01/04/2015

Lettre ouverte à Sarah

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Chère Sarah (est-ce votre nom, un pseudo, peu importe),

Dans un commentaire posté sur un blog voisin, vous avez cru bon de m'accuser d'"inepties et de contre-vérités". Je vous ai aussitôt répondu et malheureusement, j'ai eu beau attendre, aucune nouvelle de votre part... Il est vrai qu'il est facile de se répandre sur un blog, il devient plus difficile ensuite de débattre...

Inepties et contre-vérités, je veux bien et c'est votre droit de m'en accuser; mais alors, à moins d'être un lâche, il conviendrait d'en débattre, ce que vous semblez bien refuser. Si ces propos ne me touchent pas pour autant, je suis beaucoup plus intéressé par ce que vous invoquez plus avant.

Ainsi, vous faites part de la démotivation générale des enseignants. Vous la constatez quotidiennement autour de vous, ainsi que "le discrédit perpétuel de l'école primaire surtout, qui aurait atteint durablement les professionnels". Sans oublier, au passage de m'en accuser, encore une fois tout à fait arbitrairement.

Eh bien, voyez-vous, Chère Sarah, vous venez là confirmer tout ce que je dénonce depuis des années. Car cette démotivation des enseignants, moi, je l'attribue à des faits bien précis.

- Une formation des enseignants (IUFE) qui n'est pas digne de ce nom, qui est incapable d'insuffler une "âme" au métier d'instituteur.

- Une hiérarchie inadéquate avec notamment des directeurs d'établissement, souvent incompétents, confortablement installés dans leur tour d'ivoire.

- D'innombrables procédures administratives stupides imposées aux enseignants.

- Un plan d'étude (PER) pratiquement illisible et surtout, souvent irréalisable.

- Des moyens didactiques qui en découlent et qui sont inadaptés aux besoins des élèves du primaire

- Des parents d'élèves toujours plus "intrusifs"...

- Bref, une perte générale importante des repères dont les enseignants ont un urgent besoin afin de retrouver la sérénité et le respect auquel ils ont droit et qu'ils méritent.

Sont-ce là, Chère Sarah, les inepties et les contre-vérités dont vous m'accusez?

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29/03/2015

Des enseignants qui ont osé!

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On se souvient d'une directive du DIP qui, pour raison de sécurité, demandait aux enseignants de garder les élèves à l'intérieur des bâtiments lors de la récente éclipse de soleil...

Il se trouve que je viens de recevoir un témoignage que j'aimerais vous faire partager. Car, à ma grande joie, il existe encore des enseignants qui, plein de bon sens, contrairement aux "têtes" du DIP, ont su anticiper l'événement et ont surtout osé braver cette hiérarchie incompétente.

 

"Dans mon école, nous, les enseignants, avons anticipé l'événement de la récente éclipse, en achetant, avec l'accord des parents, une paire de lunettes adéquates par élève.

Tous les enfants ont donc pu profiter de ce spectacle rare, malgré la météo qui a bien failli tout compromettre.

Aucun parent de nos deux cents élèves ne s'est opposé à ce que son enfant observe ce phénomène, même si certains n'ont pas adhéré à l'achat groupé.

Nous avons dû commander ces lunettes une quinzaine de jours avant l'événement pour être sûrs d'en disposer d'une paire pour chacun.

Nous nous sommes bien sûr posés des questions quant à la position du DIP, et nous sommes informés auprès de la Direction...et lorsque la réponse est enfin arrivée (garder les enfants à l'intérieur), 24h seulement avant l'éclipse, nous avons transmis l'information aux parents d'élèves et avons décidé de ne pas priver nos élèves d'un spectacle dont ils s'étaient tellement réjouis. Notre décision, à l'encontre de la volonté du DIP, n'en était même pas une, c'était en fait une évidence, tant il nous a paru absurde de confiner nos élèves.

Personne ne nous en a fait le reproche, au contraire.

Nous avons tous, enseignants et élèves, eu la chance d'avoir un collègue qui s'est senti suffisamment concerné pour prendre cette initiative et nous permettre ainsi d'assister à cet événement en toute sécurité. Lorsqu'il nous a parlé de ce projet, il a facilement convaincu toute l'équipe enseignante en quelques minutes, juste grâce à son enthousiasme. Et pourtant, il ne s'agit pas d'un astronome amateur, juste d'un enseignant qui s'est senti concerné par un phénomène naturel rare, et a eu la motivation de faire partager son enthousiasme à tous les élèves de l'école.

La conclusion que premièrement je tire de tout cela, c'est qu'il est important de garder en nous cette passion et cette envie de faire partager à nos élèves ce qui nous tient à cœur. Qu'importe finalement ce qu'en pense, (ou non, d'ailleurs, dans ce cas précis), le DIP.

Deuxièmement, je relève « l'esprit d'équipe » de mon collègue. En effet, il ne s'est pas contenté de préparer ses seuls élèves à cet événement, il a eu à cœur d'emmener toute l'équipe dans cette extraordinaire aventure.

Si on attend du DIP qu'il anticipe et nous dicte nos actions, à mon avis, cela signifie que nous sommes des enseignants tout juste bons à appliquer des consignes inutiles et à "honorer" (oui, le mot est à la mode), ou faire semblant d'honorer, un plan d'étude auquel tout le monde feint de se référer.

