24/12/2015

Anne Emery Torracinta fait des cadeaux de Noël...

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Je ne sais pas si Madame la Présidente du DIP connaît le jeu des "échecs" mais ce qui est certain c'est que, pour ces fêtes de fin d'année sa diagonale du fou fait des ravages...finement joué!

Difficile pour les enseignants de répondre à ce coup porté.

 

On apprend en effet, via le site de la TdG, que les enseignants grévistes seront ponctionnés sur les heures de cours manquées mais aussi sur le temps hors présence d’élèves.
Prétendument des privilégiés qui ne travaillent que quelques 28 heures par semaine, les enseignants se défendent en général en argumentant que toutes ces heures d'enseignement nécessitent des heures de préparation et ensuite de correction. De ce fait, ils travaillent pendant 40 ou 42 heures par semaine, comme tout fonctionnaire.

Voilà que cet argument leur revient comme une gifle en pleine figure... Dans le soi-disant but de parvenir à une équité de traitement entre tous les fonctionnaires, enseignants comme personnel administratif et technique, Madame Anne Emery Torracinta a décidé, tout récemment, de modifier les modalités de calcul des retenues de salaires des maîtres en cas de grève.

Jusqu'à maintenant, la retenue de salaire des professeurs grévistes était calculée de manière individualisée, en regard de la classe salariale et des annuités de chacun. La durée de la grève correspondait au temps en présence d’élèves qui n’a pas été travaillé. Soit une retenue de salaire sur six heures pour une journée d’enseignement à plein-temps. Mais c’est terminé: dès le 1er janvier, la retenue sera aussi effective sur le temps hors présence d’élèves. Soit le temps dédié à la préparation des cours, des corrections d’épreuves, etc. Au Cycle par exemple, un maître enseigne 24 périodes hebdomadaires pour un travail effectif de 40 h. Une journée de 6 périodes débrayée équivaut désormais à 11 heures de retenue salariale (les 6 périodes de 45 minutes plus le temps hors présence d’élèves).

La polémique va bon train, les commentaires nombreux fusent déjà...

Au lendemain du dépôt du référendum contre le "Personal stop", voilà une décision qui va faire du bruit et qui nous promet de belles envolées...

 

Pour rappel, je n'accepte de publier que les commentaires dont l'auteur m'est connu.

Pour ce faire, chacun peut continuer à utiliser le pseudo qui lui plaît mais, j'exige que l'adresse email utilisée soit correcte et je demande au commentateur de me communiquer son nom et son adresse via mon adresse e-mail.

De cette manière, le commentateur reste anonyme pour les lecteurs et je suis seul à connaître son identité. De mon côté, je m'engage bien évidemment à préserver et à respecter cet anonymat.

 

 

 

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19/12/2015

Le coup de griffe aux directeurs de Pascal Décaillet

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Pour faire suite à mes précédents billets sur la question des directeurs d'établissement, je me permets de vous livrer ici, le coup de griffe de Monsieur Pascal Décaillet, paru dans le GHI de cette semaine.

 

Dans la série « on aura tout vu », l’épisode des directeurs d’écoles primaires, à Genève, qui attaquent en justice une décision du Grand Conseil, n’est pas loin de marquer  un record. Le Parlement cantonal avait récemment décidé d’imposer à ces directeurs quelques heures d’enseignement. Or, la Tribune de Genève nous annonçait, lundi 14 décembre, que ces derniers, regroupés en association, et aidés de deux excellents avocats, Mes Thomas Barth et Romain Jordan, saisissaient la Cour constitutionnelle pour demander l’annulation de l’article. Chacun, dans notre République, a le droit de défendre ses intérêts. Mais attaquer par voie judiciaire une décision des élus du peuple, alors qu’il existe la voie politique du référendum, ne renforce pas le crédit de notre système institutionnel. En politique, le meilleur juge, c’est le corps électoral.

 

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16/12/2015

Les dirlos donneraient-ils dans le mensonge?

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La loi demande dorénavant que les directeurs d'établissement consacrent une partie de leur temps de travail à l'enseignement...

Ceux-ci contestent cette décision et font appel à la justice en invoquant qu'ils n'auraient pas été consultés lors du processus législatif! C'est ce que nous rapportent les différents médias.

Mensonge!

J'en veux pour preuve le rapport de la Commission de l'enseignement, de l'éducation, de la culture et du sport chargée d'étudier la proposition de motion de MM. Christo Ivanov, Patrick Lussi, Stéphane Florey.

Et....surprise!

Vous y découvrirez au point 6 l'audition de l'association des directeurs d'établissement représentée par M. François Stocco, président de l’AGCEP, accompagné de ses collègues, MM. Nicolas Bindscheler et Philippe Ducommun et Mme Daniela Capolarello...ceux-là mêmes qui, aujourd'hui, prétendent le contraire.

Nos directeurs peuvent hurler tant qu'ils le veulent, le processus démocratique a été respecté. Comme toutes les autres personnes auditionnées, ils ont eu, comme je le disais dans mon billet précédent, tout le loisir de s'exprimer et de faire valoir leur point de vue sur le sujet en cause.

Voilà qui en dit long sur la crédibilité de ces directeurs qui tentent par tous les moyens de sauver leurs privilèges.

Mes Thomas Barthe et Romain Jordan qui les défendent feraient peut-être bien de relire attentivement ce rapport et y regarder à deux fois...

