14/12/2015

Les dirlos font une crise

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Vous avez sans doute tous déjà vécu cette scène...

Vous savez, ce gosse insupportable qui hurle à tue tête dans le magasin parce qu'il réclame une sucrerie que sa mère lui refuse...

Aujourd'hui, ce sont nos directeurs d'établissement primaire qui jouent aux enfants gâtés.

Alors qu'il est demandé à toute la fonction publique, particulièrement aux enseignants..., de faire un effort afin de rétablir au mieux une dette inquiétante, voilà que des cadres supérieurs du DIP font la fine bouche et saisissent la justice afin de tenter de préserver leurs privilèges.

"Comment! Nous, directeurs d'école, on ose nous demander de prendre en charge quelques petites heures d'enseignement, par exemple une partie de celles consacrées à l'aide aux élèves en difficulté scolaire! Vous rêvez, impossible, nous somme déjà "overbookés"..."!

Et de feindre la surprise...

Cette décision d'inscrire dans la loi le fait que les directeurs sont tenus d'enseigner partiellement n'est pourtant pas tombée du ciel. Il y a belle lurette qu'on en cause et que ces braves directeurs ont eu toutes les possibilités de faire valoir leur point de vue. Ils ont été largement auditionnés lors de la commission qui a planché sur le sujet (motion 2100) et n'ont pas réussi à convaincre les députés. Une motion qui, malgré leurs larmoiements, a été acceptée par le Grand Conseil et dont il a été tenu compte dans la récente loi sur l'instruction publique (LIP), elle aussi votée par nos députés.

Une démarche qui s'est faite dans les règles de l'art, de manière tout à fait démocratique.

Mais, voilà, quand on jouit de trop de bien-être, on ne l'entend pas de cette oreille.

Ainsi, de manière curieuse, ces directeurs, enfants gâtés, en appellent à la justice et tentent le coup du vice de forme. C'est ce que nous apprend la TdG du jour.

Allons donc les enfants, cessez cette crise ridicule. Ce n'est pas ainsi que ça se passe. Une loi est une loi et si ces messieurs dames désirent y revenir, le seul moyen auquel ils pourraient recourir porte un nom: référendum. Seulement, ils le savent très bien, non seulement il leur faudrait trouver suffisamment de signatures qui les soutiennent (ce qui est loin d'être certain...) mais un référendum ne peut porter que sur l'ensemble de la LIP et non sur un seul point de celle-ci. Ce qui les gêne profondément. Il leur a donc fallu trouver une autre échappatoire...inédite et cocasse!

Il est d'ailleurs intéressant de voir comment cette situation sera gérée. Le Grand Conseil attaqué en justice par des cadres de l'Etat, défendus par deux avocats...

En fait, on vit une époque formidable tant on est en train de "judiciariser" le fonctionnement de la République.

Comment, en haut lieu, réagira-t-on à cette situation jamais vue à ma connaissance...

Maman tiendra-t-elle bon en faisant preuve d'autorité ou, au contraire, face aux hurlements du sale gamin, cédera-t-elle au caprice de son rejeton...?

 

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13/12/2015

Le TF accepte le port du voile à l'école

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Réflexion de Jean Romain à propos de cette récente décision du Tribunal fédéral, sur sa page "facebook"...

Laisser rentrer le voile musulman à l’école comme vient de trancher le Tribunal fédéral est un net recul sur la position républicaine que je défends.

Deux valeurs organisationnelles de la pensée républicaine sont la tolérance et la liberté ; et, s’autorisant de ces deux valeurs, on va prétendre, en vertu de la liberté de chacun et de la tolérance qu’il faut lui montrer, qu’on devrait accueillir comme a priori respectables toutes les traditions et tous les signes d’appartenance religieuse. Cette vision se propose donc d’étendre la tolérance qui règne dans la société civile au fonctionnement même des organes de l’Etat, ne voyant pas que c’est le second qui rend possible le premier.

S’agissant de l’école, cette vision consiste à la dissoudre dans la société civile et à traiter les élèves comme si leur jugement était déjà formé. On peut dire les choses autrement : cela consiste à ouvrir l’école aux différents groupes de pression en présupposant que l’élève jouit d’une autonomie personnelle suffisante pour s’en défendre.

L’école deviendrait ainsi le simple miroir de la société : elle sera intercommunautaire, tout comme l’est la juxtaposition des différentes communautés de la toile de fond sociale. En étendant à l’autorité publique le principe qui vaut dans la société civile, c’est une école de la destinée sociale qu’on promeut et non pas une école de la liberté.

Laisser ainsi entrer le voile à l’école, c’est laisser entrer le père et les frères de la jeune élève dans la classe. On ne voit pas dès lors qui les empêcherait de réclamer la mise à l’index de ce qui leur déplaît. Pourquoi toléreraient-ils qu’on y lise Rousseau, Voltaire ou Sartre ? Ou Rushdie ? Qu’on y parle de théorie de l’évolution ? Qu’on y mange du porc à la cantine ? Qu’on y implante un sapin de Noël dans le hall d’entrée ? (J’ai déjà expliqué ici que Noël est une fête universelle et non plus strictement communautaire).

 

 

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24/11/2015

Offrez-vous un véritable trésor

Avez-vous déjà entendu parler du Geldermalsen, ce bateau qui a coulé en 1752?

Ne vous semble-t-il pas fascinant qu'une poterie de près de 2500 ans puissent traverser les millénaires et nous parvenir INTACTE?

Connaissez-vous, par ces temps troublés, l'existence de ce cavalier de la paix?

Faites-vous plaisir et faites le plein de cadeaux pour Noël...

Via la prochaine vente aux enchères de la maison "Genève enchères" je vous invite aujourd'hui à faire un voyage parmi une multitude d'œuvres d'art dont vous pouvez découvrir le descriptif et la photo, en suivant le lien suivant

catalogue vente

Plus particulièrement trois d'entre eux, des petits trésors.