Je fais partie d'une génération d'enseignants qui n'appartient pas à un troupeau de moutons et qui a la chance de ne pas craindre la hiérarchie.

Je n'ai aucun mérite. A une époque pas si lointaine, nos supérieurs ne subissaient pas les mêmes pressions que les directeurs d'aujourd'hui, ceux-ci pouvaient, sans crainte, se permettre de soutenir les enseignants et leurs idées, parfois un peu « loufoques ».

Je remercie donc ce collègue, passionné par son métier, et la direction de notre école qui a soutenu notre initiative. Sans son enthousiasme, nous serions, tous, élèves et enseignants, restés dans l'obscurité, stores baissés".

 

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27/03/2015

Une éclipse qui éclipse la culture scientifique

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A l'heure où le DIP invite des orchestres plutôt louches et préfère emmener les élèves à des expos sur le "zizi", voilà que Jean Romain pose une question pertinente au Conseil d'Etat:


Question urgente écrite

Une éclipse de soleil, même partielle, est un phénomène rare. Ambiance particulière dans la nature, beauté, alignement quasi parfait des astres, voilà de quoi réjouir et intriguer les esprits. Ce phénomène céleste suscite donc des interrogations auprès de la population mais surtout auprès des élèves dont la curiosité est une richesse que l’on se doit d’exploiter.

Par ailleurs, on déplore le recul des études scientifiques, non seulement dans le choix des collégiens mais encore dans celui des étudiants universitaires, notamment en physique.

Or cette éclipse du 20 mars 2015 était prévue et attendue depuis des décennies ; on pouvait aisément la préparer durant les cours, l’expliquer, en montrer le mécanisme, et anticiper la sécurité absolue de son observation en prévoyant soit l’acquisition de matériel d’observation sûr (lunettes agréées) soit en confectionnant un sténopé.

 Alors que penser de ces chefs de service du DIP, ou de ces directeurs d’établissements scolaires qui ont interdit aux enseignants et à leurs élèves de sortir durant l’éclipse, relayant les croyances ancestrales, selon lesquelles il faut se calfeutrer pendant ces événements terrifiants ? Une telle attitude dénote non seulement de carences scientifiques et culturelles graves, mais également d’une conception de la pédagogie et de l’enseignement des plus discutables de la part de professionnels qui sont censés fonder leurs réactions sur la raison.

Il s’agit d’une occasion manquée, d’incompétences révélées au grand jour, et d’une image dommageable – une de plus - du DIP auprès de la population.

 

Mes questions sont les suivantes :

-          Comment se fait-il qu’au DIP il existe encore de pareilles balivernes qui contribuent à réduire l’image de la science à une simple reconnaissance de la « magie » des phénomènes naturels ?

-          D’où venaient les consignes, et pourquoi ne pas avoir sollicité l’avis de gens compétents, par exemple l’Observatoire de Genève ?

 

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19/03/2015

A quel jeu joue donc Madame Anne Emery Torracinta?

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Il n'aura pas fallu attendre longtemps pour avoir une réponse aux "craintes" que j'exprimais dans mon précédent billet...


Le DIP vient d'annoncer officiellement la suppression de 12 postes de directeurs d'établissement du primaire pour la rentrée 2015.



Et de préciser, bien entendu, que ces personnes devront être "recasées" dans d'autres fonctions d'ici là. Le DIP affirme d'ores et déjà que des solutions ont été trouvées pour chacun d'eux...

Quelle mouche a donc piqué AET?

Il est vrai que ces directeurs d'établissement sont beaucoup trop nombreux et que, dès lors, il n'est pas totalement infondé d'en diminuer le nombre. Mais cela n'empêche pas que ceux qui restent en poste soient pour autant exonérés de ce que demande la motion: qu'ils consacrent une partie de leur temps à l'enseignement.

Madame Anne Emery Torracinta, à juste titre, ne cesse de clamer qu'il est urgemment nécessaire de mettre l'accent sur l'appui à apporter aux élèves en difficulté scolaire. Avec ces directeurs beaucoup trop nombreux, elle dispose d'une quantité de main d'œuvre déjà formée pour répondre à ces besoins primordiaux.

Pourquoi donc refuse-t-elle d'octroyer des heures d'appui à ces directeurs d'établissement. Qu'est-ce qui la pousse dans ce sens? On aimerait comprendre...

D'autant plus qu'il serait plutôt bénéfique pour ces directeurs de garder ainsi un contact direct avec le travail du terrain. La toute nouvelle Secrétaire Générale, N°2 du DIP, ne dit-elle pas clairement que, en tant que Directrice au collège, elle a toujours tenu à garder quelques heures d'enseignement: "Rester en contact avec ces jeunes gens nous oblige à évoluer, à nous remettre constamment en question. C’est un vrai moteur".

Non, la Présidente du DIP, pour des raisons qui restent pour le moment obscures, préfère donc "réaffecter" ces personnes à d'autres postes.

Lesquels? On est en droit de se poser la question...

Va-t-on créer de nouveaux postes pour ces cadres supérieurs? Va-t-on leur inventer de nouveaux placards dorés?

J'ose espérer que le DIP nous fera savoir comment donc il a réaffecté tout ce beau monde. Je me réjouis de l'apprendre...

