22/11/2017

DIP : le piège se referme

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En 2015, la loi sur l’instruction publique a été modifiée et votée par le Grand Conseil pour y introduire la notion d’école inclusive en primaire. Une école au bénéfice des élèves handicapés, un sujet bien délicat qu’il est difficile de traiter…

 

Ce texte de loi a-t-il été accepté par les députés sans trop prêter attention aux conséquences importantes que les articles 8 et 10 pouvaient impliquer ? Toujours est-il qu’aujourd’hui, on en apprend un peu plus via un document envoyé par le DIP à toutes les communes du canton. Celles-ci vont pouvoir maintenant mesurer l’impact de cette nouvelle initiative de Madame Anne Emery Torracinta.

On se trouve effectivement face à des défis et des changements radicaux.

  • Pour AET, « dans l’idéal, chaque élève, quelles que soient ses difficultés ou ses potentialités, devrait pouvoir être scolarisé dans l’école de son quartier/sa commune». Une noble idée mais, sans autres précisions sur le « degré » du handicap, je ne suis malheureusement pas du tout certain qu’il en va du bien des élèves handicapés ou non.
  • La profession d’instituteur se voit complètement modifiée. Il s’agit pour les maîtres du primaire d’assumer, en plus des compétences d’instituteur, celles de véritable enseignant spécialisé, d’éducateur, de logopédiste, de psychologue, d’infirmier, etc., autant de formations à part entières qu’il s’agira d’exercer au sein d’une équipe pluridisciplinaire. Je ne suis pas certain là encore que les enseignants en place, ceux qui avaient choisi de suivre une voie bien précise, apprécieront ce nouvel aspect de la profession, ce bouleversement. Je ne suis pas persuadé non plus que les potentiels futurs enseignants se bousculeront dorénavant au portillon…
  • Consciente de l’énorme aspect financier que son projet implique, habillement, Madame la Conseillère d’Etat s’en remet à l’article 8 de cette loi qui oblige les communes à supporter l’ensemble des changements majeurs occasionnés au niveau des bâtiments scolaires. Ceux qui sont mentionnés dans le document reçu par les communes et que je vous livre en pièce jointe. Une bagatelle financière qui sera appréciée au sein des différents conseils municipaux.

Enfin, une question me taraude…L’école inclusive ne va-t-elle pas à l’encontre des résultats escomptés ? Ne va-t-on pas effrayer quantité de parents et assister à un exode massif des élèves vers les écoles privées, créant en parallèle une école à deux vitesses, l’une, privée, pour ceux qui ont les moyens financiers et une autre, publique, pour ceux qui n’ont pas le choix ?

 

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