 

Enfin, pour en sourire, le mot laissé par Jean Romain sur sa page "facebook":

Petit traité de ploukitude à usage multiple, Chap. 3, verset 2

Pour tenter de museler les députés, les ploucs de service agitent un argument qu’ils pensent imparable : vous prenez des décisions sans connaître de quoi vous parlez, donc ces décisions ne sont pas légitimes. C’est ce que disent les dirlos du primaire après que la nouvelle Loi les a contraints à enseigner une partie de leur temps.

L’argument fonctionne comme des tables gigognes : vous ne savez pas de quoi vous parlez ! Mais je suis élu par le peuple et pas nommé, moi ! Mais vous ne connaissez pas le milieu scolaire ! Je suis prof… ! Mais vous n’enseignez pas au primaire donc vous êtes éloigné du terrain réel.

Au fond pour pouvoir dire quelque chose sur les dirlos, il faudrait enseigner (et pas seulement avoir enseigné) au primaire, et de préférence dans les écoles en REP (réseau d’enseignement prioritaire).

Aucun député ne pourra plus parler des EMS, des cimetières, ni de la Chine, ni de la Turquie, ni de rien dont ils ne font plus ou pas encore l’expérience en temps réel.

C'est l'argument phare des losers !

 

 

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14/12/2015

Les dirlos font une crise

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Vous avez sans doute tous déjà vécu cette scène...

Vous savez, ce gosse insupportable qui hurle à tue tête dans le magasin parce qu'il réclame une sucrerie que sa mère lui refuse...

Aujourd'hui, ce sont nos directeurs d'établissement primaire qui jouent aux enfants gâtés.

Alors qu'il est demandé à toute la fonction publique, particulièrement aux enseignants..., de faire un effort afin de rétablir au mieux une dette inquiétante, voilà que des cadres supérieurs du DIP font la fine bouche et saisissent la justice afin de tenter de préserver leurs privilèges.

"Comment! Nous, directeurs d'école, on ose nous demander de prendre en charge quelques petites heures d'enseignement, par exemple une partie de celles consacrées à l'aide aux élèves en difficulté scolaire! Vous rêvez, impossible, nous somme déjà "overbookés"..."!

Et de feindre la surprise...

Cette décision d'inscrire dans la loi le fait que les directeurs sont tenus d'enseigner partiellement n'est pourtant pas tombée du ciel. Il y a belle lurette qu'on en cause et que ces braves directeurs ont eu toutes les possibilités de faire valoir leur point de vue. Ils ont été largement auditionnés lors de la commission qui a planché sur le sujet (motion 2100) et n'ont pas réussi à convaincre les députés. Une motion qui, malgré leurs larmoiements, a été acceptée par le Grand Conseil et dont il a été tenu compte dans la récente loi sur l'instruction publique (LIP), elle aussi votée par nos députés.

Une démarche qui s'est faite dans les règles de l'art, de manière tout à fait démocratique.

Mais, voilà, quand on jouit de trop de bien-être, on ne l'entend pas de cette oreille.

Ainsi, de manière curieuse, ces directeurs, enfants gâtés, en appellent à la justice et tentent le coup du vice de forme. C'est ce que nous apprend la TdG du jour.

Allons donc les enfants, cessez cette crise ridicule. Ce n'est pas ainsi que ça se passe. Une loi est une loi et si ces messieurs dames désirent y revenir, le seul moyen auquel ils pourraient recourir porte un nom: référendum. Seulement, ils le savent très bien, non seulement il leur faudrait trouver suffisamment de signatures qui les soutiennent (ce qui est loin d'être certain...) mais un référendum ne peut porter que sur l'ensemble de la LIP et non sur un seul point de celle-ci. Ce qui les gêne profondément. Il leur a donc fallu trouver une autre échappatoire...inédite et cocasse!

Il est d'ailleurs intéressant de voir comment cette situation sera gérée. Le Grand Conseil attaqué en justice par des cadres de l'Etat, défendus par deux avocats...

En fait, on vit une époque formidable tant on est en train de "judiciariser" le fonctionnement de la République.

Comment, en haut lieu, réagira-t-on à cette situation jamais vue à ma connaissance...

Maman tiendra-t-elle bon en faisant preuve d'autorité ou, au contraire, face aux hurlements du sale gamin, cédera-t-elle au caprice de son rejeton...?

 

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13/12/2015

Le TF accepte le port du voile à l'école

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Réflexion de Jean Romain à propos de cette récente décision du Tribunal fédéral, sur sa page "facebook"...

Laisser rentrer le voile musulman à l’école comme vient de trancher le Tribunal fédéral est un net recul sur la position républicaine que je défends.

Deux valeurs organisationnelles de la pensée républicaine sont la tolérance et la liberté ; et, s’autorisant de ces deux valeurs, on va prétendre, en vertu de la liberté de chacun et de la tolérance qu’il faut lui montrer, qu’on devrait accueillir comme a priori respectables toutes les traditions et tous les signes d’appartenance religieuse. Cette vision se propose donc d’étendre la tolérance qui règne dans la société civile au fonctionnement même des organes de l’Etat, ne voyant pas que c’est le second qui rend possible le premier.

S’agissant de l’école, cette vision consiste à la dissoudre dans la société civile et à traiter les élèves comme si leur jugement était déjà formé. On peut dire les choses autrement : cela consiste à ouvrir l’école aux différents groupes de pression en présupposant que l’élève jouit d’une autonomie personnelle suffisante pour s’en défendre.