 

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17/03/2015

Bientôt des heures d'enseignement pour les directeurs d'établissement du primaire...

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La TdG du jour nous apprend la toute récente nomination de Madame Marie-Claude Sawerschel au poste de Secrétaire Générale du DIP. Elle devient ainsi la N°2 du DIP...


A la lecture de son portrait, Madame Sawerschel semble pleine de bon sens, notamment en ce qui concerne sa vision du rôle que devraient jouer les directeurs d'établissement...

Lisez plutôt:

« Bras croisés, sereine dans son bureau de directrice au rez-de-chaussée de ce collège du Petit-Lancy, Marie-Claude Sawerschel prend la mesure du défi qui l’attend. «C’est un changement de cap complet, souffle-t-elle. Pour la première fois de ma carrière, je n’aurai pas de classe à la rentrée prochaine.» Même lorsqu’elle fut nommée directrice, elle a tenu à continuer d’enseigner, ne serait-ce que deux heures par semaine. "Rester en contact avec ces jeunes gens nous oblige à évoluer, à nous remettre constamment en question, fait-elle valoir. C’est un vrai moteur

Et Jean Romain de poster sur son mur facebook:

Un vrai moteur ! Et dire que les dirlos du primaire de Genève disent qu’il leur est impossible d’enseigner, et que porter les deux casquettes (diriger et enseigner) est irréaliste.

Madame Anne Emery Torracinta ferait donc bien de s'inspirer  de l'expérience de sa future Secrétaire Générale car, elle le sait, certains députés le lui ont clairement signifié, il ne sera pas suffisant, à leurs yeux, de simplement diminuer le nombre de directeurs, ce qu'elle a récemment laissé entendre.

Si la Présidente du DIP ne donne pas suite à la Motion qui demande que ces directeurs enseignent partiellement, acceptée par le Grand Conseil, il y a fort à parier qu'elle se retrouvera donc face à un projet de loi qui a, semble-t-il, d'ores et déjà une majorité acquise...

 

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13/03/2015

Bobards

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Madame Anne Emery Torracinta a du pain sur la planche à propos du primaire! Après le dépôt sur son bureau du dossier sur les directeurs d'établissement qui devraient voir des heures d'enseignement apparaître dans leur cahier des charges, voilà qu'elle va devoir également se pencher sur un nouveau sujet...

En effet, les députés du Grand Conseil ont, hier, lors de leur session, accepté à une large majorité de renvoyer sur le bureau de la Présidente du DIP la motion qui demande que la formation des instituteurs genevois soit réduite d'une année. Ce que certains députés de gauche ont eu de la peine à accepter parce qu'ils sont incapables de comprendre que passer de 4 à 3 ans, ce n’est pas juste supprimer une année, mais c’est densifier les autres et les repenser sérieusement afin de mettre en place une formation digne de ce nom.

Ainsi, ces députés ont eu beau s'égosiller, crier au passéisme, la majorité du Grand Conseil ne s'est pas laissée berner par les bobards sur lesquels ils s'appuyaient.

Le député Jean Romain s'est amusé à les démonter.

Le premier qui consiste à dire que bien que partout ailleurs en Suisse, on forme les instituteurs du primaire en 3 ans, à Genève en raison d’un particularisme local auquel personne n’a jamais rien compris de sérieux, il faut qu’on les forme en 4 ans.

Le deuxième bobard est celui qui prétend que lorsqu’on forme des instituteurs en 4 années, ils sont plus généralistes que tous les autres en Suisse. C’est à dire qu’ils peuvent enseigner dans tous les degrés de la 1ère à la 8ème primaire. Les autres, formés en 3 ans seulement, devraient soi-disant choisir entre le premier cycle (les tout petits) et le deuxième cycle (le cycle moyen). C’est faux : le diplôme des HEP, reconnu par la CDIP, donne droit à enseigner à tous les degrés de l’école primaire.

Le troisième bobard est lié à la pratique : à Genève on formerait les candidats à autant de stages pratiques que dans les HEP. C’est faux si par pratique on entend mettre le candidat dans une situation qui ressemble le plus à ce que sera son travail face à une classe. En 3e année dans la HEP-Vaud, les candidats sont 6 mois seuls devant leur classe. A Genève, cela représente 9 jours non consécutifs si, et seulement si, le titulaire est malade ou en formation continue.

Autant de mensonges sur lesquels s'appuyait d'ailleurs la pétition que certains étudiants avaient lancée et qui avait recueilli plus de mille signatures. On comprend mieux ce résultat tant il est en effet facile d'obtenir des voix dans ces conditions mensongères...Une pétition que les députés ont, dans la foulée, refusée.

 

Cela fait des années qu'avec l'Arle et Jean Romain, nous menons ces combats pour l'école primaire. Aujourd'hui, nous avons gagné deux batailles mais devons rester attentifs car rien n'est joué encore. Car, voilà... ce ne sont que des motions qui ont été renvoyées sur le bureau de la Présidente du DIP...

Qu'en fera-t-elle? Saura-t-elle entendre ces signaux très clairs? Aura-t-elle le courage de les suivre?

J'ai bien peur qu'elle tente de ruser...prétendre à une diminution du nombre des directeurs d'établissement et à de menu changements dans la formation des instituteurs.

