24/09/2014

DIP: Au royaume de la langue de bois

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Les résultats de l'étude Pisa 2012 sont enfin sortis...

Aussitôt le DIP s'est fendu d'un communiqué de presse qui annonce "

"PISA 2012 : bons résultats en mathématiques, stables dans la durée, pour tous les cantons romands". Voilà qui est assez surprenant en regard des titres de la TdG... hier "Les genevois sont les plus mauvais en math" et aujourd'hui "Les genevois parmi les cancres".

Il faudrait savoir!

La vérité, c'est qu'en effet, avec 502 points, Genève et Neuchâtel ont obtenu le plus mauvais résultat cantonal de l’étude PISA 2012. La moyenne pour la Suisse romande se situe à 523 points. Le canton de Fribourg a reçu le meilleur score au niveau romand (550 points), suivi du Valais (540).

L'enseignement n'est pas une affaire de mode, j'en veux pour preuve la nette régression de la Finlande (519 points) désormais classée derrière la Suisse (531 points). La Finlande dont le système scolaire était tant idolâtré par les gourous du pédagogisme. Certains devraient peut-être commencer à réfléchir et changer leurs théories...

Avec l'Arle, nous l'avions dit dès la première étude PISA en 2003, ces études comparatives sont à prendre avec des pincettes tant sont nombreux et complexes les facteurs qui déterminent les résultats obtenus...Il en ressort pourtant quelques certitudes.

A ce sujet, sur sa page "facebook" Jean Romain résume très bien ce qu'il en est:

"Les années passent et les résultats restent. Après 5 éditions auxquelles la Suisse a participé, ce sera la dernière fois que nous jouterons avec les élèves des pays de l’OCDE.

Les arguments contre ces tests sont nombreux et j’en partage une partie, notamment celui de l’aspect financier. Nous payons cher pour connaître ce que nous savons : les cantons qui ont moins donné dans la réformite sont les meilleurs ; les méthodes traditionnelles d’apprentissage à la lecture sont les plus efficaces ; les moyens d’enseignement qui s’éloignent le plus du socio-constructivisme sont les plus performants.

L’Arle disait cela il y a 15 ans ; elle fut inscrite par le DIP de MBG et celui de Ch. Beer sur la liste des suspects. Aujourd’hui, il ne reste plus qu’un quarteron de post-soixante-huitards et les traditionnels bulletins paroissiaux médiatiques pour maintenir envers et contre tout le catéchisme du Tout-va-très-bien.

Or, de droite comme de gauche, ici et ailleurs, les gens ont fini par comprendre ce qui crève les yeux : nous sommes face à un phénomène unique dans l'histoire, une rupture inédite : une génération entière s'est refusée à transmettre à la suivante ce qu'elle avait elle-même reçu, à savoir l'ensemble des connaissances, des repères, de l'expérience humaine, tout ce qu'on appelle la culture et qui constitue son héritage. Il ne s'agit pas d'un oubli, ni d'une erreur, ni même d'une négligence, mais d'un projet explicite : faire croître l'inculture".

 

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20/09/2014

Réponse...curieuse du Conseil d'Etat

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C'est depuis longtemps et notamment en juin dernier que je posais la question de savoir si, suite à la passation précoce des épreuves de fin d'année, les écoliers n'étaient pas trop tôt en vacances ...Je précisais que

"personne n'est dupe, les élèves en tout premier lieu. Ils savent pertinemment qu'une fois ces épreuves passées, fin mai début juin, la remise des bulletins scolaires est toute proche et que donc l'année scolaire est pratiquement terminée. Le temps restant jusqu'aux vacances d'été ne sera que "remplissage", des journées que l'enseignant aura toutes les peines du monde à "meubler" le plus intelligemment possible".

 

Le député Jean Romain avait alors déposé une question urgente écrite au Conseil d'Etat: "Le département va-t-il mettre enfin le holà à ces pratiques qui ne servent ni les élèves, ni leurs parents, ni les contribuables, ni le rayonnement de Genève"?

 Aujourd'hui la réponse du CE est tombée...

Et comme il fallait s'y attendre, on reste coi face à tant de vacuité.

Jugez plutôt:

Au primaire, les dates des épreuves cantonales ont été reculées autant que le permettaient la phase de corrections et leur intégration dans les moyennes trimestrielles et, pour les 8P, les démarches pour assurer le passage au cycle d'orientation.