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La porcelaine "Nanking Cargo"

C’est en 1746 que débute la construction du Geldermalsen, un splendide bateau de la Compagnie des Indes Orientales mesurant 42 mètres de long. Il fait alors partie de la flotte de ce qui est la première société par actions, devenue ensuite une multinationale surpuissante depuis sa création en 1602 et qui contribue à la magnifique prospérité économique des Pays-Bas aux XVII et XVIIIe siècles. Les amarres sont enfin levées en aout 1748. Après plusieurs escales qui le mène de Batavia (Jakarta), siège de la Compagnie dans les Indes néerlandaises, à Canton, il en repart, chargé d'une riche cargaison le 21 juillet 1751, en direction d’Amsterdam. Le lundi 3 janvier 1752, à 15h30, le capitaine Morel pense avoir dépassé les récifs de Geldria et ordonne de poursuivre vers le sud. La mer est calme, le ciel clément et les vents propices. Pourtant ce soir-là, vers 19h, dans un bruit étourdissant, le bateau se fracasse sur les rochers et finit par couler en mer de Chine avec son chargement de textiles, d’épices, de café, de thé, d’or et de porcelaine. Sur les 112 hommes à bord, seuls 32 échapperont à la mort en trouvant place sur des canots de sauvetage.

 L’épave demeure alors pendant 233 ans au fond de l’eau. C’est en 1985 que, lors d'une plongée sous-marine, le capitaine Michael Hatcher et le suisse Max de Rham découvrent, le cœur battant, ce trésor englouti émergeant de la vase au milieu des poissons! Des milliers de porcelaines intactes, témoignages uniques de la prestigieuse histoire du commerce entre Occident et Orient.

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Une vente mémorable a eu lieu chez Christie’s Amsterdam l’année suivante, permettant aux collectionneurs du monde entier d’acquérir des pièces de ce qui est nommée alors, d’après les appellations du XVIIIe, la porcelaine d’exportation Nanking Cargo.

Genève Enchères est heureuse de pouvoir vous présenter aujourd’hui plusieurs centaines de pièces de cette cargaison mythique.

 

 

 

 

Collection d’archéologie Amédée Julien-Aubert

C’est entre 1802 et 1810, en Italie méridionale, que Amédée Julien constitue sa collection d’antiques...à l’époque où commençaient précisément les fouilles systématiques de Pompéi et celles de la nécropole de Ruvo.

Les pièces de la collection sont ramenées à Genève en octobre 1811, après d’interminables démarches administratives. Elles sont restées depuis, par descendance, dans la même famille.

La collection proposée à la vente est importante tant par la qualité des pièces qui la constituent que par son caractère historique unique.

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Pour exemple, ce Cratère en cloche aux figures rouges, de Lucanie, datant du Ve-début IVe s av. JC

Les professeurs A.D. Trendall et J. Chamay attribuent ce vase au peintre de Creusa (Creuse), ainsi nommé d’après un cratère au Louvre qui lui est attribué et qui représente Creuse, l’épouse du roi de Corinthe, recevant le cadeau empoisonné de la magicienne Médée.

 

 

 

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Il Giovane Cavaliere Della Pace

Une œuvre est certainement majeure lorsqu’elle est l’expression de l’esprit de son époque. Le Jeune Cavalier de la Paix de Venanzo Crocetti (1913-2003) est une statue d’une exceptionnelle qualité plastique mais elle est également la représentation formelle du souffle d’espérance de cette fin des années 1980. Venanzo Crocetti est un artiste à la renommée acquise lorsqu’il dessine les premières études pour cette œuvre en 1986. Dès 1934, il est exposé à la Biennale d’Art Moderne de Venise, qui lui consacre une exposition personnelle en 1937. En 1949, il gagne le concours international pour les portes en bronze de la basilique Saint-Pierre du Vatican, terminées et inaugurées en 1964. Il enseigne la sculpture dans les académies de Venise, Florence et Rome. Ces œuvres sont alors mondialement exposées aussi bien en Europe qu’en Asie et particulièrement au Japon.

Ce "Cavalier de la Paix" a son histoire. L'œuvre est créée en pleine Perestroïka et volontairement terminée par l’auteur pour une date historique: le jour anniversaire du lancement de la bombe atomique sur Hiroshima, en 1989; année qui voit aussi la chute du mur de Berlin.

Boris Piotrovski, directeur du prestigieux musée de l’Hermitage à Saint-Pétersbourg est enthousiasmé par ce travail. Il lui propose alors d’organiser une exposition en Russie.

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C’est le début d’un long voyage que le cavalier fera tout autour du monde, pour transmettre son message de paix :

juillet-aout 1989 au musée d’art contemporain d’Hiroshima, octobre/novembre

1989 au siège des Nations Unies à New-York, au printemps 1990 au musée de l’Hermitage de Saint-Pétersbourg, en été à la galerie Tretiacov à Moscou.

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Au début de l’année 1991 il est devant le parlement européen à Strasbourg, en mai au Musée d’Art Contemporain de Budapest. Enfin il arrive à Genève où il fait halte jusqu’à aujourd’hui dans le parc d’une collection privée à Cologny. Rompant avec la tradition de la statue équestre, dédiée depuis l’antiquité aux honneurs de la guerre, Crocetti donne a ce type traditionnel de la statuaire une nouvelle signification pour un nouveau monde. Le jeune adolescent qui rappelle les David victorieux de la Renaissance, n’est plus le vainqueur de la bataille, mais le porteur au visage serein et souriant d’une branche d’olivier. Si la forme suit la tradition classique, l’iconographie la révolutionne complètement.

 

Ce message délivré par l’œuvre n’a rien perdu de sa force aujourd’hui : les rênes détendues par le cavalier n’offrent au cheval qu’une pause, et tous deux savent que, plus que jamais, il est temps de reprendre la route pour pérenniser leur message.

 

 

 

 

 

 

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21/11/2015

Un audit accablant!

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Un audit accablant

Mandatée pour un audit, la Cour des Comptes vient de rendre son rapport sur l'Institut de formation universitaire des enseignants (IUFE). Le verdict est accablant, particulièrement en ce qui concerne la formation des profs du secondaire...ce qui permet d'ailleurs, à certains, de "minimiser" les déficiences de celle des maîtres du primaire.

Je n'ai eu de cesse, depuis la formation de cet IUFE en 2009, de dénoncer ses nombreux dysfonctionnements, notamment au travers de plusieurs témoignages d'étudiants désemparés qui venaient ici expliquer leur situation désespérée.

Tout ce qui a été dit sur ce blog s'avère aujourd'hui, malheureusement, bien véridique!

Outre des dossiers disparus, les passe-droits, l'incapacité de formaliser l'évaluation des candidats, les inégalités etc. c'est l'instabilité de cet institut qui pose problème : une double gouvernance "malsaine". Il n'est pas possible d'imaginer une formation professionnelle interne au DIP qui soit en même temps associée avec une formation académique universitaire "indépendante". Cette situation hybride entraîne deux chaînes de direction et déstabilise totalement cette formation si importante pour Genève.