Des dispositions qui ne nous satisferont pas...et alors, il faudra aller plus loin encore...

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07/03/2015

Sentiers valaisans

En Valais, on sait faire preuve d'humour. Voici les nouvelles étiquettes que l'on trouve à l'heure de l'apéro sur les bouteilles de "Dame de Sion".

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A l'heure de la "guerre" des langues qui fait rage dans nos écoles, celle-ci est particulièrement cocasse...

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Les valaisans sont également incroyablement créatifs, ils viennent d'inventer les urinoirs à ciel ouvert qui fleurissent maintenant sur les pistes de ski. Un petit besoin, plus la peine de s'arrêter au bistrot du coin et de déchausser ses skis. Hop, le tour est joué...

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01/03/2015

In ka oche!

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Je devais avoir 6 ou 7 ans, mes parents avaient loué un chalet à Champéry où nous passions alors les vacances d'été. Une petite ferme avoisinait le chalet et j'avais lié amitié avec le fils du paysan à peine plus âgé que moi. Je me souviens de nos jeux d'enfants, des heures passées à attraper les sauterelles dans les herbes hautes. C'est durant cet été que j'ai découvert, avec effroi, comment une poule peut continuer à courir alors qu'on vient de lui couper la tête à la hache...

Un jour, lors de nos ébats enfantins, je ne sais plus pour quelle raison, voilà que mon camarade me lance dans un immense éclat de rire:

- Le Père Noël, tu y crois encore toi?

Un peu surpris, je lui avais alors immédiatement répondu:

- Ca va pas, bien sûr que non!

Toujours hilare, celui-ci avait alors enchaîné...

-Et au Petit Jésus alors, tu n'y crois plus non plus!

Estomaqué, décontenancé, complètement perdu, de peur de passer pour un imbécile, j'avais tout de suite répliqué:

- Ben non, c'est n'importe quoi, ça fait longtemps que j'y crois plus.

Tout s'écroulait et, pendant tout le reste de cette journée, je suis resté sur cette sale impression de m'être fait avoir, d'avoir été berné toutes mes jeunes années avec cette stupide histoire du gentil petit Jésus.

Lorsque je suis rentré au chalet familial, j'étais fou de rage et j'ai bien entendu reproché vivement à mes parents de m'avoir ainsi mystifié pendant si longtemps. Ceux-ci ont eu toutes les peines du monde à me convaincre que cette histoire n'était pas la même que celle du Père Noël et que Jésus n'était donc pas le fruit d'une immense arnaque...

Ouf, voilà que j'étais rassuré, l'imbécile c'était le fils du paysan voisin et pas moi.

Aujourd'hui, quelques soixante ans plus tard, je me pose la question. Et si c'était tout de même lui qui avait raison et moi qui avait été dupé pendant toutes ces années?

Si, à l'instar du Père Noël, ce Jésus, celui qui marche sur l'eau, était né de l'imaginaire de quelques illuminés?

Au final, c'est cette personne qui m'était proche qui, en bon Valaisan empreint de bon sens, avait la solution. Non pratiquant convaincu, lorsqu'on parlait de religion et de croyances divines, prudent, il disait que, quand même, parfois il s'adressait au Bon Dieu, ajoutant:

In ka oche!

Au cas où...

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26/02/2015

Sur nos monts

Y a des jours comme ça où l'on se sent....petit, mais alors, tout petit!


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Et dire qu'on aimerait le faire oublier à nos écoliers genevois!

 

Sur nos monts, quand le soleil
Annonce un brillant réveil,
Et prédit d'un plus beau jour le retour,
Les beautés de la patrie
Parlent à l'âme attendrie;
Au ciel montent plus joyeux
Au ciel montent plus joyeux
Les accents d'un cœur pieux,
Les accents émus d'un cœur pieux.


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25/02/2015

L'histoire suisse sacrifiée

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La TdG du jour se fend d'une pleine page pour nous annoncer combien l'enseignement de l'histoire suisse est aujourd'hui sacrifiée dans nos écoles genevoises.

Je vous avais parlé en son temps de la pétition que ce jeune étudiant, Stefan Gisselbaek avait lancée afin que l'histoire suisse retrouve la place qu'elle mérite dans les programmes scolaires.


Cette pétition a donc rencontré un vif succès et vient d'être traitée par les députés du Grand Conseil qui, à une large majorité, ont décidé fort judicieusement de la renvoyer au Conseil d'Etat.

Après la motion réclamant des heures d'enseignement pour les directeurs d'établissement et celle qui demande une diminution du temps de formation des maîtres du primaire (3 ans au lieu de 4), voilà que Madame Anne Emery Torracinta se retrouve avec un sujet "brûlant" de plus sur son bureau!

Reste donc à savoir l'accueil qu'elle réservera à ces trois sujets? A n'en pas douter, elle a tout intérêt à y réfléchir très sérieusement si elle ne veut pas se retrouver confrontée à des projets de loi qui cette fois ne lui laisseraient plus aucun choix ni même une porte de sortie honorable...

L'occasion pour moi de rappeler ici le texte que j'avais publié en mars 2013 en suivant le lien:

"Où sont donc passés les Waldstätten"?