Ainsi, en juin 2014, la passation des épreuves cantonales des 4P, 6P et 8P s'est effectuée du 26 mai au 10 juin, pour une reddition des bulletins scolaires le 12 juin en 8P et le 19 juin pour les 4P et 6P.

 Le calcul est vite fait...Il suffit donc, pour les 8P, de deux jours pour effectuer toutes les tâches nécessaires afin de finaliser les bulletins scolaires. Dès lors, encore une fois, pourquoi faire passer ces épreuves si tôt et laisser ainsi une période de deux semaines d'"errance" jusqu'à la fin de l'année scolaire?

On se demande bien, par ailleurs, pourquoi le temps nécessaire aux mêmes tâches pour les élèves de 4P et 6P est beaucoup plus long puisque, bizarrement, il passe soudainement à 9 jours?! Allez comprendre!

J'ai comme l'impression que, plutôt que de répondre à une question précise, le CE s'est borné à adapter sa réponse à une situation qui lui échappe et surtout qu'il n'a aucune envie de traiter. Car, pour cela, il faudrait faire preuve de courage et admettre que les directeurs d'établissement ne sont pas en vacances dès le 29 juin! Il faudrait donc oser imposer ce qu'on est en droit d'attendre de la part de ces directeurs...A savoir, qu'ils consacrent la première quinzaine de juilletà la mise en place de la rentrée scolaire suivante. Ce qui rétablira un tant soit peu l'étrangeté de leur dix semaines de vacances (faut-il le rappeler) et leur donnera, pour une fois, un peu de travail concret...

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18/09/2014

Les profs de gym sont des moutons...

 

mouton.jpgAinsi donc, le travail de sape a commencé! Je reviens sur deux précédents billets (Profs de gym, les enfants gâtés du DIP et Le syndicat des enseignants est abject) puisque, selon la TdG, "l'appel au boycott des syndicats enseignants (AGMEP et SPG) a été massivement suivi. Un seul maître de sport - contre 48 l'an passé - compte participer à sant"e"scalade", ce programme sportif qui prépare les élèves de 6 à 12 ans à la course de l'Escalade.

Du coup, l'association sant"e"scalade voit bien entendu chuter ses inscriptions.

Un seul maître de sport a osé! Oui, oser s'opposer au mot d'ordre des ayatollahs de son syndicat, l'AGMEP (association genevoise des maîtres d'éducation physique). C'est tout à son honneur, on ne peut que saluer son courage et son bon sens. Un immense BRAVO à cet enseignant et honte à tous les autres profs de gym qui, tels des moutons, n'ont pas eu le courage de refuser de se soumettre au diktat de quelques meneurs inconscients.

Car, véritablement, il s'agit là de lâcheté...

J'ai eu en effet l'occasion, tout récemment, de débattre de ce sujet avec l'un de ces profs de gym. Cette personne me disait qu'ils étaient plusieurs à ne pas être d'accord avec leur syndicat mais qu'il leur était impossible de le faire savoir tant ils redoutaient les reproches que les "gros bras" de l'AGMEP ne manqueraient pas de leur faire...avec toutes les conséquences qui s'ensuivraient...! Que c'était donc la mort dans l'âme qu'ils se taisaient et suivaient sagement et silencieusement le mot d'ordre qu'on leur imposait!

Des pratiques inqualifiables dignes des dictatures les plus sombres...

Fort heureusement, on apprend parallèlement que "si les maîtres de sport ne sont pas au rendez-vous cette année, leurs collègues généralistes continuent à répondre présents".

Une nouvelle qui bien entendu me réjouit. Voilà qui prouve, si besoin était, combien les "vrais" enseignants savent, eux, faire preuve de respect et de sérieux.

Mais voilà qui pose quand même un problème...

Car, c'est bien leur syndicat, la SPG (société pédagogique genevoise), par la voix de son président Laurent Vité, qui a lancé cet appel au boycott. La grande majorité des membre de la SPG sont des enseignants titulaires et non des maîtres de gym qui ont, eux, leur propre syndicat, l'AGMEP...

Ainsi, le comité de la SPG se permet, en dépit de toute consultation de sa base, de prendre des positions qui ne reflètent pas forcément celles adoptées par la plupart de ses membres.

Voilà encore des pratiques bien douteuses qui remettent sérieusement la représentativité et la crédibilité de ce syndicat...