Madame Anne Emery Torracinta n'a pas attendu le rapport de la cour des comptes pour réagir en opérant quelques menus changements. Mais, coller des emplâtres sur une jambe de bois ne suffit pas! Aucune rustine ne réparera une chambre à air pourrie...

Non, il s'agit de tout remettre à plat pour revoir entièrement cette formation des enseignants. Y compris celle des maîtres du primaire qui, en fait, est logée à la même enseigne que celle du secondaire. C'est d'ailleurs la recommandation de la Cour des comptes.

Il faut par exemple, repenser totalement le problème des stages, en nombre insuffisant, qui sont au cœur des problèmes rencontrés. Madame la Présidente du DIP pense avoir trouvé une solution en plaçant ces stages en début de formation. Voilà qui semble pourtant peu recommandé! Demanderait-on à un futur médecin de faire des stages avant sa formation et une fois cette formation faite, plus de stages au motif qu'il les a déjà effectués.

Pour Madame AET, il s'agit maintenant de prendre le taureau par les cornes et enfin se rendre à l'évidence. Cette formation de l'ensemble des enseignants, qu'ils soient du secondaire ou du primaire, n'a rien à faire au sein de l'université. Comme dans tous les autres cantons romands, cette formation doit être du ressort d'une HEP.

Le député Jean Romain vient de déposer une Motion qui demande une étude externe au canton pour envisager une alternative crédible à cet Institut universitaire.

Alors, Madame la Présidente, la balle est dans votre camp, sachez en faire bon usage...

 

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01/10/2015

Papiere bitte!

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Eh bien! Désormais, ils ont intérêt à être persévérants et courageux les instits qui voudraient s'aventurer à faire une sortie ou un camp avec leur classe!

Parce que la Directive du DIP sur les sorties scolaires, d'août 2015, n'est pas triste...

Pensez donc, pas moins de 16 pages de mise en garde.

Surtout, ne pas se décourager...mais ils vont devoir s'accrocher les braves instits pour emmener tous ces petiots en vadrouille ou en camp de ski.

En guise d'aperçu, je vous laisse découvrir le pompon. C'est la consigne qui concerne les accompagnants obligatoirement nécessaires à toute sortie. Quand on sait la difficulté à trouver des personnes disposées à vous rendre ce service, voilà qui fait....sourire:

Pour les courses d'école et les classes multicolores, il incombe à l’enseignant de trouver un-des accompagnant-s âgé-s de 18 ans et plus qui le seconde-nt dans son travail de surveillance et d’animation. Dans ce but, l'enseignant veillera à choisir des accompagnants connus de lui ou de son entourage, ou recommandés par des personnes de confiance.

Jusque là, rien à dire. Mais, en ce qui concerne la suite...

Toutefois, pour tout accompagnant qui n'est pas un collaborateur du DIP, un extrait du casier judiciaire sera demandé, dont la validité est étendue et couvre l'année scolaire en cours. Les frais relatifs à cette démarche administrative seront couverts par le budget de la classe multicolore.

Rien que ça! Parce que, vous comprenez, les enseignants sont des bobets incapables de juger de leurs bons choix! Vous vous imaginez, vous, demander ce casier judiciaire à l'un de vos parents ou amis?

Bref, on vit une époque formidable!

Il est bien loin le temps où l'instit avait un certain crédit! Celui où le DIP faisait encore confiance à son corps enseignant parce qu'il savait que le "maître" avait le sens des responsabilités.

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29/09/2015

Ouvrirait-on les yeux chez nos voisins français?

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On me fait parvenir un article paru dans "Libération" ce 21 septembre, sous la plume de Monsieur François Jacquet-Francillon, Professeur émérite des sciences de l'éducation à l'université de Lille-III.

Un texte qui en dit long et dont nos "experts" de la Faculté de psychologie et des sciences de l'éducation de Genève ainsi que le DIP feraient bien de s'inspirer...

A la base du travail scolaire, l’exercice répété !

Au-delà de la réforme des programmes, combattre l’échec et le décrochage des élèves passe aussi par la façon d’apprendre. Face à des élèves happés par les écrans, et qui écrivent de moins en moins, la répétition d’exercices est encore une méthode valable pour acquérir les «contenus».

Ecoutons les professeurs des collèges. De leur métier, ils disent souvent qu’il les passionne ; mais aussi qu’il devient fatigant, éprouvant, pénible parce que le simple maintien de l’attention des élèves exige d’incessantes interventions, et parce que l’imposition des tâches, notamment les devoirs «à la maison», se heurte à l’indifférence et à la passivité des adolescents. Un tel courant d’hostilité au travail scolaire doit nous alerter. En l’occurrence, les professeurs évoquent aussi bien les zones sensibles que les milieux dits «favorisés». Ils ne parlent pas de violence ; il s’agit d’autre chose, une sorte de nonchalance qui se généralise, sans attirer beaucoup l’attention des spécialistes.

Or, tout explique cette situation. D’abord, une pratique d’enseignement de plus en plus «interactive» et négociatrice. C’est cette pratique, attendue par la société adulte, qui pousse les syndicats à revendiquer toujours moins d’élèves par classe. Ensuite, des sociabilités juvéniles de plus en plus indépendantes et opposantes ; une vie familiale de plus en plus bienveillante ; l’emprise des technologies de la communication ; l’influence des industries culturelles et de leur vision festive de la culture (songeons au discrédit qui frappe la valeur du sérieux). Bref, des mœurs qui, dans l’école et hors de l’école, produisent ce qu’il faudrait appeler un parolisme : le règne de la discussion à tout propos, et de chacun avec tous. De surcroît, ces élèves qui parlent de plus en plus écrivent de moins en moins : d’où leur désintérêt pour la langue écrite et cultivée, tandis que la langue orale fleurit pour d’autres raisons.

Dans ces conditions, comment combattre l’échec scolaire massif, et notamment endiguer le «décrochage» précoce ? Par une réforme des programmes ? En supprimant des filières sélectives ? En organisant des «activités» interdisciplinaires ? Peut-être. Mais intéressons-nous d’abord au travail scolaire et, disons-le, à ce qui en est le centre de gravité : l’exercice ! C’est probablement par là qu’il faut commencer. Sans l’exercice - certains exercices, répétés de semaines en semaines, de mois en mois, d’années en années, aussi intelligents que possible, bien sûr -, la création des habitudes intellectuelles est entravée et retardée, voire impossible, de sorte que les acquisitions de «contenus» deviennent fragiles, bien plus qu’elles ne le sont, forcément, dans l’âge tendre.