L’école deviendrait ainsi le simple miroir de la société : elle sera intercommunautaire, tout comme l’est la juxtaposition des différentes communautés de la toile de fond sociale. En étendant à l’autorité publique le principe qui vaut dans la société civile, c’est une école de la destinée sociale qu’on promeut et non pas une école de la liberté.

Laisser ainsi entrer le voile à l’école, c’est laisser entrer le père et les frères de la jeune élève dans la classe. On ne voit pas dès lors qui les empêcherait de réclamer la mise à l’index de ce qui leur déplaît. Pourquoi toléreraient-ils qu’on y lise Rousseau, Voltaire ou Sartre ? Ou Rushdie ? Qu’on y parle de théorie de l’évolution ? Qu’on y mange du porc à la cantine ? Qu’on y implante un sapin de Noël dans le hall d’entrée ? (J’ai déjà expliqué ici que Noël est une fête universelle et non plus strictement communautaire).

 

 

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24/11/2015

Offrez-vous un véritable trésor

Avez-vous déjà entendu parler du Geldermalsen, ce bateau qui a coulé en 1752?

Ne vous semble-t-il pas fascinant qu'une poterie de près de 2500 ans puissent traverser les millénaires et nous parvenir INTACTE?

Connaissez-vous, par ces temps troublés, l'existence de ce cavalier de la paix?

Faites-vous plaisir et faites le plein de cadeaux pour Noël...

Via la prochaine vente aux enchères de la maison "Genève enchères" je vous invite aujourd'hui à faire un voyage parmi une multitude d'œuvres d'art dont vous pouvez découvrir le descriptif et la photo, en suivant le lien suivant

catalogue vente

Plus particulièrement trois d'entre eux, des petits trésors.

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La porcelaine "Nanking Cargo"

C’est en 1746 que débute la construction du Geldermalsen, un splendide bateau de la Compagnie des Indes Orientales mesurant 42 mètres de long. Il fait alors partie de la flotte de ce qui est la première société par actions, devenue ensuite une multinationale surpuissante depuis sa création en 1602 et qui contribue à la magnifique prospérité économique des Pays-Bas aux XVII et XVIIIe siècles. Les amarres sont enfin levées en aout 1748. Après plusieurs escales qui le mène de Batavia (Jakarta), siège de la Compagnie dans les Indes néerlandaises, à Canton, il en repart, chargé d'une riche cargaison le 21 juillet 1751, en direction d’Amsterdam. Le lundi 3 janvier 1752, à 15h30, le capitaine Morel pense avoir dépassé les récifs de Geldria et ordonne de poursuivre vers le sud. La mer est calme, le ciel clément et les vents propices. Pourtant ce soir-là, vers 19h, dans un bruit étourdissant, le bateau se fracasse sur les rochers et finit par couler en mer de Chine avec son chargement de textiles, d’épices, de café, de thé, d’or et de porcelaine. Sur les 112 hommes à bord, seuls 32 échapperont à la mort en trouvant place sur des canots de sauvetage.

 L’épave demeure alors pendant 233 ans au fond de l’eau. C’est en 1985 que, lors d'une plongée sous-marine, le capitaine Michael Hatcher et le suisse Max de Rham découvrent, le cœur battant, ce trésor englouti émergeant de la vase au milieu des poissons! Des milliers de porcelaines intactes, témoignages uniques de la prestigieuse histoire du commerce entre Occident et Orient.

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Une vente mémorable a eu lieu chez Christie’s Amsterdam l’année suivante, permettant aux collectionneurs du monde entier d’acquérir des pièces de ce qui est nommée alors, d’après les appellations du XVIIIe, la porcelaine d’exportation Nanking Cargo.

Genève Enchères est heureuse de pouvoir vous présenter aujourd’hui plusieurs centaines de pièces de cette cargaison mythique.

 

 

 

 

Collection d’archéologie Amédée Julien-Aubert

C’est entre 1802 et 1810, en Italie méridionale, que Amédée Julien constitue sa collection d’antiques...à l’époque où commençaient précisément les fouilles systématiques de Pompéi et celles de la nécropole de Ruvo.

Les pièces de la collection sont ramenées à Genève en octobre 1811, après d’interminables démarches administratives. Elles sont restées depuis, par descendance, dans la même famille.

La collection proposée à la vente est importante tant par la qualité des pièces qui la constituent que par son caractère historique unique.

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Pour exemple, ce Cratère en cloche aux figures rouges, de Lucanie, datant du Ve-début IVe s av. JC

Les professeurs A.D. Trendall et J. Chamay attribuent ce vase au peintre de Creusa (Creuse), ainsi nommé d’après un cratère au Louvre qui lui est attribué et qui représente Creuse, l’épouse du roi de Corinthe, recevant le cadeau empoisonné de la magicienne Médée.

 

 

 

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Il Giovane Cavaliere Della Pace

Une œuvre est certainement majeure lorsqu’elle est l’expression de l’esprit de son époque. Le Jeune Cavalier de la Paix de Venanzo Crocetti (1913-2003) est une statue d’une exceptionnelle qualité plastique mais elle est également la représentation formelle du souffle d’espérance de cette fin des années 1980. Venanzo Crocetti est un artiste à la renommée acquise lorsqu’il dessine les premières études pour cette œuvre en 1986. Dès 1934, il est exposé à la Biennale d’Art Moderne de Venise, qui lui consacre une exposition personnelle en 1937. En 1949, il gagne le concours international pour les portes en bronze de la basilique Saint-Pierre du Vatican, terminées et inaugurées en 1964. Il enseigne la sculpture dans les académies de Venise, Florence et Rome. Ces œuvres sont alors mondialement exposées aussi bien en Europe qu’en Asie et particulièrement au Japon.