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10/09/2014

Une aubaine pour la Présidente du DIP

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Il y a un point sur lequel il semble que nous puissions tomber d'accord avec Monsieur Laurent Vité, président de la SPG.

Depuis l'instauration des directeurs d'établissement à l'école primaire, les enseignants croulent sous diverses tâches administratives qui leur sont imposées. Il faut bien que ces directeurs justifient leur poste... afin d'entretenir l'illusion, ils multiplient les tâches qu'ils délèguent aux enseignants. Ainsi, une bonne partie de leur temps de travail est consacré à d'inutiles paperasseries plutôt qu'à enseigner.

A force de tirer sur la corde et suite à l'appel de la SPG, certains enseignants menacent donc de couper dans les prestations, notamment en boycottant les cours d'appui hors temps scolaire donnés aux élèves en difficulté.

Voilà peut-être une opportunité que Madame Anne Emery Torracinta devrait s'empresser de saisir.

Elle pourrait sauter sur cette occasion pour se montrer à l'écoute des plaintes justifiées des enseignants et revoir complètement le cahier des charges des directeurs afin de rendre à chacun ce qui lui revient. Aux enseignants d'enseigner et aux directeurs d'assumer TOUTES les tâches administratives. Une mesure qui permettrait d'alléger grandement l'horaire des enseignants qui pourraient alors assumer pleinement leur devoir d'enseignement.

Par ailleurs, cela donnerait à la Présidente l'occasion de s'appuyer sur la motion 2100 dont le Grand Conseil doit prochainement débattre. Ainsi, pourquoi ne pas appliquer sans attendre ce que cette motion propose: qu'une partie du temps de travail des directeurs d'établissement soit consacré à l'enseignement! Ceux-ci pourraient alors enfin se rendre utiles et prendre en charge une bonne partie de ces cours d'appui hors temps scolaire. Je l'ai dit souvent, ces directeurs, en raison d’un cahier des charges assez mince et de leur surnombre (72) sont au bénéfice de placards dorés inacceptables! Une mesure qui serait donc tout à fait justifiée et applicable dans les plus brefs délais.

A part certains directeurs qui, bien entendu, se montreraient réticents et pousseraient leurs cris d'orfraie, tout le monde y trouverait son compte, enseignants, élèves et parents....sans compter le monde politique qui, à la veille du débat sur la motion 2100, devrait peut-être y penser...

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08/09/2014

Le syndicat des enseignants est abject

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Lamentable!

Voilà qu'après le boycott décidé par les maîtres de gym (Profs de gym, les enfants gâtés du DIP) c'est cette fois le syndicat des enseignants primaires (SPG) par l'intermédiaire de son président Laurent Vité qui se montre complètement irresponsable.

Ce monsieur saisit l'occasion offerte par quelques maîtres de gym inconscients pour annoncer un nouveau boycott qui vise cette fois le soutien aux élèves en difficultés scolaires. On atteint le comble de l'indigne!

Que ces cours de soutien permettent de sortir de l'échec 30 % des élèves en difficulté ne semble pas suffire au président de la SPG.

Le syndicat n'en a cure, il "appelle les professeurs à ne plus assurer le soutien pédagogique hors temps scolaire pour les élèves en difficulté". Une mesure sordide. Et peu importe si les enseignants en charge de ces cours sont d'une part volontaires et d'autre part payés au cachet 65 fr. 70 par heure.

C'en est trop!

Laurent Vité et ses collègues du comité de la SPG sont-ils cinglés?

Des gens méprisables qui font honte à toute la profession.

Les enseignants ont un sens des responsabilités autrement plus développé, je ne peux pas imaginer qu'ils suivront un tel mot d'ordre mais qu'au contraire ils sauront remettre les pendules à l'heure en signifiant clairement à Laurent Vité qu'ils ne s'abaissent pas à ce niveau...

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04/09/2014

Profs de gym, les enfants gâtés du DIP?

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En juin dernier j'avais écrit un billet (Un syndicat des enseignants à côté de la plaque) dans lequel je disais combien j'estimais que la décision de Madame Anne Emery Torracinta était justifiée. Il était en effet inacceptable que, sous prétexte d'organiser quelques activités diverses (journées sportives, tournois, concerts, etc.), les maîtres spécialisés (MS) de dessin, gym et musique (MDAS) soient au bénéfice de deux heures hebdomadaires de dégrèvement sur leur horaire.