Sous la IIIe République, les instituteurs imposaient jusqu’à quatre dictées par semaine lorsqu’ils préparaient leurs élèves à l’examen du certificat d’études. Et du côté des méthodes actives, quand Célestin Freinet prônait le «texte libre» en guise de rédaction, il avait en vue une pratique quasi quotidienne…

Pourquoi cette nécessité, pourtant admise lorsqu’il s’agit d’habiletés sportives ou musicales, nous apparaît à l’école rébarbative, fastidieuse ou ennuyeuse ? Dans le même sens, pourquoi a-t-on oublié qu’un enfant, qui comprend moins bien ou moins vite, a besoin de travailler davantage, plus lentement donc plus longtemps ? Mais, c’est bien à ces questions que répondent les familles qui, pour compenser le déficit de l’école, recourent aux aides privées et payantes (cours, stages, soutiens scolaires, etc.) que leur proposent des officines spécialisées, en expansion continue jusque dans des villes de taille modeste. Il y a là un système scolaire parallèle en gestation, mais dont l’existence et les motifs sont, eux aussi, ignorés par nos gouvernants. Pouvons-nous nous en contenter ?

 

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22/09/2015

Une loi ne tombe pas du ciel!

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C'est à la suite d'un long travail en commission que les députés du Grand Conseil débattent, en plénière, du bienfondé d'un projet de loi. Durant des mois, les auditions se sont succédé et chacun a pu ainsi faire valoir son point de vue.

 

Ainsi, les directeurs d'établissement du primaire ont eu l'opportunité de se faire entendre, de même que les enseignants, via leur syndicat, la SPG. C'est donc en toute connaissance de cause que les députés prennent leurs décisions et votent en conséquence.

Aujourd'hui, je m'étonne alors des réactions soudaines de la part de certaines personnes. Voilà des années que ces directeurs avaient l'occasion de justifier leur emploi du temps en répondant à mes nombreuses "attaques", jamais l'un d'entre eux n'a cru bon de le faire...Et voilà que, tout soudain, ils sortent de leur trou pour hurler au loup, railler et dénoncer le récent vote du GC qui, récemment, a décidé d'inscrire dans la loi que "les directeurs d'établissement consacrent une partie de leur temps de travail à l'enseignement".

Raison pour laquelle, le député Jean Romain a publié sur son mur "facebook" le commentaire suivant:

PRIMAIRE : « Les directeurs d’établissement consacrent une partie de leur temps de travail à l’enseignement. » Voici ce que le Grand Conseil a inscrit dans la toute nouvelle loi sur l’Instruction publique. On peut effectivement comprendre que cette décision ne soit pas appréciée de la part de certains fonctionnaires du DIP, mais il faut préciser trois choses :

1. Il s’agit d’une bagarre politique de longue date et pas d’une décision du dernier instant. Depuis le début, l’ARLE... s’est opposée à l’idée des directeurs ; André Duval n’a cessé d’argumenter pour en diminuer le nombre (qui a finalement passé de 92 à 58). Je n’ai cessé depuis 2009 au Grand Conseil d’aller dans le même sens : ne pas augmenter le nombre de chefs et d’adjoints au chef. Au contraire : diminuer le nombre de chefs, de « chercheurs » en éducation, de secrétaires, sous-secrétaires, notamment. On diminue ainsi la masse salariale et, au front, les profs seront plus efficaces car moins encombrés par les infinies démarches administratives dont le principal but est de justifier la présence des chefs.
2. Dire que les députés ne connaissent pas la réalité « du terrain » est un argument spécieux : d’abord parce que bon nombre d’entre eux connaissent bien le métier, dans les 3 ordres d’enseignement. Ensuite, c’est un argument de perdants : il n’est pas besoin, en tant que député, d’être un professionnel des EMS pour avoir à trancher sur ce dossier, et cela vaut pour tous les dossiers. Jusqu’à nouvel avis, ce sont aux élus du législatif de faire des lois, et pas aux seuls spécialistes.
3. Derrière la bagarre sur ce thème, il y a un tout autre enjeu : la réforme de la fonction publique. L’armée mexicaine des services du DIP doit être revue à la baisse ; les profs auront ainsi plus d’efficacité.

Il y a des fonctionnaires nécessaires (et je défends la fonction publique) et d’autres dont il faut revoir le statut ainsi que leur réelle nécessité. Clemenceau disait que la France était un pays étonnamment fertile. On y plante des fonctionnaires, il y pousse des impôts.

 

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18/09/2015

Les directeurs d'établissements primaires devront enseigner!

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Enfin!

Cela fait des années que, avec l'Arle d'abord, puis ensuite sur ce blog, j'ai dénoncé et critiqué ces postes de directeurs d'établissement à l'école primaire.

Pour plusieurs raisons et notamment sur leur nombre, qui en faisait des "placards dorés",. ainsi que sur le fait qu'il serait souhaitable que ceux-ci accordent une partie de leur temps à des heures d'enseignement.

Madame Anne Emery Torracinta  nous a donné raison, il y a peu, sur la question du nombre de postes puisqu'elle a admis des erreurs d'évaluation et que, donc, il était nécessaire de le réduire, assez drastiquement, comme nous le proposions, pour passer de 93 à 58 postes.

Et voilà que hier soir, enfin, malgré les tentatives désespérées du PS, grâce au vote majoritaire du Grand Conseil, nous obtenons une nouvelle victoire significative puisque nos députés ont décidé d'inscrire dans la loi que "les directeurs d'établissement consacrent une partie de leur temps à l'enseignement".

Au grand dam de Madame la Présidente qui en était livide...

Reste maintenant à savoir quelle sera exactement cette "partie de leur temps" et de quel enseignement il s'agira. En ce qui me concerne, je suggèrerais que ces directeurs enseignent à un taux proportionnel à la grandeur des établissements dont ils ont la responsabilité tout en ayant l'obligation de remplir un minimum d'heures requises. Il serait en outre fort apprécié qu'ils soient alors chargés d'heures d'appui pour les élèves en difficulté scolaire.

 

Ah oui, je ne peux m'empêcher de penser que j'en connais quelques uns qui ont dû mal dormir...

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16/09/2015

Le DIP retiendra-t-il la leçon?

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Afin de "faire moderne", le DIP serait prêt à n'importe quelles dépenses, même exorbitantes. Peu importe que cette nouveauté soit parfaitement stupide puisque inutile.

 

Je vous le disais dans deux précédents billets!