Ce "Cavalier de la Paix" a son histoire. L'œuvre est créée en pleine Perestroïka et volontairement terminée par l’auteur pour une date historique: le jour anniversaire du lancement de la bombe atomique sur Hiroshima, en 1989; année qui voit aussi la chute du mur de Berlin.

Boris Piotrovski, directeur du prestigieux musée de l’Hermitage à Saint-Pétersbourg est enthousiasmé par ce travail. Il lui propose alors d’organiser une exposition en Russie.

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C’est le début d’un long voyage que le cavalier fera tout autour du monde, pour transmettre son message de paix :

juillet-aout 1989 au musée d’art contemporain d’Hiroshima, octobre/novembre

1989 au siège des Nations Unies à New-York, au printemps 1990 au musée de l’Hermitage de Saint-Pétersbourg, en été à la galerie Tretiacov à Moscou.

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Au début de l’année 1991 il est devant le parlement européen à Strasbourg, en mai au Musée d’Art Contemporain de Budapest. Enfin il arrive à Genève où il fait halte jusqu’à aujourd’hui dans le parc d’une collection privée à Cologny. Rompant avec la tradition de la statue équestre, dédiée depuis l’antiquité aux honneurs de la guerre, Crocetti donne a ce type traditionnel de la statuaire une nouvelle signification pour un nouveau monde. Le jeune adolescent qui rappelle les David victorieux de la Renaissance, n’est plus le vainqueur de la bataille, mais le porteur au visage serein et souriant d’une branche d’olivier. Si la forme suit la tradition classique, l’iconographie la révolutionne complètement.

 

Ce message délivré par l’œuvre n’a rien perdu de sa force aujourd’hui : les rênes détendues par le cavalier n’offrent au cheval qu’une pause, et tous deux savent que, plus que jamais, il est temps de reprendre la route pour pérenniser leur message.

 

 

 

 

 

 

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21/11/2015

Un audit accablant!

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Un audit accablant

Mandatée pour un audit, la Cour des Comptes vient de rendre son rapport sur l'Institut de formation universitaire des enseignants (IUFE). Le verdict est accablant, particulièrement en ce qui concerne la formation des profs du secondaire...ce qui permet d'ailleurs, à certains, de "minimiser" les déficiences de celle des maîtres du primaire.

Je n'ai eu de cesse, depuis la formation de cet IUFE en 2009, de dénoncer ses nombreux dysfonctionnements, notamment au travers de plusieurs témoignages d'étudiants désemparés qui venaient ici expliquer leur situation désespérée.

Tout ce qui a été dit sur ce blog s'avère aujourd'hui, malheureusement, bien véridique!

Outre des dossiers disparus, les passe-droits, l'incapacité de formaliser l'évaluation des candidats, les inégalités etc. c'est l'instabilité de cet institut qui pose problème : une double gouvernance "malsaine". Il n'est pas possible d'imaginer une formation professionnelle interne au DIP qui soit en même temps associée avec une formation académique universitaire "indépendante". Cette situation hybride entraîne deux chaînes de direction et déstabilise totalement cette formation si importante pour Genève.

Madame Anne Emery Torracinta n'a pas attendu le rapport de la cour des comptes pour réagir en opérant quelques menus changements. Mais, coller des emplâtres sur une jambe de bois ne suffit pas! Aucune rustine ne réparera une chambre à air pourrie...

Non, il s'agit de tout remettre à plat pour revoir entièrement cette formation des enseignants. Y compris celle des maîtres du primaire qui, en fait, est logée à la même enseigne que celle du secondaire. C'est d'ailleurs la recommandation de la Cour des comptes.

Il faut par exemple, repenser totalement le problème des stages, en nombre insuffisant, qui sont au cœur des problèmes rencontrés. Madame la Présidente du DIP pense avoir trouvé une solution en plaçant ces stages en début de formation. Voilà qui semble pourtant peu recommandé! Demanderait-on à un futur médecin de faire des stages avant sa formation et une fois cette formation faite, plus de stages au motif qu'il les a déjà effectués.

Pour Madame AET, il s'agit maintenant de prendre le taureau par les cornes et enfin se rendre à l'évidence. Cette formation de l'ensemble des enseignants, qu'ils soient du secondaire ou du primaire, n'a rien à faire au sein de l'université. Comme dans tous les autres cantons romands, cette formation doit être du ressort d'une HEP.

Le député Jean Romain vient de déposer une Motion qui demande une étude externe au canton pour envisager une alternative crédible à cet Institut universitaire.

Alors, Madame la Présidente, la balle est dans votre camp, sachez en faire bon usage...

 

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01/10/2015

Papiere bitte!

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Eh bien! Désormais, ils ont intérêt à être persévérants et courageux les instits qui voudraient s'aventurer à faire une sortie ou un camp avec leur classe!

Parce que la Directive du DIP sur les sorties scolaires, d'août 2015, n'est pas triste...

Pensez donc, pas moins de 16 pages de mise en garde.

Surtout, ne pas se décourager...mais ils vont devoir s'accrocher les braves instits pour emmener tous ces petiots en vadrouille ou en camp de ski.