Ainsi, il avaient la possibilité d'enseigner 26 périodes seulement pour un horaire officiel de 28 périodes/semaine. En "réallouant" ces heures à l'enseignement, Madame AET a mis fin à ce privilège. Une sage décision, ce d'autant plus que leur cahier des charges est très clair lorsqu'il stipule que "le temps d'enseignement tient compte de leur devoir d'implication multiples dans les activités de l'école".

Confrontés à la décision de la Présidente du DIP, certains de ces enseignants, appuyés par leur syndicat (SPG, AGMEP) sont montés aux créneaux pour manifester leur désaccord et leur colère. Le Président de la SPG, Monsieur Laurent Vité, allant jusqu'à les inciter à cesser toutes participations aux manifestations sportives et autres.

Ce qu'ils ont osé faire!

En effet, c'est en lisant la TdG du jour que j'ai constaté avec effarement que "les profs de gym" avaient décidé de boycotter, entre autre, les entraînements sportifs en vue de la course de l'Escalade. 

Sans s'arrêter là:

"L’Association Genevoise des Maîtres d’Education Physique (AGMEP) communique qu’elle a donné, à grand regret, le mot d’ordre à ses membres et aux maîtres d’éducation physique des écoles primaires, de boycotter l’encadrement de toutes les manifestations sportives proposées par l’enseignement primaire dont le programme Sant« e »scalade pour l’année scolaire 2014-2015.Ces mesures font suite à la décision prise par le Département de l’Instruction Publique, sans concertation avec les différents partenaires, de changer la répartition du taux horaire sans aucune compensation. ..."

Bel exemple qu'ils nous délivrent là !

Une attitude irresponsable qui jette le discrédit sur l'ensemble de la profession. Une image peu reluisante des enseignants que, à n'en pas douter, certains s'empresseront d'utiliser et de répandre à tout va! Il suffit de lire les commentaires qui accompagnent l'article de la TdG pour s'en rendre compte...

J'ose pourtant encore espérer que la grande majorité du corps enseignant fera preuve d'un sens des responsabilités plus développé et que ces maîtres ne se laisseront pas mener par le bout du nez par cette minorité (?) d'énergumènes...

Il en va de la respectabilité de toute cette profession qui ne mérite pas qu'on la salisse pareillement.


 

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03/09/2014

Une filière en or...massif!

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En 2008, sous l'impulsion irresponsable de Charles Beer, le DIP a nommé 93 directeurs d'établissement à l'école primaire, des cadres supérieurs en classe 24.

Aujourd'hui, pourtant encore beaucoup trop nombreux, ils ne sont "plus que"...73!


Que sont-ils donc devenus ces 20 directeurs? Une question qui a son importance financière notamment et qui mériterait que les députés du Grand Conseil s'y intéressent.

Un petit nombre d'entre eux, quatre ou cinq, est probablement parti à la retraite; mais où sont donc passés les autres?

Tenez-vous bien...

L'Etat a dû, sans aucun doute, les "recaser" avec l'obligation de leur garantir leur statut de cadre supérieur. Dès lors, pour ces quelques personnes, "burn out" ou non, il a bien fallu inventer des postes fictifs, bidons, grassement et inutilement payés. On s'imagine ainsi surprendre quelques uns de ces "fantômes" errer le long des couloirs des nombreux services du DIP, informatiques et autres.

A l'heure où la Confédération réclame des efforts d'économie à tous les départements de l'instruction publique, au moment où les syndicats dénoncent des baisses certaines de prestations aux élèves, n'y aurait-il pas mieux à faire que de fournir des placards, non pas dorés, mais en or massif à ces personnes "à charge", pour rester poli?

Plutôt qu'à ne rien faire, ne pourrait-on pas imaginer les utiliser, certes en les surpayant, puisque en classe 24, mais au moins à bon escient?

Parce que, n'oublions pas qu'ils sont tous au bénéfice d'une formation d'enseignant! Alors, pourquoi le DIP  ne pourrait-il pas leur confier la charge de cours d'allemand, d'anglais ou d'appui pour les élèves en difficultés scolaires?

Une mesure qui permettrait de ne pas gaspiller les quelques 2 millions/année que coûtent aux contribuables la quinzaine de directeurs d'établissement dont il est question ici...