 

Ou ci-dessous:

 

Suite à la lecture du billet "Où est l'histoire suisse à l'école?" posté par Jérémy Seydoux, je me suis posé une question.

Qu'en est-il de l'histoire suisse à l'école primaire?

Voyons ce que nous apprend le PER (plan d'études romand) ?

Difficile de s'y retrouver dans ce labyrinthe...

Premier constat, dorénavant, on ne parle plus d'histoire mais de "sciences humaines et sociales".

Ensuite, j'ai eu beau chercher, je n'y trouve pas trace d'histoire suisse....RIEN sur le passé de notre pays!

On se perd dans des formules plus redondantes les unes que les autres, dans de flous et incompréhensibles "objectifs" :

- Se situer dans son contexte temporelle, s'approprier, en situation, des outils pertinents

- Identifier la manière dont les Hommes ont organisé leur vie collective à travers le temps, ici et ailleurs

- Observation et mise en relation de documents iconographiques et de textes décrivant le mode de vie et l'organisation sociale à certaines périodes, ainsi que le territoire concerné

- Identification des changements intervenus, de la permanence de certains éléments.

- Questionnement et formulation d'hypothèses concernant l'évolution des modes de vie (les situations de la vie actuelle auxquelles cela correspond, ce qui a changé, ce qui est resté et pourquoi).

- Création et utilisation expérimentale de divers objets ou techniques (poterie, peinture, armes, outils, cuisine, jeux)

- Situation dans le temps et mise en relation d'événements constituant des moments de rupture (inventions, révolutions, réformes, découvertes,..)

- Questionnement sur ce qui reste d'une période, d'un événement, sur les éléments (traces ou documents) qui permettent de les comprendre, sur ce qui a été conservé et pourquoi (esthétique, mémoire, valeur réelle ou sentimentale,…)

- Observation de traces du passé (objets, monuments, aménagement de l'espace,…) : matière, provenance, situation, condition, lieu et raison de leur conservation. Identification des renseignements qu'elles donnent

- Identification des héritages du passé, des conséquences sur la vie actuelle (répartition linguistique, religieuse, organisation sociale, politique, manifestation culturelle,…), et des commémorations

- Etc.

 

Où sont passés ces moments magiques pendant lesquels l'instituteur faisait revivre le passé de nos ancêtres en racontant avec ferveur les exploits de nos vaillants Waldstätten?

Disparus!

 

Résultat...plus d'histoire suisse pendant tout le cursus scolaire obligatoire des élèves romands.

Consternant!

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04/02/2015

L'école qui fait de la politique...

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On pourrait croire à un poisson d'avril...ça n'en est pas un!

L'école professionnelle pour les métiers de l'industrie et de l'artisanat (EPSIC) fait très fort en présentant aux élèves des supports de cours pour le moins bizarres pour ne pas dire partiaux.

Mais, comme l'écrit Jean Romain, "tout cela va en droite ligne du socioconstructivisme : il faut apprendre aux élèves à penser par eux-mêmes, tarte à la crème impossible à réaliser parce que pour penser on a besoin d'idées, de mots, qui sont toujours ceux des autres et qu'il faut commencer par connaître puis par maîtriser.

Mais comme notre école valorise la spontanéité, c'est à dire qu'elle a décidé de sauter la case "apprentissage" au profit de la case "auto-construction", elle est obligée d'en arriver à ces questionnaires navrants, mais prévisibles".

A vous de juger:

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30/01/2015

L'école inclusive

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C'est, selon Jean Romain, la nouvelle "marotte" à la mode dont Madame Anne Emery Torracinta veut faire l'une de ses priorités.

Soit, pourquoi pas. Encore, selon moi, faut-il s'entendre sur ce que le concept signifie...

Est-ce à dire qu'il faut intégrer dans les classes d'école TOUS les élèves, quelle que soit leur problématique? Handicapés physiques comme délinquants en puissance?

En attendant, je vous livre ci-dessous la réflexion à laquelle s'est livré Jean Romain dans un "Invité" paru dans la TdG du 29 janvier.

L’école inclusive est la nouvelle marotte scolaire; elle va faire l’objet d’une nouvelle loi sur l’Instruction publique, celle que le Grand Conseil étudie actuellement. Comme toujours, théoriquement, cela semble une bonne idée de refuser de séparer les élèves à problèmes divers des autres élèves réguliers. On ne les mettra donc plus dans des établissements spécialisés (école séparative), ni dans des classes spécialisées (école intégrative) mais on les mélangera avec les autres élèves de toutes les classes, dans la mesure du possible (école inclusive).

La première conséquence est évidente: l’abolition de la distinction entre école régulière et école spécialisée, et vraisemblablement de l’efficacité des deux régimes d’enseignement puisque les professeurs ne suivent pas la même formation.

La deuxième conséquence est donc la modification radicale de la formation des professeurs dont la plupart ne connaissent rien à ce qui ressortit à la prise en charge des élèves différents. Certains cas sont assez lourds.

Il faudra faire appel à des spécialistes de sorte qu’aux moments décisifs ceux-ci puissent sortir temporairement tel élève de la classe pour le suivre individuellement. Mais alors, quelle est la place de l’enseignant lorsque les difficultés scolaires sont traitées par d’autres spécialistes?