- On vit dans un monde de fous (avril 2014)

- 5 millions pour le DIP (juin 2014)

Eh bien ça tombe bien puisqu'on apprend via la TdG du jour que "Le numérique ne fait pas de miracle à l'école"! C'est en tout cas ce qui ressort de l'étude de l'OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques). Ainsi, les pays qui ont investi massivement dans le numérique n'ont pas enregistré d'amélioration notable des résultats.

"Il ne suffit pas d'équiper massivement les élèves et leurs classes d'outils numériques pour obtenir une amélioration des résultats... Les pays qui ont beaucoup investi dans le numérique n'ont pas enregistré d'amélioration notable des résultats en compréhension de l'écrit, mathématiques et sciences, souligne l'OCDE".

Au DIP genevois, certains feraient bien d'ouvrir les yeux...

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07/09/2015

Sur le choc des photos

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Je me souviens de ce que m'avait raconté un journaliste. En 1992, en reportage à la frontière désertique de la Somalie et du Kenya, l’un des photographes qui, comme lui, couvraient l’afflux des réfugiés somaliens à ce point frontière s’était attaché à photographier plus spécialement le plus maigre et rachitique des enfants, à la grande indignation de ses confrères..... Le média qui l’employait, par souci d’audimat, ne publierait-il pas justement ce cliché-là ?

Depuis lors, je me méfie toujours de ce que les médias diffusent...Cette histoire me laisse penser que, trop souvent, nous sommes bernés et que la réalité n'est pas forcément celle qui nous est présentée.

Au nom de l'audimat, des records de vente, des intérêts financiers, politiques, le monde est devenu une téléréalité.

Ainsi, l'horreur, comme la beauté, sont tronquées, falsifiées.

On magnifie la beauté de telle vedette à coup de photos complètement retouchées. Et dans les guerres menées ici et là par les grandes puissances, des vidéos sont là pour vanter la technologie millimétrée de «frappes chirurgicales». Finalement, quelle foi accorder aujourd’hui aux images : certaines personnes se demandent même si l’on a réellement marché sur la Lune ou si les photos de la Nasa ne seraient pas de la poudre aux yeux.

Alors?

La photo du petit noyé de Bodrum qui, récemment, a ému le monde entier, illustrant le drame vécu par tous ces malheureux migrants, les nombreuses morts, celles, atroces, des enfants, a suscité en moi, au-delà de l’émotion, tout un train de réflexions.

En voyant la photo de cet enfant gisant sur une plage, le visage mi-enfoui dans le sable, le corps encore à moitié dans l'eau, j’ai repensé à celle de ce journaliste peu scrupuleux. S’agissait-il du même cas de figure ? D’un grossissement de l’actualité de nature à en déformer la réalité ? Dans l’un des cas, on avait affaire à un photographe dépourvu de toute éthique professionnelle dont le but était de faire passer pour une situation générale le cas particulier d’un enfant rachitique et malade. Inversement, dans le cas du petit noyé, la situation reflète bel et bien la situation vécue par des milliers de naufragés. Dans les deux cas, la photo, chargée d’un énorme poids émotionnel, entend être symbolique, elle est censée prendre valeur d’exemplarité.

Mais dans le premier cas, le symbole est trompeur. Le public ne sait rien des conditions dans lesquelles les photos sont prises. Sans aucun doute, certaines photos – comme jadis celle de la fillette nue fuyant devant une pluie de bombes au napalm - ont le pouvoir d’agir et de secouer la coupable indifférence des gens.

La photo du garçonnet de Bodrum a ce pouvoir-là, elle a contribué à déclencher un immense élan de solidarité en Allemagne et ailleurs. Quand les temps sont aussi troublés qu’aujourd’hui, le public doit espérer que les médias, plus que jamais, aient le souci de l’éthique et de l’objectivité, et opèrent les bons choix dans leurs mises en perspective imagées.

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29/08/2015

Pas de tartine ni de promenade pour toi ce matin! Plus!

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Comprennent ceux qui voudront mais surtout ceux qui pourront.

 

 

 

C'est alors qu'apparut le renard.
...

- Qu'est-ce que signifie "apprivoiser"?
- C'est une chose trop oubliée, dit le renard. Ça signifie "Créer des liens..."
- Créer des liens?
- Bien sûr, dit le renard. Tu n'es encore pour moi qu'un petit garçon tout semblable à cent mille petits garçons. Et je n'ai pas besoin de toi. Et tu n'a pas besoin de moi non plus. Je ne suis pour toi qu'un renard semblable à cent mille renards. Mais, si tu m'apprivoises, nous aurons besoin l'un de l'autre. Tu seras pour moi unique au monde. Je serai pour toi unique au monde...
- Je commence à comprendre, dit Le Petit Prince...

- ...si tu m'apprivoises, ma vie sera comme ensoleillée. Je connaîtrai un bruit de pas qui sera différent de tous les autres. Les autres pas me font rentrer sous terre. Le tien m'appellera hors du terrier, comme une musique.

...
Le renard se tut et regarda longtemps Le Petit Prince :
- S'il te plaît... apprivoise-moi! dit-il. ... Si tu veux un ami, apprivoise-moi!
- Que faut-il faire? dit Le Petit Prince.
- Il faut être très patient, répondit le renard. Tu t'assoiras d'abord un peu loin de moi, comme ça, dans l'herbe. Je te regarderai du coin de l'œil et tu ne diras rien. Le langage est source de malentendus. Mais, chaque jour, tu pourras t'asseoir un peu plus près...

Le lendemain revint Le Petit Prince.

- Il eût mieux valu revenir à la même heure, dit le renard. Si tu viens, par exemple, à quatre heures de l'après-midi, dès trois heures je commencerai d'être heureux. Plus l'heure avancera, plus je me sentirai heureux. À quatre heures, déjà, je m'agiterai et m'inquiéterai; je découvrirai le prix du bonheur! Mais si tu viens n'importe quand, je ne saurai jamais à quelle heure m'habiller le cœur... il faut des rites.
- Qu'est-ce qu'un rite? dit Le Petit Prince.
- C'est quelque chose trop oublié, dit le renard. C'est ce qui fait qu'un jour est différent des autres jours, une heure, des autres heures...

Ainsi le petit prince apprivoisa le renard. Et quand l'heure du départ fut proche :
- Ah! dit le renard... je pleurerai.
- C'est ta faute, dit Le Petit Prince, je ne te souhaitais point de mal, mais tu as voulu que je t'apprivoise...
- Bien sûr, dit le renard.
- Mais tu vas pleurer! dit Le Petit Prince.
- Bien sûr, dit le renard.
...
.... Ce n'était qu'un renard semblable à cent mille autres. Mais j'en ai fait mon ami, et il est maintenant unique au monde.