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25/08/2014

Yeeeees, enfin, il était temps!

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Que de billets j'ai consacrés à ce sujet, la formation des enseignants à Genève...

En juin 2013, notamment, je terminais mon billet "Des pratiques dignes d'une République bananière" par ces quelques lignes:

Les critiques envers l'IUFE se font de plus en plus nombreuses et de plus en plus vives. Jusqu'à quand nos autorités accepteront-elles de couvrir cet institut? N'est-il pas temps pour nos élus d'ouvrir les yeux sur une telle honte?

Depuis le temps que, notamment avec l'Arle, j'ai dénoncé toutes les aberrations de cet institut, voilà que, aujourd'hui, en lisant la TdG, j'ai le très grand plaisir de constater que Madame Anne Emery Torracinta réagit et ouvre les yeux en laissant entendre envisager une refonte du système.

Peut-être devrait-on la nommer membre d'honneur de l'Arle tant elle semble avoir été à l'écoute des critiques émises sur ce blog, notamment lorsque je dénonçais...

- une sélection des étudiants qui laisse pour le moins perplexe quant à l'attribution des stages "à la tête du client" ainsi que sur l'importance de former en priorité des praticiens plutôt que des théoriciens, autant de problèmes soulevés ici.

- Des pratiques dignes d'une République bananière

- L'IUFE va-t-il réussir à me casser?

- IUFE institut universitaire des formateurs égarés

- L'IUFE sévèrement décrié

La nouvelle Présidente du DIP semble donc animée d'une bonne volonté qui me réjouit. Le fait qu'elle soit avant tout une enseignante n'y est sûrement pas pour rien. Enfin j'entrevois dans sa démarche une lueur qui laisse présager qu'elle ne s'arrêtera pas là et qu'elle saura, sur cette lancée, s'attaquer à tous les autres problèmes qui minent notre école genevoise. Je pense tout spécialement à l'organisation aberrante de l'école primaire avec ses trop nombreux directeurs d'établissement qui jouissent depuis bien trop longtemps de placards dorés ainsi qu'au remaniement total qu'il est nécessaire et urgent d'opérer dans cet ordre d'enseignement.

Quelques pistes que, en  juin 2012, je suggérais à ce sujet dans un billet intitulé "Si j'étais président".

1. Réduire drastiquement les postes inutiles qui polluent la Direction de l'enseignement primaire (directeurs d'établissement et usine à gaz de la Direction), à savoir une bonne cinquantaine de postes de ...cadres supérieurs, faut-il le rappeler!

Une mesure qui, à financement égal, permettrait la création d'environ 80 postes d'enseignants consacrés entièrement aux mesures d'appui pour les élèves en difficulté scolaire.

Concrètement, cela représenterait un enseignant d'appui par établissement scolaire (84) chacun secondé par 1 étudiant de l'IUFE en stage obligatoire.

2. Obligation pour les directeurs d'établissement (en nombre réduit à 50) de faire le travail pour lequel ils ont été engagés. Leurs tâches doivent être clairement précisées dans un nouveau cahier des charges qui ne permette pas de déléguer outrageusement une bonne partie de leurs obligations aux enseignants...

Une mesure qui permet la mise en place de la priorité suivante.

3. Libérer les enseignants de toutes contraintes administratives ou autres (souvent lourdes et inutiles)et leur donner ainsi les moyens de faire correctement leur travail, à savoir enseigner.

4. Obligation pour eux de rendre compte de leur enseignement au travers d'un journal de bord attestant de programmes mensuels, voire hebdomadaires.

5. Refonte totale du matériel didactique actuellement catastrophique et inadapté dans pratiquement toutes les disciplines , prioritairement en français (MMF)!

6. Passation des épreuves cantonales à la fin du mois de juin (et non en mai) de façon à utiliser à bon escient l'entier du temps d'enseignement disponible pendant l'année scolaire.

De même, remise des moyennes en dernière semaine de juin.

L'organisation des classes pour la rentrée scolaire suivante est alors faite par les directeurs d'établissement dans le courant de la 1ère semaine de juillet.

7. Enfin, possibilité pour chaque enseignant de contacter, au besoin, directement le président sans passer par toute la hiérarchie intermédiaire.

Une mesure qui permettrait à chacun de se livrer en toute transparence sans risque d'un blocage d'informations dans le dédale hiérarchique...