En guise d'aperçu, je vous laisse découvrir le pompon. C'est la consigne qui concerne les accompagnants obligatoirement nécessaires à toute sortie. Quand on sait la difficulté à trouver des personnes disposées à vous rendre ce service, voilà qui fait....sourire:

Pour les courses d'école et les classes multicolores, il incombe à l’enseignant de trouver un-des accompagnant-s âgé-s de 18 ans et plus qui le seconde-nt dans son travail de surveillance et d’animation. Dans ce but, l'enseignant veillera à choisir des accompagnants connus de lui ou de son entourage, ou recommandés par des personnes de confiance.

Jusque là, rien à dire. Mais, en ce qui concerne la suite...

Toutefois, pour tout accompagnant qui n'est pas un collaborateur du DIP, un extrait du casier judiciaire sera demandé, dont la validité est étendue et couvre l'année scolaire en cours. Les frais relatifs à cette démarche administrative seront couverts par le budget de la classe multicolore.

Rien que ça! Parce que, vous comprenez, les enseignants sont des bobets incapables de juger de leurs bons choix! Vous vous imaginez, vous, demander ce casier judiciaire à l'un de vos parents ou amis?

Bref, on vit une époque formidable!

Il est bien loin le temps où l'instit avait un certain crédit! Celui où le DIP faisait encore confiance à son corps enseignant parce qu'il savait que le "maître" avait le sens des responsabilités.

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29/09/2015

Ouvrirait-on les yeux chez nos voisins français?

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On me fait parvenir un article paru dans "Libération" ce 21 septembre, sous la plume de Monsieur François Jacquet-Francillon, Professeur émérite des sciences de l'éducation à l'université de Lille-III.

Un texte qui en dit long et dont nos "experts" de la Faculté de psychologie et des sciences de l'éducation de Genève ainsi que le DIP feraient bien de s'inspirer...

A la base du travail scolaire, l’exercice répété !

Au-delà de la réforme des programmes, combattre l’échec et le décrochage des élèves passe aussi par la façon d’apprendre. Face à des élèves happés par les écrans, et qui écrivent de moins en moins, la répétition d’exercices est encore une méthode valable pour acquérir les «contenus».

Ecoutons les professeurs des collèges. De leur métier, ils disent souvent qu’il les passionne ; mais aussi qu’il devient fatigant, éprouvant, pénible parce que le simple maintien de l’attention des élèves exige d’incessantes interventions, et parce que l’imposition des tâches, notamment les devoirs «à la maison», se heurte à l’indifférence et à la passivité des adolescents. Un tel courant d’hostilité au travail scolaire doit nous alerter. En l’occurrence, les professeurs évoquent aussi bien les zones sensibles que les milieux dits «favorisés». Ils ne parlent pas de violence ; il s’agit d’autre chose, une sorte de nonchalance qui se généralise, sans attirer beaucoup l’attention des spécialistes.

Or, tout explique cette situation. D’abord, une pratique d’enseignement de plus en plus «interactive» et négociatrice. C’est cette pratique, attendue par la société adulte, qui pousse les syndicats à revendiquer toujours moins d’élèves par classe. Ensuite, des sociabilités juvéniles de plus en plus indépendantes et opposantes ; une vie familiale de plus en plus bienveillante ; l’emprise des technologies de la communication ; l’influence des industries culturelles et de leur vision festive de la culture (songeons au discrédit qui frappe la valeur du sérieux). Bref, des mœurs qui, dans l’école et hors de l’école, produisent ce qu’il faudrait appeler un parolisme : le règne de la discussion à tout propos, et de chacun avec tous. De surcroît, ces élèves qui parlent de plus en plus écrivent de moins en moins : d’où leur désintérêt pour la langue écrite et cultivée, tandis que la langue orale fleurit pour d’autres raisons.

Dans ces conditions, comment combattre l’échec scolaire massif, et notamment endiguer le «décrochage» précoce ? Par une réforme des programmes ? En supprimant des filières sélectives ? En organisant des «activités» interdisciplinaires ? Peut-être. Mais intéressons-nous d’abord au travail scolaire et, disons-le, à ce qui en est le centre de gravité : l’exercice ! C’est probablement par là qu’il faut commencer. Sans l’exercice - certains exercices, répétés de semaines en semaines, de mois en mois, d’années en années, aussi intelligents que possible, bien sûr -, la création des habitudes intellectuelles est entravée et retardée, voire impossible, de sorte que les acquisitions de «contenus» deviennent fragiles, bien plus qu’elles ne le sont, forcément, dans l’âge tendre.

Sous la IIIe République, les instituteurs imposaient jusqu’à quatre dictées par semaine lorsqu’ils préparaient leurs élèves à l’examen du certificat d’études. Et du côté des méthodes actives, quand Célestin Freinet prônait le «texte libre» en guise de rédaction, il avait en vue une pratique quasi quotidienne…

Pourquoi cette nécessité, pourtant admise lorsqu’il s’agit d’habiletés sportives ou musicales, nous apparaît à l’école rébarbative, fastidieuse ou ennuyeuse ? Dans le même sens, pourquoi a-t-on oublié qu’un enfant, qui comprend moins bien ou moins vite, a besoin de travailler davantage, plus lentement donc plus longtemps ? Mais, c’est bien à ces questions que répondent les familles qui, pour compenser le déficit de l’école, recourent aux aides privées et payantes (cours, stages, soutiens scolaires, etc.) que leur proposent des officines spécialisées, en expansion continue jusque dans des villes de taille modeste. Il y a là un système scolaire parallèle en gestation, mais dont l’existence et les motifs sont, eux aussi, ignorés par nos gouvernants. Pouvons-nous nous en contenter ?

