….la teneur de la requête à titre individuel a beau légèrement différer, elle n’en est que l’hologramme de celle de leur association. On voit mal comment la décision du TF pourrait changer selon qu’il répond à l’association ou individuellement aux directeurs…à n’en pas douter, on connaît déjà la teneur de cette réponse…

Quoiqu’il en soit, Aucun effet suspensif ne leur est accordé.

Dès lors, ces directeurs sont bel et bien hors la loi. Beaucoup plus grave, l’attitude de leur « patronne » la conseillère d’Etat Madame Anne Emery Torracinta ! Car enfin, c’est bien elle qui en porte la responsabilité et pourtant, elle persiste à fermer les yeux et à laisser ses troupes dans l’inégalité.

De quel droit s’autorise-t-elle à bafouer ainsi nos institutions ? Jusqu’à quand le Conseil d’Etat ainsi que les députés que nous avons élus vont-ils encore tolérer cette situation tout simplement scandaleuse ?

Pour mémoire: Genève, quelle République?

16:20 | Lien permanent | Commentaires (6) | |  Facebook