Et au président de garder les pieds sur terre, d'être en contact direct avec les réalités du terrain...


 

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21/08/2014

Le piège de Harmos

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Je viens de prendre connaissance de l'interview de Madame la conseillère thurgovienne Verena Herzog paru ce jour dans la TdG.

Elle incarne soi-disant la lutte contre l'enseignement du français chez nos voisins alémaniques.


Il se trouve qu'à y bien réfléchir, elle est à deux doigts de m'avoir convaincu tant ses arguments sont pertinents et adaptés à la situation genevoise également. Car enfin, qu'en est-il à l'école primaire à Genève?

Prenez un élève de 11 ans qui, après un enseignement de quatre ans en allemand, est sur le point d'entrer au Cycle d'Orientation. Tentez de lui faire dire quelque chose dans la langue de Goethe, même la plus élémentaire des choses... Vous vous apercevrez très vite que la plupart d'entre eux sont incapables d'énoncer une phrase correcte ou même de comprendre sérieusement ce que vous lui dites. Rien de plus normal d'ailleurs tant l'enseignement de cette langue reste à Genève du "bricolage approximatif": aucune approche syntaxique sérieuse, apprentissage quasi inexistant d'un vocabulaire de base efficace.

Tentez seulement l'expérience auprès d'un jeune de votre entourage...

Dès lors, plutôt que de perdre un temps précieux à l'école primaire à bâtir un échafaudage branlant ne serait-il pas plus judicieux, comme le propose Madame Herzog, de laisser au CO la responsabilité de construire cette apprentissage sur des bases saines et solides? Avec en prime le grand avantage que, dès le début, cet enseignement s'y fait par niveau et non plus dans une classe mixte.

Dans cette perspective, les arguments de Madame la conseillère nationale sonnent plutôt justes.

Au fil des années, avec la surcharge croissante du système et du cursus scolaires, on constate que bien des élèves ne peuvent même plus parler correctement la langue de leur canton, le français à Genève. Ainsi, en supprimant l'enseignement de l'allemand, le gain de temps gagné permettrait d'approfondir de manière significative celui du français qui laisse sérieusement à désirer aujourd'hui. A ce sujet, en comparaison avec nos petits genevois, je suis toujours surpris par la capacité à s'exprimer des jeunes élèves issus de l'école française.

Par ailleurs, ce gain de temps permettrait également de résoudre, en partie, le problème posé avec les branches manuelles qui, faute de temps, ont été malheureusement fortement délaissées ces dernières années!

Mais voilà! La chose est possible dans le canton de Thurgovie puisqu'il n'a pas signé le concordat Harmos qui l'obligerait à l'enseignement d'une deuxième langue nationale à l'école primaire!

Une sage décision que Genève n'a pas suivie!

Genève, elle, est tombée dans le piège et, plutôt que d'y réfléchir à deux fois, tête baissée, a préféré foncer dans le mur... La voilà donc condamnée à suivre l'obligation imposée par Harmos.

Une mesure qui risque bien d'être fort dommageable au bout du compte et qui devrait pousser nos autorités à peut-être revoir la copie pour trouver une porte de sortie à ce concordat contraignant qui n'apporte en définitive rien de bon.

 

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09/08/2014

La guerre des notes, le retour?

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Les pédagogistes tenteraient-ils un coup d'éclat?

Voilà qu'à Berne, Roland Näf, président du parti socialiste bernois "propose de supprimer la notation du français à l'école primaire car la méthode didactique ne s'y prêterait pas" peut-on lire dans Le Matin de ce jour.


La méthode d'apprentissage introduite dans le canton il y a trois ans est essentiellement basée sur le constructivisme ce qui implique que les élèves n'apprennent ni la grammaire ni la syntaxe de la langue française. Seule la compréhension compte! Dès lors, selon Monsieur Näf, il devient impossible d'évaluer les connaissances des élèves.

Une bien curieuse façon de contourner la question...

Car enfin, le problème ici ne tient pas dans l'évaluation mais bel et bien dans la méthode constructiviste utilisée à Berne.

Une méthode que les pédagogistes continuent à prôner alors qu'elle ne cesse de démontrer ses limites et qui surtout cause des dégâts souvent irrémédiables chez nos élèves.

On rêve chez les Bisounours!

Comment peut-on encore croire qu'on puisse apprendre une langue, que ce soit le français ou une autre, sans en étudier la grammaire et la syntaxe?