 

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22/09/2015

Une loi ne tombe pas du ciel!

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C'est à la suite d'un long travail en commission que les députés du Grand Conseil débattent, en plénière, du bienfondé d'un projet de loi. Durant des mois, les auditions se sont succédé et chacun a pu ainsi faire valoir son point de vue.

 

Ainsi, les directeurs d'établissement du primaire ont eu l'opportunité de se faire entendre, de même que les enseignants, via leur syndicat, la SPG. C'est donc en toute connaissance de cause que les députés prennent leurs décisions et votent en conséquence.

Aujourd'hui, je m'étonne alors des réactions soudaines de la part de certaines personnes. Voilà des années que ces directeurs avaient l'occasion de justifier leur emploi du temps en répondant à mes nombreuses "attaques", jamais l'un d'entre eux n'a cru bon de le faire...Et voilà que, tout soudain, ils sortent de leur trou pour hurler au loup, railler et dénoncer le récent vote du GC qui, récemment, a décidé d'inscrire dans la loi que "les directeurs d'établissement consacrent une partie de leur temps de travail à l'enseignement".

Raison pour laquelle, le député Jean Romain a publié sur son mur "facebook" le commentaire suivant:

PRIMAIRE : « Les directeurs d’établissement consacrent une partie de leur temps de travail à l’enseignement. » Voici ce que le Grand Conseil a inscrit dans la toute nouvelle loi sur l’Instruction publique. On peut effectivement comprendre que cette décision ne soit pas appréciée de la part de certains fonctionnaires du DIP, mais il faut préciser trois choses :

1. Il s’agit d’une bagarre politique de longue date et pas d’une décision du dernier instant. Depuis le début, l’ARLE... s’est opposée à l’idée des directeurs ; André Duval n’a cessé d’argumenter pour en diminuer le nombre (qui a finalement passé de 92 à 58). Je n’ai cessé depuis 2009 au Grand Conseil d’aller dans le même sens : ne pas augmenter le nombre de chefs et d’adjoints au chef. Au contraire : diminuer le nombre de chefs, de « chercheurs » en éducation, de secrétaires, sous-secrétaires, notamment. On diminue ainsi la masse salariale et, au front, les profs seront plus efficaces car moins encombrés par les infinies démarches administratives dont le principal but est de justifier la présence des chefs.
2. Dire que les députés ne connaissent pas la réalité « du terrain » est un argument spécieux : d’abord parce que bon nombre d’entre eux connaissent bien le métier, dans les 3 ordres d’enseignement. Ensuite, c’est un argument de perdants : il n’est pas besoin, en tant que député, d’être un professionnel des EMS pour avoir à trancher sur ce dossier, et cela vaut pour tous les dossiers. Jusqu’à nouvel avis, ce sont aux élus du législatif de faire des lois, et pas aux seuls spécialistes.
3. Derrière la bagarre sur ce thème, il y a un tout autre enjeu : la réforme de la fonction publique. L’armée mexicaine des services du DIP doit être revue à la baisse ; les profs auront ainsi plus d’efficacité.

Il y a des fonctionnaires nécessaires (et je défends la fonction publique) et d’autres dont il faut revoir le statut ainsi que leur réelle nécessité. Clemenceau disait que la France était un pays étonnamment fertile. On y plante des fonctionnaires, il y pousse des impôts.

 

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18/09/2015

Les directeurs d'établissements primaires devront enseigner!

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Enfin!

Cela fait des années que, avec l'Arle d'abord, puis ensuite sur ce blog, j'ai dénoncé et critiqué ces postes de directeurs d'établissement à l'école primaire.

Pour plusieurs raisons et notamment sur leur nombre, qui en faisait des "placards dorés",. ainsi que sur le fait qu'il serait souhaitable que ceux-ci accordent une partie de leur temps à des heures d'enseignement.

Madame Anne Emery Torracinta  nous a donné raison, il y a peu, sur la question du nombre de postes puisqu'elle a admis des erreurs d'évaluation et que, donc, il était nécessaire de le réduire, assez drastiquement, comme nous le proposions, pour passer de 93 à 58 postes.

Et voilà que hier soir, enfin, malgré les tentatives désespérées du PS, grâce au vote majoritaire du Grand Conseil, nous obtenons une nouvelle victoire significative puisque nos députés ont décidé d'inscrire dans la loi que "les directeurs d'établissement consacrent une partie de leur temps à l'enseignement".

Au grand dam de Madame la Présidente qui en était livide...

Reste maintenant à savoir quelle sera exactement cette "partie de leur temps" et de quel enseignement il s'agira. En ce qui me concerne, je suggèrerais que ces directeurs enseignent à un taux proportionnel à la grandeur des établissements dont ils ont la responsabilité tout en ayant l'obligation de remplir un minimum d'heures requises. Il serait en outre fort apprécié qu'ils soient alors chargés d'heures d'appui pour les élèves en difficulté scolaire.

 

Ah oui, je ne peux m'empêcher de penser que j'en connais quelques uns qui ont dû mal dormir...

