30/01/2018

Le journalisme de grand-papa

journalismetintin.jpg

Au début des années 2000 - pensez donc, au commencement du XXIè siècle ! – avec l’Arle (association refaire l’école), nous nous étions battus contre l’instauration, à l’école primaire, de cycles d’apprentissage de 4 ans ainsi que pour y maintenir les notes. L’école était alors dans la tempête. Nous avions donc milité pour une école digne de ce nom ! Nous pensions que ces changements n’étaient pas une fatalité et que nous les subissions sans les approuver.

A cette époque, la grande majorité des journalistes en rigolaient et nous rabâchaient le sempiternel « Comment ? Vous voulez revenir à l’école de grand-papa ? ».

Aujourd’hui, alors que tout change,  le journalisme est à son tour dans la tempête ! La presse écrite est sur le point de disparaître. Une crise qui pourrait bien lui être fatale… Les journaux imprimés souffrent d’une désaffection des lecteurs qui rechignent à une information payante. Ceux-ci préfèrent recourir à une presse gratuite ainsi qu’à internet qui les maintient dans une apparente actualité en « live »… Peu importe alors de se livrer en toute confiance aux tout puissants publicitaires qui désormais dirigent les médias, peu importe de s’exposer aux innombrables « fake news » qui alimentent le Web. Bonjour la propagande qui affaiblit la démocratie et la libre opinion publique. Adieu le journalisme de qualité, l’information indépendante et multiple que seuls les médias payants peuvent nous procurer.

Y aura-t-il alors quelqu’un pour dire : Quoi ? Vous voulez revenir au journalisme de grand-papa ?

Le monde change nous dit-on. Soit. Mais faut-il pour autant s’y adapter de la pire des manières ?

14:34 | Lien permanent | Commentaires (6) | |  Facebook

Commentaires

Le changement, que quelques pieds nickelés persistent à appeler du nom trompeur de progrès, est la principale vague destructrice de l’Occident. Chacun son tour d’en subir les ravages et de vouloir leur résister, suivant les mêmes griefs et avec les mêmes arguments. Exactement les mêmes : profs, fonctionnaires postaux, médecins, journalistes, physiothérapeutes, CFF, etc.

Et les mêmes mercenaires du monde comme il va de leur répondre : mais le monde change, il vous faut changer avec lui. Seulement les gens n’en peuvent plus, et le minimum de décence consiste à ne pas les taxer de psychorigides.

Écrit par : Jean Romain | 30/01/2018

On va droit dans le mur. Nous sommes assez nombreux à nous en rendre compte et ce n'est pas difficile. Tout ce qui faisait la qualité de la Suisse fout le camp à toute vitesse. Les pannes se succèdent, dans tous les secteurs. Swisscom, CFF, fournisseurs d'électricité. Même l'eau commence à devenir problématique, en Suisse, le château d'eau de l'Europe ! Et si quelqu'un sortait le slogan de l'air pur de nos montagnes, ce serait l'éclat de rire (cynique). Des ingénieurs de plus en plus incompétents ou jem'enfoutistes, des chefs qui ne s'intéressent qu'au fric, une armée de guignols qui ne savent plus ce qu'ils font.
Sauf que c'est trop tard pour changer. A moins d'une bonne guerre pour remettre les pendules à l'heure...et je ne plaisante qu'à moitié.

Écrit par : Géo | 30/01/2018

Et dire que c'est le rapporteur de la commission des transports et fervent enthousiaste de la Lex Uber qui vient ici fustiger les ravages du changement.
On attend de nos élus un minimum de cohérence pour mettre en place un cadre équitable qui permette de considérer l'évolution comme un progrès.
Les taxis furent les premiers. Personne n'a daigné nous entendre. Les suivants arrivent, à la queue leu-leu. Les journalistes, les banquiers, les médecins, les notaires, les avocats, les architectes.
Et tout ça juste parce que nos têtes pensantes n'ont rien vu venir et ne comprennent toujours pas ce qui se passe.

Écrit par : Pierre Jenni | 31/01/2018

De fait, presse écrite et journalisme de qualité ne coincident pas forcément. Ainsi, la disparition de l`une n`est pas forcémnt due a la disparition de l`autre. Pour ma part, c`est le journalisme de qualité que je voudrais voir survivre, sur papier ou pas. Par journalisme de qualité, j`entends le journalisme de reportage et d`analyse au détriment duquel on a de plus en plus un journalisme de pure information. La Tribune de Geneve fait partie de ces canards qui s`accrochent au journalisme de qualité mais elle ont du mérite car les lecteurs en ont de moins en moins l`exigence. C`est ca la grande question: pourquoi tant de lecteurs de journaux n`ont-ils plus l`exigence du reportage et encore moins celle de l`analyse de fond. Vaste question, sans doute.

Écrit par : JJ | 01/02/2018

@ Monsieur Duval,
"Adieu le journalisme de qualité, l’information indépendante et multiple que seuls les médias payants peuvent nous procurer."

