06/12/2017

Souvenirs souvenirs

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Souvenirs souvenirs

Je vous retrouve dans mon cœur

Et vous faites refleurir

Tous mes rêves de bonheur…

 

Je devais avoir 9 ans… il m’arrivait, de temps à autres, de passer quelques heures chez Pierrot, un ami plus âgé que moi. Sur son vieux tourne-disque, il écoutait Edith Piaf et les Compagnons de la chanson. Mais voilà qu’un beau jour, il me fit découvrir sa dernière acquisition, un 45 tours d’un jeune artiste qui chantait un truc incroyable… Kili Watch ! Depuis, Johnny ne m’a plus quitté…jusqu’à aujourd’hui.

Alors, oui, aujourd’hui, je pleure. Je pleure ce type qui ne me connaissait pas mais dont je me suis senti si proche. Comme des milliers de gens, j’ai l’impression d’avoir perdu un « grand frère » qui a partagé un pan de ma vie.

Johnny ! Il y a tant de souvenirs en commun dont tu as ignoré l’existence mais qui sont pourtant bien réels pour moi et pour tant de gens de ma génération.

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Ce fut les premiers 45 tours que j’ai achetés, avec mon frère de quatre ans mon aîné : « Nous quand on s’embrasse » qu’on écoutait en boucle, « Retiens la nuit » et cette photo de pochette qui m’a tant fait fantasmer !

 

Début des années 60, en vacances d’été à Verbier, je cassais ma tirelire pour regarder Johnny, EN COULEUR, chanter « Oui j’ai » sur le scopitone, fraîche invention de l’époque, que le bistrot du coin venait juste d’installer.

En 1963, je me souviens m’être précipité avec mon transistor, à l’aube, dans la chambre de mes parents pour leur faire écouter, émerveillé, « Tes tendres années » qui venait de sortir. C’était avec une telle impatience qu’on attendait chacun des nouveaux vinyles que Johnny enregistrait.

Pour+moi+la+vie+va+commencer+Johnny+Hallyday0.jpgJe ne vous parle pas de la folie qu’engendra la sortie du film « D’où viens-tu Johnny ? ». Pensez donc, Johnny et Sylvie, les deux « idoles » des jeunes réunies en un seul long-métrage…avec en prime quatre nouveaux morceaux de Johnny dont « Pour moi la vie va commencer ». Encore une photo/pochette qui s’est retrouvée épinglée sur l’un des murs de ma chambre. Comme tant d’autres d’ailleurs. Au point que lorsque le journal SLC est sorti, avec mon frère, on achetait chaque numéro à double exemplaires, l’un pour en découper les photos et l’autre pour le garder intact.

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C’était bien sûr Johnny qui trônait sur la couverture du N°1 de ce journal mythique. Comme auparavant, c’était sa voix qui, tous les jours à 17 heures, nous saluait, nous, les milliers d’ados qui étions fidèles au rendez-vous, scotchés à notre transistor,  pour écouter l’émission de Daniel Filipacchi sur Europe 1… jingle….Salut les copains…. !

En 1961 (ou 62), Johnny était à Genève pour un concert à la salle de la Réformation. J’avais alors 10 ou 11 ans et j’enrageais de ne pouvoir assister à ce concert. Cravate obligatoire, il fallait avoir 16 ans révolus pour être admis à l’entrée. Je mourais de jalousie parce que mon frère, 15 ans, avait falsifié sa date de naissance sur sa carte d’identité et avait donc pu assister à ce concert qu’il m’avait raconté comme mémorable.

Je me suis bien sûr rattrapé par la suite, notamment pour un concert sur l’île de Ré, lors de sa tournée « Johnny Circus », mais j’ai toujours regretté de ne pas l’avoir vu sur scène accompagné de ses seuls cinq musiciens, les Golden Stars.

En 1969, avec quelques amis, nous l’avions attendu à la sortie de son spectacle aux Vernets. Il s’était engouffré dans une voiture que nous avions pourchassée à une allure folle, brûlant les feux rouges, à travers la ville de Genève, impensable aujourd’hui ! En arrivant devant le Griffin’s, où il avait l’habitude de se rendre après ses concerts genevois, il était sorti de la voiture et nous avait accordé un jovial sourire en  nous adressant un salut de la main…nous étions ravis !

Aujourd’hui, Johnny, voilà que j’ai l’impression que tu me refais le coup une dernière fois…Salut Johnny.

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