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16/09/2015

Le DIP retiendra-t-il la leçon?

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Afin de "faire moderne", le DIP serait prêt à n'importe quelles dépenses, même exorbitantes. Peu importe que cette nouveauté soit parfaitement stupide puisque inutile.

 

Je vous le disais dans deux précédents billets!

- On vit dans un monde de fous (avril 2014)

- 5 millions pour le DIP (juin 2014)

Eh bien ça tombe bien puisqu'on apprend via la TdG du jour que "Le numérique ne fait pas de miracle à l'école"! C'est en tout cas ce qui ressort de l'étude de l'OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques). Ainsi, les pays qui ont investi massivement dans le numérique n'ont pas enregistré d'amélioration notable des résultats.

"Il ne suffit pas d'équiper massivement les élèves et leurs classes d'outils numériques pour obtenir une amélioration des résultats... Les pays qui ont beaucoup investi dans le numérique n'ont pas enregistré d'amélioration notable des résultats en compréhension de l'écrit, mathématiques et sciences, souligne l'OCDE".

Au DIP genevois, certains feraient bien d'ouvrir les yeux...

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07/09/2015

Sur le choc des photos

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Je me souviens de ce que m'avait raconté un journaliste. En 1992, en reportage à la frontière désertique de la Somalie et du Kenya, l’un des photographes qui, comme lui, couvraient l’afflux des réfugiés somaliens à ce point frontière s’était attaché à photographier plus spécialement le plus maigre et rachitique des enfants, à la grande indignation de ses confrères..... Le média qui l’employait, par souci d’audimat, ne publierait-il pas justement ce cliché-là ?

Depuis lors, je me méfie toujours de ce que les médias diffusent...Cette histoire me laisse penser que, trop souvent, nous sommes bernés et que la réalité n'est pas forcément celle qui nous est présentée.

Au nom de l'audimat, des records de vente, des intérêts financiers, politiques, le monde est devenu une téléréalité.

Ainsi, l'horreur, comme la beauté, sont tronquées, falsifiées.

On magnifie la beauté de telle vedette à coup de photos complètement retouchées. Et dans les guerres menées ici et là par les grandes puissances, des vidéos sont là pour vanter la technologie millimétrée de «frappes chirurgicales». Finalement, quelle foi accorder aujourd’hui aux images : certaines personnes se demandent même si l’on a réellement marché sur la Lune ou si les photos de la Nasa ne seraient pas de la poudre aux yeux.

Alors?

La photo du petit noyé de Bodrum qui, récemment, a ému le monde entier, illustrant le drame vécu par tous ces malheureux migrants, les nombreuses morts, celles, atroces, des enfants, a suscité en moi, au-delà de l’émotion, tout un train de réflexions.

En voyant la photo de cet enfant gisant sur une plage, le visage mi-enfoui dans le sable, le corps encore à moitié dans l'eau, j’ai repensé à celle de ce journaliste peu scrupuleux. S’agissait-il du même cas de figure ? D’un grossissement de l’actualité de nature à en déformer la réalité ? Dans l’un des cas, on avait affaire à un photographe dépourvu de toute éthique professionnelle dont le but était de faire passer pour une situation générale le cas particulier d’un enfant rachitique et malade. Inversement, dans le cas du petit noyé, la situation reflète bel et bien la situation vécue par des milliers de naufragés. Dans les deux cas, la photo, chargée d’un énorme poids émotionnel, entend être symbolique, elle est censée prendre valeur d’exemplarité.

Mais dans le premier cas, le symbole est trompeur. Le public ne sait rien des conditions dans lesquelles les photos sont prises. Sans aucun doute, certaines photos – comme jadis celle de la fillette nue fuyant devant une pluie de bombes au napalm - ont le pouvoir d’agir et de secouer la coupable indifférence des gens.

La photo du garçonnet de Bodrum a ce pouvoir-là, elle a contribué à déclencher un immense élan de solidarité en Allemagne et ailleurs. Quand les temps sont aussi troublés qu’aujourd’hui, le public doit espérer que les médias, plus que jamais, aient le souci de l’éthique et de l’objectivité, et opèrent les bons choix dans leurs mises en perspective imagées.

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29/08/2015

Pas de tartine ni de promenade pour toi ce matin! Plus!

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Comprennent ceux qui voudront mais surtout ceux qui pourront.

 

 

 

C'est alors qu'apparut le renard.
...

- Qu'est-ce que signifie "apprivoiser"?
- C'est une chose trop oubliée, dit le renard. Ça signifie "Créer des liens..."
- Créer des liens?
- Bien sûr, dit le renard. Tu n'es encore pour moi qu'un petit garçon tout semblable à cent mille petits garçons. Et je n'ai pas besoin de toi. Et tu n'a pas besoin de moi non plus. Je ne suis pour toi qu'un renard semblable à cent mille renards. Mais, si tu m'apprivoises, nous aurons besoin l'un de l'autre. Tu seras pour moi unique au monde. Je serai pour toi unique au monde...
- Je commence à comprendre, dit Le Petit Prince...

- ...si tu m'apprivoises, ma vie sera comme ensoleillée. Je connaîtrai un bruit de pas qui sera différent de tous les autres. Les autres pas me font rentrer sous terre. Le tien m'appellera hors du terrier, comme une musique.