La troisième est évidemment une modification du rôle de l’école publique car une médicalisation de cette école va être nécessaire puisqu’on impute l’échec scolaire à des dysfonctionnements individuels, des troubles du comportement, ou à divers «dys» qu’il faut soigner. En effet, ce type d’interprétations médico-psychologiques de l’échec scolaire précoce, qui impute les difficultés de l’enfant à un déficit individuel, n’incite pas à s’interroger sur la construction des difficultés d’apprentissage au sein même des classes.

Or, de nombreux travaux sociologiques, comme ceux de Rochex ou Lahire, montrent que les inégalités d’apprentissage se construisent aussi au sein des dispositifs d’enseignement. Si la faute incombe à un trouble individuel, toute remise en cause des méthodes ou du climat scolaire est reléguée au second plan.

La quatrième conséquence, moindre, est la diabolisation de ceux qui vont seulement douter de cette façon de voir. Ils seront à choix: conservateurs, insensibles, élitistes ou simplement grognons.

Depuis quelques années, on parle abondamment de l’école inclusive. C’est la prochaine problématique importante de notre école, qui va demander d’ailleurs pas mal de moyens supplémentaires. Les obtiendra-t-on? Je ne suis pas certain qu’en voulant réduire une difficulté on n’en crée pas une autre plus dommageable encore.

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27/01/2015

Il y a 70 ans, Auschwitz

Le 70e anniversaire de la libération par l'Armée rouge du camp d'extermination nazi d'Auschwitz-Birkenau est commémoré ce mardi, en présence de 300 anciens détenus et de chefs d'Etat ou de gouvernement européens.

A cette occasion, je me permets de publier à nouveau ces trois textes que j'avais postés sur ce blog il y quelques années...

 

Auschwitz, voyage au bout de l’enfer.

 

Je me remémore un voyage que j’ai fait il y a quelque temps.

Le DIP, à l’époque, avait l’heureuse idée (est-ce encore le cas ?) de subventionner pour les enseignants la visite  du camp de concentration d’Auschwitz.

Je m’y suis rendu.

C’est le mois de novembre, nous sommes près de 150 Suisses romands, des enseignants, des jeunes, des journalistes, accompagnés de quelques rescapés des camps, à descendre des cars…les plaisanteries, les rires se sont soudainement tus ! Un lourd silence s’est installé.

Respect ! Chacun garde désormais le profil bas. Nous sommes au bout du monde, celui qui s’arrête au terme de cette sinistre voie ferrée. Le ciel est gris, les barbelés, les bâtiments percent la brume omniprésente.

Cette terre parle, elle hurle. Comment traduire les émotions par des mots ? Impossible. Des images se forment dans la tête, nous écoutons le récit des survivants, mais jamais nous ne pourrons prendre réellement conscience de ce que fut la réalité. Comment ont-ils pu vivre ne serait-ce qu’un seul jour ?

Il y là David, petit bonhomme tellement attendrissant.

Il est revenu !

Il passe inlassablement d’un groupe à l’autre pour tenter de nous communiquer la vérité, de nous faire comprendre ce qu’il nous est impossible de vraiment saisir. Là, devant les ruines des fours crématoires, il interrompt notre guide en le saisissant par la main :

« Je veux faire une prière pour mes parents qui sont morts ici ».

L’émotion est à son comble et chacun retient tant bien que mal ses larmes. Et pourtant son sourire ne l’a pas quitté de toute la journée.

Il y a Otto. Le regard souvent fixé sur le lointain. Lui aussi, infatigable, nous a suivis jusqu’au bout. Il observe sans cesse nos réactions. De temps à autre une phrase, pour ne pas nous égarer, nous rappeler ce que fut cette réalité :

« C’est là, précisément à l’endroit où vous êtes que j’ai vu ma mère pour la dernière fois ».

Je n’oublierai pas votre leçon. Je n’oublierai pas votre regard Otto. Je n’oublierai pas, David, la chaleureuse poignée de main que vous avez voulu donner à chacun de nous pendant le vol du retour.

Merci à vous, que votre témoignage ne s’efface jamais.

Monsieur Otto Klein est décédé à Genève le 24 mars 2014

 

Gare de Grünewald

 

Ce nom vous dit quelque chose ?

Berlin-Grünewald fut la principale gare berlinoise de transit et de départ vers les camps de l'Est.

De là, entre le 18 octobre 1941 et le 27 mars 1945, 60 trains ont transporté quelque 55000 Juifs berlinois vers les camps d’extermination !

Afin de « cacher » le spectacle aux habitants, c’est peu après le couvre-feu que la Gestapo faisait irruption dans les familles.

En quelques minutes il fallait tout quitter, maison, appartement et leur contenu, pour rejoindre le long cortège formé dans la rue.

Des rafles quasi quotidiennes…

Ainsi, femmes, enfants, vieillards étaient contraints, en marche forcée à travers la capitale du IIIe Reich, de parcourir, dans le froid, les 10 à 15 kilomètres qui les menaient à la gare de Grünewald.

Puis, entassés dans des wagons de marchandises…un long voyage dans des conditions horribles, destination Auschwitz-Birkenau et Theresienstadt…  la «solution finale » mise en place dès la fin 1942.