Doit-on considérer que l'information est indépendante et multiple parce qu'elle est payante? Rien n'est moins sûr. Plus je lis de journaux, plus je m'aperçois qu'ils emploient les mêmes narratives. Si bien qu'on a l'impression de n'en avoir lu qu'un seul dont l'effet est celui d'une opinion unique et unilatérale. Elle semble même avoir été commandée pour résultat.

"Le monde change nous dit-on. Soit. Mais faut-il pour autant s’y adapter de la pire des manières ?"

Vous venez d'apporter vous-même la réponse dans cette question. Bien sûr, qu'il ne faut pas choisir la pire des manières.

Je pense qu'il est judicieux de dissocier les deux sujets à savoir le métier lui-même voire la passion du journalisme pour un petit nombre de professionnels et les outils pour ce travail (technologies de la communication et bureautique avec sa pléthore de logiciels d'assistance et de mise en valeur).

Les nouvelles technologies facilitent et permettent de nouvelles présentations aux contenus, elles peuvent être appréciées comme un plus pédagogique. En tout cas, elles ne peuvent être tenues pour responsables des contenus qui sont librement produits par chacun.

Pour moi, oui, il faut s'adapter aux nouveaux moyens qui nous sont offerts à chaque époque de l'histoire du progrès. Cela ne veut pas dire qu'on soit obligé de se conformer aux nouvelles idéologies manipulatrices qui se sont développées et qui ont profité de ces moyens de diffusion à grande échelle.

Support-papier ou support-écran connecté ou pas à la toile (web).

On peut faire apparaître autant de mensonges, de légendes que de faits véridiques, d'expressions authentiques ou de travaux compilés et documentés sur l'un et sur l'autre des supports. D'ailleurs, pas tous les livres-papiers sur une seule et même thématique ne sont de même valeur ni de même teneur, tout vraisemblablement comme pour ce que nous pouvons lire sur InterNet

Il est bon que les enseignants démythifient le pouvoir du numérique et apprennent aux enfants les méthodes et processus du tri.
C'est celui qui sait qui détient du pouvoir.

Un esprit critique fait automatiquement la différence. Mais pour ce faire, il lui faut un minimum de bagage, c'est-à-dire de savoirs et de formation. On ne pourra donc pas se passer d'une culture générale renforcée et plus étendue pour garantir cette faculté critique. C'est en cela que l'école est indispensable, plus indispensables encore, sont les enseignants sur qui on compte pour guider ce long cours d'apprentissage chez les enfants et adolescents assoiffés de connaissances.
D'ailleurs ne se trouvent-ils pas malgré eux, confrontés à cette ère technologique qui s'impose déjà comme critère de leur future sélection lors d'une recherche d'emploi ou d'une activité rémunératrice?

Non! le journalisme de papa ne peut mourir.

Le travail d'investigation, le soin apporté à la qualité de l'information, la rigueur de la rédaction et le sens des responsabilités restent la base indémodable pour le journaliste honnête. Tout le reste n'est que mise en œuvre pour la diffusion. On reviendra bientôt au journal papier, Je le crois aussi, car l'électronique a un coût en énergie et dans la pollution qu'on pourra bientôt chiffrer avec précision après un quart de siècle d'expérience.

Les nouvelles technologies on créé des problèmes bien spécifiques à elles.
En dehors du champ scientifique et expérimental, la précision et la fidélité de l'image dans le loisir deviennent de la tyrannie extrêmement onéreuse.

Et même si on ne peut plus s'en passer, il faudra se forcer à être plus rationnel pour ne pas gaspiller les ressources difficilement extensibles: outre les matières premières pour les mémoires et autres composants, l'énergie pour la fabrication du hard et du soft, le temps pour acheminer les volumes continuellement croissants de data dans une circulation ininterrompue (des processeurs et des mémoires toujours plus gros et énergivores), des logiciels d'amélioration des différentes applications qui ne sont que des "variantes" insignifiantes sans apport supplémentaire de sécurité qui se multiplient, devront être rejetées et l'espace hertzien et filaire passablement concentré et saturé dans les métropoles devra connaître des priorités dans l'attribution des concessions.

Si je ne me trompe pas, on consomme toujours autant sinon davantage de papier malgré InterNet.

Écrit par : Beatrix | 11/02/2018

Autrefois on parlait non quantité mais qualité.
Aujourd'hui accumulation avec profits dans les plus courts délais.

Tout pour le gain, le profit.
Prédateurs ou rapaces à l'affût créateurs de besoins artificiels.

Affrontés au Marché annoncé désormais sans éthique au néolibéralisme sauvage, cruel, cynique... quelques journalistes éclairés ont donné le conseil au public d'acheter le moins possible.

Qui, à part les vrais fauchés, a suivi?

Qui a tenu compte des ces suggestions?

Bien à vous, Monsieur Duval.

Écrit par : Myriam Belakovsky | 11/02/2018

Les commentaires sont fermés.