19/04/2009

Serait-ce plus grave encore ?

Un commentaire que Pascale a laissé sur mon précédent billet m’interpelle. A la lire, il semble que quelques enseignants ne feraient pas leur travail correctement.

Que la chose soit bien claire.

Chaque école primaire du canton bénéficie, à un taux d’activité fort variable, d’un certain nombre de maîtres spécialistes (MS) qui sont chargés d’enseigner PARTIELLEMENT les branches artistiques (dessin, travaux manuels, couture, musique) ainsi que l’éducation physique.

Toutes ces disciplines font l’objet d’une répartition hebdomadaire officielle du temps d’enseignement que le corps enseignant se doit de respecter.

http://icp.ge.ch/ep/etidep/IMG/pdf/D-DGEP-01A-02_Repartition_hebdomadaire_temps_enseignement-2.pdf

Force est de constater que, selon le degré, de la 2ème primaire à la 6ème primaire, la dotation horaire varie entre

5 heures et 4 h 20 pour l’éducation artistique

2 heures 15 en ce qui concerne l’éducation physique.

Dans aucune école du canton ce taux d’activité n’est entièrement couvert par les maîtres spécialistes qui y sont affectés. Dans la plupart des cas, ceux-ci prennent en charge 45 minutes de gymnastique (ou piscine ou rythmique) et 90 minutes dans l’une des branches artistiques, soit un total de 2 h 15.

Dans le meilleur des cas, situation très rare, il se pourrait qu’une classe bénéficie d’une période de 45 minutes en plus ( par exemple, 45 min de gym, 90 min de dessin et 45 minutes de musique), soit 3 heures.

Même dans cette situation on est bien loin du compte officiel qui doit être respecté. Le constat est très clair, il reste entre 3h 30 et 2 h 50 à couvrir en ce qui concerne l’éducation artistique et 1h 30 d’éducation physique.

Les instituteurs sont sensés être, du moins jusqu’à maintenant, des généralistes formés à enseigner toutes les disciplines dispensées à l’école. C’est une richesse du métier et la plupart d’entre eux y tiennent très fortement. Ils ont raison.

Ce sont donc bel et bien eux qui doivent compléter cette éducation délivrée partiellement par les MS.

Et c’est là que le bât blesse semble-t-il !

A lire Pascale, ce n’est pas le cas dans l’école de sa fille et je crains donc que cela ne le soit pas non plus dans un certain nombre d’autres écoles. On est en droit de se demander ce que font alors les directeurs fraîchement nommés qui sont en charge dans les écoles où de telles situations seraient monnaie courante. Ils sont bien payés pour cela, entre autres. Il est de leur devoir de faire respecter les horaires scolaires en vigueur.

Je n’ose imaginer que cette situation pourrait être la même pour d’autres disciplines telles « l’environnement » (histoire, géographie, sciences) par exemple….est-elle enseignée dans toutes les classes du canton ? A raison de 3h 15 hebdomadaires….

Je veux pourtant croire que l’immense majorité des instituteurs exercent correctement leur profession et assument pleinement leurs responsabilités. Que nous nous trouvons là confrontés à quelques exceptions malheureuses.

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17/04/2009

Instituteur : une profession en voie de disparition

uni mail.jpgMais quelle mouche a donc piqué Monsieur Charles Beer, conseillé d’Etat en charge du DIP ?

Alors que tous les cantons suisses forment leurs instituteurs dans une Haute Ecole Pédagogique (HEP) dont le diplôme est pourtant reconnu par la CDIP (Conférence des Directeurs de l’Instruction Publique), voilà qu’à Genève, notre ministre s’est mis en tête de confier cette formation à un Institut Universitaire de Formation des Enseignants (IUFE). Tout en prétendant vouloir se conformer à l’harmonisation scolaire acceptée par le peuple, il prévoit néanmoins pour Genève une formation prétendument plus « exigeante »…du moins sur le papier.

Le projet de loi sur la formation des futurs enseignants (PL 10432) de Monsieur Beer induit pourtant de sérieux problèmes.

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