...
- Les hommes ont oublié cette vérité, dit le renard. Mais tu ne dois pas l'oublier. Tu deviens responsable pour toujours de ce que tu as apprivoisé.

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23/08/2015

Les enfants sont des crétins

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Régulièrement on redoute le retour d'une épidémie de grippe aviaire, de vache folle ou même de choléra. Cette année, pour la rentrée scolaire, c'est le retour de la "pédagogite" aigue et de sa tambouille illuminée dont on nous gratifie.

 

Ainsi donc, deux pages entières dans la TdG du jour pour nous expliquer que, à l'école, la rentrée sera sans fessée, que le temps des châtiments corporels est révolu... Tiens donc, on découvre!

Et de faire la part belle à nos gourous selon Saint Pédagogo...La crème des crèmes, ceux-là mêmes qui sont en grande partie responsables de la formation des futurs instituteurs.

Et voilà qu'ils se complaisent à enfoncer des portes ouvertes, comme s'il était question pour quiconque de rétablir l'usage de la fessée ou de quelque sévice corporel à l'école. Tout le monde est d'accord là-dessus! Mais de là à passer à l'extrême contraire comme semblent le prôner nos Olivier Maulini (professeur associé à la faculté de psychologie et des sciences de l'éducation à l'université de Genève , Sandrine Breithaupt (enseignante à la HEP du canton de Vaud et Etiennette Vellas (membre du groupe romand d'éducation nouvelle, GREN), il y a un sacré pas que ce beau monde n'hésite pas à franchir.

Car pour eux, lorsqu'un enfant a un comportement inopportun, il faut, avant de sanctionner, s'assurer que l'enfant l'a bien compris. Et cela "passe par un dialogue soutenu, au travers de conseils de classe ou d'école. Ensemble, les écoliers et les enseignants tentent de poser et résoudre les problèmes".

Tout un programme!

A force de les sous-estimer, ces gens prennent-ils nos enfants pour des crétins?

Comme si un gosse qui fait une bêtise ne s'en rendait pas compte. Lorsque les règles sont claires, les enfants savent très bien lorsqu'ils les transgressent. Point besoin alors de remuer ciel et terre pour lui expliquer "le comment du pourquoi" de long en large. Quelques mots bien placés suffisent. Encore faut-il faire confiance aux adultes qui encadrent ces écoliers, redonner une crédibilité aux enseignants notamment.

Pas aux yeux de nos experts pédagogues en tout cas.

Ceux-ci passent allègrement d'un extrême à l'autre, du châtiment corporel aux "explicitations" sans fin dont ils abreuvent des gamins qui ont pourtant tout à fait conscience de la raison pour laquelle on les sanctionne.

Nos extrémistes de service ne s'en tiennent pas là, pensez donc. Non, ils en profitent bien sûr pour revenir à la charge et utiliser ce tremplin pour nous servir à nouveau leur ratatouille périmée au sujet des notes!

Ainsi, selon Olivier Maulini, "les Jésuites ont mis en place une philosophie d'éducation basée sur la compétition , dont nous sommes les héritiers". Et de suggérer que l'évaluation par des notes s'apparente à des sévices de l'esprit de l'enfant, une substitution aux châtiments corporels!

Rien que ça!

Un discours qu'on nous a ressassé jusqu'à la nausée, il y a dix ans, peu avant la votation sur le sujet, en 2006, qui a, à plus de 76%, plébiscité le maintien des notes à l'école primaire.

Enfin, on se réjouit d'apprendre, via cet article de la TdG, que nos deux éminentes expertes s'apprêtent à publier un livre révolutionnaire, intitulé "Evaluer sans noter, éduquer sans exclure", dont on a aucune peine à imaginer le contenu puisqu'il est connu depuis belle lurette. Un mauvais remake quoi!

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13/08/2015

Panique à bord

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A la lecture de l'article paru ce jour dans la TdG: "Formation des profs: Trop courte et anachronique", on comprend bien que, à l'heure toute proche de la rentrée scolaire, ça grenouille sec au sein de la secte... y aurait-il panique chez les pédagogos?

C'est que les gourous sentent bien le danger et tentent donc de défendre leur pré carré.

Ainsi, ceux-ci n'hésitent pas à affirmer que la formation délivrée par les Hautes Ecoles pédagogiques (HEP) romandes n'est pas suffisante pour permettre aux enseignants de remplir leur mission. Et d'ajouter que les exigences étant maintenant plus nombreuses,mixité culturelle, pédagogie intégrative d’élèves en difficulté ou souffrant de troubles mentaux ou psychiques, plurilinguisme, exigences parentales plus élevées, l’enseignant aurait donc besoin d’une formation de base plus poussée.

Balivernes!

Autant d'exigences qui n'ont rien à voir avec le métier d'enseignant et auxquelles ils n'ont pas à être astreints! A chacun sa tâche, celles que certains voudraient faire porter aux enseignants sont du ressort de professionnels à part entière. Aux autorités de s'en donner les moyens. Aurait-on l'idée de demander à un médecin d'être à la fois gynécologue, gastroentérologue et cardiologue.

Non, nos pédagogos ont une autre idée en tête...rien à voir avec la qualité de la formation...

En augmentant le temps de formation à quatre ans (avec l'obtention d'un "master"), nos pédagogos le savent, ils auront plus de temps pour distiller leur idéologie et endoctriner leurs étudiants. Sans compter, forts de l'obtention d'un master, sur les augmentations de salaire que les syndicats ne manqueraient pas d'exiger alors pour les enseignants du primaire notamment!

Oui, les pédagogos ont de quoi paniquer car l'opposition est importante. A Genève, le Grand Conseil a accepté récemment que l'IUFE (Institut de formation des enseignants) secondaire passe de 4 ans à 3 ans et le combat est sérieux pour qu'il en soit de même pour le primaire.

Dans tous les autres cantons romands, la Commission interparlementaire (CIP) a adopté, en juin dernier, à l'unanimité de tous les cantons et tous les partis, un postulat qui est très clair. L'importance de la formation des enseignants ne tient pas dans la longueur des études mais dans leur contenu! En d'autres termes, moins de théories " mais surtout de la pratique:

"Le lien entre théorie et pratique est capital, mais le dosage ne satisfait pas les membres de la commission. Les nouveaux enseignants sont sensibles à ce grand écart.