...
Le renard se tut et regarda longtemps Le Petit Prince :
- S'il te plaît... apprivoise-moi! dit-il. ... Si tu veux un ami, apprivoise-moi!
- Que faut-il faire? dit Le Petit Prince.
- Il faut être très patient, répondit le renard. Tu t'assoiras d'abord un peu loin de moi, comme ça, dans l'herbe. Je te regarderai du coin de l'œil et tu ne diras rien. Le langage est source de malentendus. Mais, chaque jour, tu pourras t'asseoir un peu plus près...

Le lendemain revint Le Petit Prince.

- Il eût mieux valu revenir à la même heure, dit le renard. Si tu viens, par exemple, à quatre heures de l'après-midi, dès trois heures je commencerai d'être heureux. Plus l'heure avancera, plus je me sentirai heureux. À quatre heures, déjà, je m'agiterai et m'inquiéterai; je découvrirai le prix du bonheur! Mais si tu viens n'importe quand, je ne saurai jamais à quelle heure m'habiller le cœur... il faut des rites.
- Qu'est-ce qu'un rite? dit Le Petit Prince.
- C'est quelque chose trop oublié, dit le renard. C'est ce qui fait qu'un jour est différent des autres jours, une heure, des autres heures...

Ainsi le petit prince apprivoisa le renard. Et quand l'heure du départ fut proche :
- Ah! dit le renard... je pleurerai.
- C'est ta faute, dit Le Petit Prince, je ne te souhaitais point de mal, mais tu as voulu que je t'apprivoise...
- Bien sûr, dit le renard.
- Mais tu vas pleurer! dit Le Petit Prince.
- Bien sûr, dit le renard.
...
.... Ce n'était qu'un renard semblable à cent mille autres. Mais j'en ai fait mon ami, et il est maintenant unique au monde.

...
- Les hommes ont oublié cette vérité, dit le renard. Mais tu ne dois pas l'oublier. Tu deviens responsable pour toujours de ce que tu as apprivoisé.

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23/08/2015

Les enfants sont des crétins

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Régulièrement on redoute le retour d'une épidémie de grippe aviaire, de vache folle ou même de choléra. Cette année, pour la rentrée scolaire, c'est le retour de la "pédagogite" aigue et de sa tambouille illuminée dont on nous gratifie.

 

Ainsi donc, deux pages entières dans la TdG du jour pour nous expliquer que, à l'école, la rentrée sera sans fessée, que le temps des châtiments corporels est révolu... Tiens donc, on découvre!

Et de faire la part belle à nos gourous selon Saint Pédagogo...La crème des crèmes, ceux-là mêmes qui sont en grande partie responsables de la formation des futurs instituteurs.

Et voilà qu'ils se complaisent à enfoncer des portes ouvertes, comme s'il était question pour quiconque de rétablir l'usage de la fessée ou de quelque sévice corporel à l'école. Tout le monde est d'accord là-dessus! Mais de là à passer à l'extrême contraire comme semblent le prôner nos Olivier Maulini (professeur associé à la faculté de psychologie et des sciences de l'éducation à l'université de Genève , Sandrine Breithaupt (enseignante à la HEP du canton de Vaud et Etiennette Vellas (membre du groupe romand d'éducation nouvelle, GREN), il y a un sacré pas que ce beau monde n'hésite pas à franchir.

Car pour eux, lorsqu'un enfant a un comportement inopportun, il faut, avant de sanctionner, s'assurer que l'enfant l'a bien compris. Et cela "passe par un dialogue soutenu, au travers de conseils de classe ou d'école. Ensemble, les écoliers et les enseignants tentent de poser et résoudre les problèmes".

Tout un programme!

A force de les sous-estimer, ces gens prennent-ils nos enfants pour des crétins?

Comme si un gosse qui fait une bêtise ne s'en rendait pas compte. Lorsque les règles sont claires, les enfants savent très bien lorsqu'ils les transgressent. Point besoin alors de remuer ciel et terre pour lui expliquer "le comment du pourquoi" de long en large. Quelques mots bien placés suffisent. Encore faut-il faire confiance aux adultes qui encadrent ces écoliers, redonner une crédibilité aux enseignants notamment.

Pas aux yeux de nos experts pédagogues en tout cas.

Ceux-ci passent allègrement d'un extrême à l'autre, du châtiment corporel aux "explicitations" sans fin dont ils abreuvent des gamins qui ont pourtant tout à fait conscience de la raison pour laquelle on les sanctionne.

Nos extrémistes de service ne s'en tiennent pas là, pensez donc. Non, ils en profitent bien sûr pour revenir à la charge et utiliser ce tremplin pour nous servir à nouveau leur ratatouille périmée au sujet des notes!

Ainsi, selon Olivier Maulini, "les Jésuites ont mis en place une philosophie d'éducation basée sur la compétition , dont nous sommes les héritiers". Et de suggérer que l'évaluation par des notes s'apparente à des sévices de l'esprit de l'enfant, une substitution aux châtiments corporels!

Rien que ça!

Un discours qu'on nous a ressassé jusqu'à la nausée, il y a dix ans, peu avant la votation sur le sujet, en 2006, qui a, à plus de 76%, plébiscité le maintien des notes à l'école primaire.

Enfin, on se réjouit d'apprendre, via cet article de la TdG, que nos deux éminentes expertes s'apprêtent à publier un livre révolutionnaire, intitulé "Evaluer sans noter, éduquer sans exclure", dont on a aucune peine à imaginer le contenu puisqu'il est connu depuis belle lurette. Un mauvais remake quoi!

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