Combien de temps les responsables cantonaux de l'instruction laisseront-ils encore ainsi saccager l'école et mutiler de la sorte les élèves!?

Je ne serais pas étonné d'ailleurs de voir ces "chers" pédagogistes genevois saisir cette occasion pour sortir du bois, afin de tenter une énième fois d'imposer leur idéologie dévastatrice.

Décidément, Jean Romain a bien raison d'affirmer que " ces méthodes constructivistes ne fonctionnent pas, que c'est pour cela qu'ils veulent supprimer les notes. Car elles révéleraient alors l'ampleur du désastre"...

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07/08/2014

La quête de l'inaccessible?

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Jamais je n'aurais imaginé qu'une telle activité puisse procurer autant de bonheur.

Voilà quelques jours maintenant que je m'adonne à la cueillette des bolets. Je profite de la forte poussée de champignons que connaît actuellement le Valais.

Si on m'avait dit qu'un jour j'y passerais des heures, jamais je n'y aurais cru!

Et pourtant... voilà une pratique qui permet d'éviter bien des heures de psy!


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Comment décrire ce ressenti lorsque, soudain, au détour d'un sapin, tapi dans sa mousse, vous apercevez ce chapeau  d'un brun chocolat qui pointe fièrement. Quelle splendeur! Il n'y a pas vraiment de mots pour exprimer cette excitation qui vous envahit alors. C'est tout simplement jouissif!



Hors du temps, plus rien ne compte, tous vos sens sont aux aguets, vous n'avez plus qu'un seul but, cette quête du trésor tant convoité.

Vous oubliez tout, les heures passent sans que vous vous en rendiez compte. Vous gravissez des pentes abruptes et impensables jusqu'alors, vous vous retrouvez dans des endroits, des passages si touffus qu'en d'autres occasions, vous n'auriez jamais accepté de les franchir. Plus rien ne vous arrête, sans cesse trouver et encore trouver ce bolet, une obsession. Et à chaque fois cette adrénaline qui vous surprend pour vous emplir d'un immense sentiment de plaisir.

Plaisir renouvelé lorsqu'au retour de ce merveilleux périple, vous vous retrouvez autour de la table à déguster le fruit de votre quête magique, le tout accompagné d'un bon cru du coin.

 

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27/07/2014

Israël/Hamas, un combat inégal

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Engagé dans une situation plutôt délicate, auriez-vous l'idée d'aller mettre une gifle au colosse auquel vous êtes opposé alors que vous n'êtes que l'équivalent d'un poids plume? Prendriez-vous un tel risque sachant que vous allez vous en prendre plein la figure...

Oui, bien sûr, cette guerre entre Palestiniens et Israéliens est épouvantable et entraîne de nombreuses victimes innocentes.

Mais, sur les causes, il y a quand même de quoi se poser quelques questions.

Dans le cas présent, j'ai de la peine à comprendre la démarche du Hamas.

Car enfin, le proverbe dit bien que l'on récolte ce que l'on sème...

Or, c'est bien le Hamas qui a commencé, il y a près de trois semaines, à envoyer des roquettes sur l'Etat israélien. Ce sont ces mêmes palestiniens qui aujourd'hui ne respectent pas la trêve humanitaire qui avait pourtant été conjointement acceptée et qui reprennent leurs tirs de missiles. Eux également qui dénoncent un crime contre les populations civiles de Gaza mais qui, parallèlement, n'hésitent pas à se servir des innocents, femmes et enfants, comme bouclier humain afin de protéger leurs cellules terroristes. Une manière comme une autre pour manipuler l'opinion internationale.

Dès lors, sous le feu des missiles qui tentent d'arroser le pays, comment s'étonner de la réplique fulgurante ordonnée par Benjamin Netanyahu? Et bien sûr, les frappes d'Israël ne supportent pas la comparaison tant ses moyens militaires sont d'une autre importance que ceux que présente le Hamas.

Voilà que, par la faute de quelques dirigeants totalement dépourvu de raison, d'un côté comme de l'autre, on se retrouve face à un vrai désastre qui, j'en suis persuadé, est orchestré par les deux gouvernements concernés. Au détriment des populations qui, j'en suis convaincu, côte à côte, ne demandent qu'à vivre en paix.


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17/07/2014

Genève n'est pas à l'abri...