La gestion de la classe est un élément central de cet apprentissage. Savoir installer un climat propice à la transmission des contenus fait partie des fondamentaux de la profession. Cela s’apprend, avant tout, sur le terrain au contact des élèves.

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06/08/2015

Une expérience qui laisse pantois

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- Oh Cyprien!

- Oh, salut, alors comment?

- Ben, dis donc, tu me croiras ou pas mais y m'est arrivé un truc assez incroyable!

- Raconte...

- Ce matin, j'étais tranquillement installé sur le balcon du chalet et voilà que deux types se ramènent dans le coin et commencent à fouiner un peu partout. Y en avait un avec une longue perche munie d'un appareil bizarre à son bout.

- Oui, et alors?

- Tu me connais, je suis un peu curieux, alors au bout d'un moment, je suis allé à leur rencontre pour leur demander ce qu'ils cherchaient.

- De l'or?

- Non, non. Ils m'ont expliqué qu'ils faisaient des relevés topographiques de toutes les bouches d'eau qui alimentent les immeubles et chalets avoisinants grâce à cet appareil qui n'est rien d'autre qu'un GPS.

- Pfffff, c'est du sérieux, hyper précis alors.

- Oui, pas de problème pour les bouches d'eau apparentes et bien visibles mais voilà, elles ne le sont pas toutes. Avec le temps, y en a plusieurs qui sont cachées, légèrement enterrées sous une mince couche de terre, impossibles à déceler.

- Aie, mince, ils n'ont donc pas pu toutes les répertorier.

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- Eh ben si! Et c'est là que ça devient extraordinaire! Voilà que l'un des deux lascars a sorti de son sac deux baguettes de cuivre en forme de L...

- Tu rigoles?!

- Non! Moi aussi, j'ai eu un petit sourire quand je l'ai vu, une baguette dans chaque main, commencer à arpenter le terrain alentours... Mais, j'ai commencé à me poser des questions lorsque les baguettes, comme par magie, s'écartaient et qu'en ce point précis où le phénomène opérait, en creusant un peu, mon gaillard découvrait une nouvelle prise d'eau jusque là ignorée!

- J'y crois pas, il t'a fait marcher.

- Y a pas de raison! Je n'étais pas prévu dans l'histoire. Ces deux la faisaient simplement leur boulot.

- Hum, c'est vrai.

- Du coup, j'ai demandé si je pouvais essayer ces baguettes magiques. Ca tombait bien, je ne savais pas où était la vanne d'eau qui alimente le chalet.

- Ouais, et...?

- Tu ne me croiras pas! CA MARCHE! A l'aide de ces deux baguettes qui s'écartaient miraculeusement aux bons endroits, j'ai retrouvé, moi même, tout seul, à plus de 30 mètres du chalet, la bouche d'eau qui le dessert ainsi que toute la canalisation enterrée qui court jusqu'au bâtiment!

- Incroyable! J'ai toujours cru que c'était du pipeau ces histoires.

- Je n'en revenais pas. Du coup, sous le regard satisfait de mon "sourcier", je me suis amusé encore un moment à repérer, sans problème, les différentes canalisations d'eau qui alimentent les autres immeubles voisins. C'est assez stupéfiant cette sensation...

Et puis, à la suite de cette expérience, je me suis dit que cet anachronisme était quand même inouï... On est au XXI siècle, on utilise des appareils les plus sophistiqués comme ce GPS mais, quand la technique se retrouve face à un problème insoluble...voilà que ce sont des trucs presque aussi vieux que le monde qui viennent à notre secours.

- Ouais, à l'ère des ordinateurs, de la conquête spatiale, etc., ça laisse pensif...

- Eh, ben, tu vois, au début ça m'a estomaqué, mais, tout compte fait, ça me rassure.

Tu bois un verre?

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01/08/2015

1er août 2015: Bicentenaire de l'entrée de la Suisse dans le Valais...

sandrine viglino.png

Connaissez-vous Sandrine Viglino, cette talentueuse humoriste valaisanne?

Elle était hier soir l'invitée du coin, Thyon Les Collons, pour y prononcer le discours officiel de la fête nationale.

Eh bien, voyez-vous, j'en ai entendus des discours du 1er août... jamais comme celui-ci. En bonne humoriste valaisanne, Sandrine n'a pas manqué la cible!

C'est très gentiment qu'elle a accepté de vous faire partager "sa" vision de notre belle Suisse.

A lire donc, en prenant, si possible, votre plus bel accent valaisan, appréciez:

 

DISCOURS 31 JUILLET - THYON 2000

(Texte de Sandrine Viglino avec la collaboration de Guy Schrenzel, Christophe Bugnon et Darius Mac Chifon).

 

Bonsoir Thyon!

 

Je suis très contente d’être ici ce soir avec vous.

 

Quand on m’a téléphoné pour m’inviter, j’ai compris : « Sandrine veux-tu faire le discours du premier août à Sion. » J’ai hésité....La capitale, des milliers de spectateurs...Bof ! Heureusement. J’avais mal compris. En fait, c’était faire le discours à Thyon.

 

C’est un rêve de jeune fille qui se réalise ce soir. Je me rappelle, quand j’étais petite, le soir du premier août j’avais toujours un regard un peu triste. Mes parents me demandaient : à quoi penses-tu Sandrine? Je répondais: « Je me demande si un jour je pourrai faire le discours du premier août à Thyon.» après le psychiatre a dit à mes parents que ce n’était pas trop grave, et que ça allait passer. J’ai donc fait 10 ans de thérapie avec le psy. Ca lui a payé ses vacances à la montagne et moi je guéris enfin aujourd'hui.

 

C’est donc un honneur, un plaisir et un rêve en tant que femme  de faire ce discours. Je dis femme parce en général on confie le discours à des politiciens ou des gens d’église. Dans la plupart des cantons romands y’a même deux orateurs : le politicien ET le pasteur. En Valais c’est plus simple on prend un PDC et on a le duo pack « Politicien-église ».

Mais pas ce soir. Merci Thyon d’innover. Merci de m’avoir invitée !

 

Et surtout quelle chance de faire le discours du 1er aout un 31 juillet. C’est ça Thyon. Avoir toujours un coup d’avance. Comme avec Thyon 2000. LA station dont le nom nous a fait rêver… Dans les années 70 c’était hyper novateur de parler de l’an 2000. Bon, maintenant l'an 2000... Comment dire? C'est un peu comme si y avait un concours où on peut gagner un Iphone 3. Ca fait plus trop rêver…

Je propose donc de prendre de l’avance sur le retard et de rebaptiser la station Thyon 3000. Pour être modernes et tranquilles pendant un bon petit moment. Et puis, en l'an 3000 personne ne viendra se moquer des vieux remonte-pente parce qu'avec le réchauffement climatique, Thyon 3000 sera devenu une station balnéaire.