 Aujourd’hui, les quais sont constitués de lourdes plaques de fer ajourées, fabriquées à partir des wagons de transport des condamnés. On y trouve les inscriptions de chacun des trains partis de là.

Et alors, l’émotion prend le dessus. Inimaginable, comment est-ce possible ?

De même devant le mémorial érigé en…1991.

Un mur de froid béton dans lequel des formes suggestives sont creusées…le rappel d’un vide, d’un manque…Quelle charge émotionnelle !

SILENCE !

 

Westerbork, Theresienstadt, UNE FILLETTE EN ENFER


« Histoire d’une fillette », c’est le titre du texte qui est paru dans Migros Magazine N°38 du 20 septembre 2010. sous la plume de mon frère, Jean-François Duval.

Il est bien sûr beaucoup plus apte que moi à retranscrire ce que nous avons tous les deux récemment vécu.

 

Le vol en provenance d’Amsterdam avait atterri. De la douane, les passagers surgissaient dans le grand hall. Nous guettions les visages, car ni moi ni mon frère n’étions très sûrs de reconnaître cette amie de la famille plus revue depuis quarante-sept ans. Je me souvenais d’un sourire éclatant, du visage décidé et rayonnant d’une jeune femme auréolée de cheveux noirs. C’est d’ailleurs à son sourire que nous l’avons reconnue, heureuse de repasser la frontière suisse, car elle aime profondément notre pays.


Avec elle, nous avons traversé le lac en «mouette», contemplé Guillaume d’Orange sur le mur des Réformateurs. C’est que C. est Hollandaise. En juin 1944, à 12 ans, elle et son frère de deux ans son aîné furent déportés à Westerbork (dont l’écrivaine Etty Hillesum, morte à Auschwitz, a raconté la réalité dans ses Lettres de Westerbork). Leurs parents, eux, étaient déjà morts en 1943 à Sobibor, conduits à la chambre à gaz dès l’arrivée du convoi. Nous n’avions jamais parlé de tout cela – la Deuxième Guerre mondiale, ça me semblait si loin quand j’avais 10 ans… Mais aujourd’hui? Avec combien de personnes pouvons-nous encore échanger, qui connurent les camps enfants?

 

A Westerbork, comme chacun, la petite C. a lutté pour sa survie. Tuberculose, typhoïde… l’hygiène est épouvantable, tout le monde souffre de dysenterie, les toilettes (appelées egg-racks, c’est-à-dire «cartons pour les oeufs») sont faites de longs bancs de bois percés de trous, où l’on s’assied côte à côte. Tous les mardis, un train part pour l’Est et les camps de la mort. La fillette voit l’humanité à nu – «depuis lors, c’est comme si je voyais à travers les gens». Et parfois, quand la réalité est trop dure, elle regarde au-delà des barbelés du camp, elle ferme à demi les yeux, ses cils d’enfant viennent se superposer et gommer les rouleaux de barbelés. Elle se dit à elle-même: «Ils ne peuvent pas te faire de mal, à l’intérieur de toi tu resteras toujours toi-même.» La réalité, pour un instant, est transcendée.


La fillette ne comprend rien à ce qui lui arrive. On lui dit qu’elle est juive, elle ne sait même pas ce que cela signifie, car ses parents l’ont baptisée et élevée dans la foi protestante. Après huit semaines, transfert à Theresienstadt. Deux jours debout, écrasés les uns contre les autres, dans des wagons à bestiaux. Là-bas, il arrivera aux enfants d’être chargés d’évacuer les cendres des déportés qui ne survivent pas. On vit chaque jour dans l’angoisse de figurer sur les listes de départs pour les camps de la mort. Un jour, le 5 février 1945, les gardes SS sélectionnent 1200 juifs parmi les 6000 qu’on a rassemblés. Lorsque C. et son frère montent dans le convoi, personne ne sait avec certitude où il conduit. Pour Joseph Kessel, qui l’écrit dans Les mains du miracle (1960), si le convoi, qui devait mener à Auschwitz, fut aiguillé vers la Suisse, c’est grâce à l’influence du Dr Kersten sur Himmler. Masseur connu, Kersten avait le pouvoir de calmer les terribles douleurs d’estomac dont souffrait le chef de la Gestapo, et en usait pour le convaincre d’épargner des milliers de juifs. «Le Dr Kersten m’arrache une vie à chacun de ses massages», aurait dit Himmler.


C. croit aujourd’hui plus fondée la thèse de l’historien H.G. Adler dans Theresienstadt 1941-1945, soit l’intervention de l’ancien conseiller fédéral Musy auprès de Himmler, Göring et du général Schellenberg: «Les Allemands perdaient la guerre, il semble que nous ayons été échangés contre des camions militaires.»
Au matin du 7 février, près de Constance, le convoi passe la frontière suisse, les déportés sont accueillis par la Croix-Rouge. «Nous étions libres! Depuis lors, chaque fois que je franchis la frontière de votre pays, c’est comme si j’entrais au Paradis.» Influence du Dr Kersten ou échange contre des camions, franchement, je m’en fous. Seule compte pour moi la joie de ces 1200 paires d’yeux qui, un jour de février 1945, virent la Suisse comme une terre de miracle.