 

Mesdames et messieurs, c’est la première fois que j’accepte de faire un discours du 1er août. Si j’ai accepté, ce n’est pas parce que c’est mon cousin qui me l’a demandé, mais c’est parce que cette station est incroyable.  Un dynamisme. Une énergie. Des évènements à la pointe de la technologie. Par exemple dès demain, tenez-vous bien : y a une brocante ! Et c’est pas n’importe quelle brocante. C’est la brocante des Alpes. Ca change tout. En plaine, une brocante t’as des vieux trucs à acheter ! Tandis que là, la brocante des alpes, bon t’as aussi des vieux trucs à acheter, mais des vieux trucs qui ont fait l’inalpe ! Comme les vaches.

 

Ensuite le 2 août ça continue avec des évènements incroyables : y a une course à pieds ! La course Thyon-Dixence. Des paysages à couper le souffle. Enfin y paraît parce que l’année passée je l’ai faite et on voyait pas à 2 mètres tellement y avait du brouillard. Alors cette année, pour profiter du paysage, j’ai décidé de refaire la course à pieds mais sur deux jours et être de retour le 3.

 

Parce que du 3 au 8 août,  pour reposer ceux qui ont mal aux jambes à cause de la course, aux Collons, y a un truc mais de malades : un concours de tronçonneuses. Enfin ici y disent « le symposium des sculptures sur bois », mais en vrai, ca va tronçonner toute la journée. Profitez du doux bruit de la tronçonneuse les 2-3 premiers jours quand y dégrossissent les troncs d’arbres parce qu’après finito la tronçonneuse. Les artistes utiliseront les outils qu’ils ont achetés à la brocante des alpes pour peaufiner les sculptures. Enfin les finitions se feront délicatement, au couteau suisse afin que tout soit terminé aux vacances de Noël  quand vous reviendrez à Thyon. Parce qu’on aime revenir à Thyon.

 

Car en hiver ici,  y a des trucs uniques à Thyon. Y a la coupe du monde de télémark. Alors ça va pas vite et c’est pas spectaculaire comme la descente à ski, mais au moins, on a bien le temps de les voir descendre. Et  ceux qui font ça,  sont souples du genoux et font des beaux gestes élégants… comme dans les films en noir et blanc.

C'est sûr que les adeptes du télémark  sont un peu bloqués dans les années 1920-1930, mais au-moins, ça les fait encore rêver quand ils parlent de Thyon 2000.

 

Mais parlons plutôt de ce qui nous rassemble ce soir. Nous sommes là pour un évènement exceptionnel: la fête nationale suisse. Et 2015 est une année particulière. Nous fêtons cette année le bicentenaire de l’entrée de la Suisse dans le Valais.

Ha le Valais. Quel canton fabuleux ! C’est Games of throne mais en mieux. Chez nous les Stark, Lannister et autre Baratheon, c’est Fournier, Darbellay et Couchepin. Et ça fait des siècles qu’on a des guerres de clans: ça s’appelle «Gamay of Rhône ».

 

Le Valais a surtout la grande chance d’être habité par des valaisans. Un peuple incroyable dont je fais partie. On nous surnomme les Corses de Suisse. Je rassure les touristes présents ce soir, nous ne faisons pas péter des maisons mais des bouchons.

 waldstatten.pngMais qu’est-ce exactement que la fête nationale du premier août.  Souvenez-vous :

Au début du mois d’août de 1291, sur la prairie du Grutli, au bord du lac des 4 cantons, les trois cantons primitifs, Uri, Schwytz et Unterwald se disent oui ! Enfin Ja.  C’est du reste à ce que je sache la dernière fois que ces cantons primitifs  ont dit « oui » à quelque chose.

 

Ils écrivent un pacte, savamment nommé le « pacte de 1291 »…C’était des paysans de montagne fallait pas leur en demander trop au niveau des titres.

 

Donc, Werner Stauffacher (un paysan de Schwytz), Arnold de Melchtal (un paysan du Melchtal, une région pas loin du  Mordor), et Walter Fürst (un vendeur d’électroménager), font le serment, et commandent trois décis de blanc. Ce geste est resté dans l’histoire. C’est l’événement fondateur de la confédération.

 

Depuis, on célèbre la fête nationale le 1er août, en faisant des discours de qualité, comme ce soir, en chantant l’hymne national, et en prenant une grosse cuite en commandant 3 décis. Du reste passablement de communes intelligentes, comme Thyon préfèrent faire la fête le 31 juillet, histoire de profiter du 1er août pour cuver sa gueule de bois.

 

Le premier août, c’est important pour nous car on peut montrer nos racines et notre culture. Notamment avec la raclette ou les combats de reines. Ha Les combat de reine. Des vaches qui se battent corne contre corne pour savoir laquelle est la plus cocue. Enfin c’est ce que j’ai compris. Parce qu’au combat de reines on comprend pas ce qu’on voit. L’important n’étant pas « ce qu’on voit », mais « qui c’est qui nous a vu » !  Le combat de reines le plus célèbre est celui d’Aproz. C’est notre Wimbledon à nous. Bon sauf qu’il parait que notre reine sent moins bon. 

 

Même moi je me suis surprise à regarder à la télé le combat de reines….Pas pour les vaches mais pour voir qui y avait… Si Darbellay était là, Fournier, Giroud et son chapeau. Ha y a des belles bêtes !

 

Bref mesdames et messieurs, vous l’aurez compris, vous avez choisi le plus beau canton du monde pour fêter la création de la Suisse. Je dirai même que vous avez choisi la plus belle région. Thyon. Une région chantée par les plus grands comme Pierre Bachelet . Souvenez-vous de son tube (chanté sur l'air "Les Corons"):

 

J’adore, monter aux Collons !

J’espère aller jusqu’à Thyon

Aux beuses faut faire attention

Ici c’est plein de modzons

 

 

Et si vous ne deviez retenir qu’une chose ce soir. C’est notre geste fondateur que vous ferez à chaque fois que vous commanderez 3 « décis d’ici ».

 

Merci à vous tous d’être venus fêter cet événement avec nous à Thyon, aux Collons.

Merci de votre attention et bonne fête nationale à tous!

 

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