 

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24/01/2015

Sage remise en question

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On apprend avec grand plaisir que,  enfin, Madame Anne Emery Torracinta décide de prendre au sérieux le problème de la formation des futurs profs genevois. En effet, l'Institut universitaire de formation des enseignants du secondaire (IUFE) ferme ses portes aux nouveaux élèves pour une année afin de réformer sa structure. Ainsi, la rentrée 2015 est annulée...

Il était temps d'ouvrir les yeux.

Depuis des années, depuis la création de l'IUFE, déjà avec l'Arle, je n'ai eu de cesse de dénoncer sur ce blog les nombreux dysfonctionnements de cet institut et de relayer les nombreux témoignages d'étudiants dépités par ce qu'ils avaient à subir.

Rappelons tout de même que la Cour des Comptes a été récemment mandatée pour faire toute la lumière sur les nombreux problèmes soulevés par cet IUFE...

Il s'agit donc maintenant de mettre en place une nouvelle structure qui permettra de retrouver la sérénité en mettant l’accent essentiellement sur les stages qui font actuellement si cruellement défaut dans la formation des profs du secondaire…

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Reste néanmoins la question de la formation des futurs instituteurs du primaire, un problème qui est tout aussi important.

Et sur ce coup, Madame AET semble significativement manquer de discernement. Elle fait la sourde oreille...ne voit rien...se tait.

Elle a pourtant aujourd'hui toutes les cartes en main pour réagir et ne pas laisser se répercuter sur le primaire la bagarre connue dorénavant sur le secondaire...

La commission enseignement supérieur a accepté la motion demandant le passage de la formation des instituteurs de 4 à 3 ans, un signal que Madame la Présidente ne peut ignorer. Voilà donc pour elle, une belle occasion à saisir pour, dans l'élan du secondaire, également restructurer sérieusement la formation des enseignants du primaire.

Madame AET saura-t-elle donc ouvrir les yeux et admettre que cette formation laisse également énormément à désirer.

Affaire à suivre donc...

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22/01/2015

Lettre ouverte aux maîtres fâchés

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Certains maîtres de disciplines spéciales telles la musique, le dessin ou la gymnastique (MDAS) semblent ne pas comprendre le sens exact de mes billets...

Je reçois en effet un certain nombre de commentaires plus ou moins incendiaires qui, comme par hasard, sont signés par des pseudos ce qui laisse pour le moins songeur. Il est en effet difficile de venir justifier une attitude ou une prise de position dans ces conditions. J'avoue ne pas bien comprendre pour quelles raisons ces commentateurs se cachent derrière ce lâche anonymat, à moins qu'ils ne soient conscients du peu de crédibilité de leurs revendications.

Ces gens voudraient donc me faire dire ce que je ne dis pas. Ils crient au loup, m'accusent de tous les feux de l'enfer et m'envoient des commentaires qui mélangent impudemment tout et rien: classe salariale, égalité de traitement, titres et niveau d'études, etc.

Autant de sujets qui sont peut-être tout à fait opportuns mais sur lesquels je ne me suis pourtant jamais prononcé... Libre à ces enseignants de les mettre sur la table et de mener ce combat s'ils l'estiment justifié.

Mais, mettons donc les points sur les "i" !

Mesdames et Messieurs les MDAS, relisez-moi et vous constaterez que ce que j'ai dénoncé dans mes précédents billets se limite à ce privilège inadmissible que, pour des raisons obscures, Charles Beer vous avait octroyé en son temps.

Rien de plus!

Il était en effet inacceptable que, sous prétexte d'organiser quelques activités diverses (journées sportives, tournois, concerts, etc.), les maîtres spécialisés (MS) de dessin, gym et musique (MDAS) soient au bénéfice de deux heures hebdomadaires de dégrèvement sur leur horaire.

Ainsi, il avaient la possibilité d'enseigner 26 périodes seulement pour un horaire officiel de 28 périodes/semaine. En "réallouant" ces heures à l'enseignement, Madame AET a mis fin à ce privilège. Une sage décision, ce d'autant plus que leur cahier des charges est très clair lorsqu'il stipule que "le temps d'enseignement tient compte de leur devoir d'implication multiples dans les activités de l'école".

Madame, Monsieur le MDAS, pourriez-vous concevoir, selon votre logique, que les enseignants titulaires de classe puissent, eux, réclamer des heures de dégrèvement sous prétexte que, par exemple, ils organisent des camps de ski, qu'ils accompagnent leurs élèves aux tournois de foot, de basket ou de volley, qu'ils participent à des concerts avec la chorale de l'école, qu'ils mettent en scène des spectacles, etc.

Soyons sérieux! Tout cela est injustifiable.

Je vous attends donc pour en débattre, sans problème. A une seule condition, c'est que vous le fassiez honnêtement, en osant assumer vos positions, en respectant donc la règle fixée sur ce blog:

Je n'accepte de publier que les commentaires dont l'auteur m'est connu.

Pour ce faire, chacun peut continuer à utiliser le pseudo qui lui plaît mais, j'exige que l'adresse email utilisée soit correcte et je demande au commentateur de me communiquer son nom via mon adresse e-mail.

De cette manière, le commentateur reste anonyme pour les lecteurs et je suis seul à connaître son identité. De mon côté, je m'engage bien évidemment à préserver et à respecter cet anonymat.

 

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