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Comme elle a raison Natacha Polony, combien son propos est d'actualité!

Oui, bien sûr, certains diront que chez nous, ce n'est pas comme chez nos voisins français. Et pourtant, non, Genève n'est pas à l'abri.

Voilà des années qu'on a laissé s'insinuer à l'école la violence, verbale comme physique.

On a voulu, au DIP, ouvrir toutes grandes les portes de l'école à tout un chacun.

Ainsi, à force de démagogie dégoulinante, on a introduit, par exemple, les conseils d'établissement pour donner aux parents la possibilité de s'exprimer sur un certain nombre de sujets. La plupart anodins, histoire de donner l'illusion de leur participation active.

Mais voilà, certains parents ne l'entendent pas de cette oreille et dépassent allégrement les limites fixées, sans que le DIP ne réagisse vraiment.

Et petit à petit, l'autorité de plus en plus bafouée s'est délitée.

Je connais un instituteur qui, il y a peu, a dû faire face à des parents qui lui demandaient des comptes. Celui-ci, excédé par le mauvais comportement répétitif de leur marmot, avait osé lui dire "ça suffit maintenant, tu m'énerves!"

Pensez donc, le crime de lèse-majesté! Expliquez-vous Monsieur l'instituteur!

Plus grave encore, l'histoire de ce collègue qui, il y quelques années, a vu surgir dans sa classe un père d'élève le menaçant, un couteau à la main! Une affaire que le DIP s'était empressé d'étouffer en conseillant à l'enseignant de rester discret...

Alors, oui, comme elle a raison Natacha Polony a qui je cède ici la parole en reproduisant l'article paru sous sa plume dans le Figaro.fr de ce 12 juillet.

 

 

"Notre école n'a plus rien d'un sanctuaire"

 

Natacha Polony revient sur l'incident mortel dans une école il y a quelques jours, un «fait divers» bien plus révélateur des troubles de notre système scolaire qu'il n'y paraît.

Il y a ces deux petites filles qui grandiront sans leur mère et porteront à jamais ce manque. Il y a ces enfants qui garderont pour toujours l'image de leur maîtresse s'écroulant sur le sol, assassinée par une folle le dernier jour de l'année. Par une folle. En tout cas une femme «souffrant de troubles psychiques ayant aboli son discernement» selon le langage consacré des experts psychiatres. On aura d'ailleurs entendu l'habituelle litanie des termes consacrés: «cellule psychologique», «marche blanche» et «drame inévitable». Comme pour intégrer le plus rapidement possible cette horreur à la longue liste des faits divers déplorables.

Et bien sûr, on pourra répéter qu'il y a des déséquilibrés partout. Et bien évidemment, il n'est pas question de transformer les écoles en forteresses. Mais tout de même, les mots ont un sens. Et il n'est pas anodin que le Ministre de l'Education Nationale ait choisi d'ajouter aux éléments de langage déployés à l'envi le trop classique «l'école n'est pas un sanctuaire.» Une phrase qui se veut un constat. «L'école n'est pas un sanctuaire», de sorte que peuvent y pénétrer les violences et les drames du monde extérieur, et l'on n'empêchera jamais un acte de folie perpétré par un individu en crise.

A ceci près qu'il ne s'agit nullement d'un constat mais bien d'un programme. Maquillé en constat objectif pour renvoyer les «tenants de l'école sanctuaire» à leurs chimères. L'idéologue, c'est toujours l'autre. Et derrière cette phrase, il y a le refus d'admettre que les politiques qui ont peu à peu, réforme après réforme, cherché à tout prix à faire de l'école un «lieu de vie ouvert sur le monde» ont non seulement conduit à un désastre pédagogique avec une école plus inégalitaire et plus inefficace que jamais, mais aussi à une destruction violente du métier de professeur et de ses conditions d'exercice.

La mère qui a tué à coup de couteau l'institutrice de sa fille était certes déséquilibrée. Mais il est significatif que la phrase qu'elle ait prononcé, le déclencheur symbolique de sa violence, fût ce «tu as mal parlé à ma fille» qu'ont évoqué les témoins. Même un esprit perturbé nous dit quelque chose des limites et des tabous d'une société. En l'occurrence, la nôtre a abandonné l'idée qu'il était impensable de lever la main sur un professeur parce qu'il incarnait pour une société laïque et républicaine quelque chose d'aussi sacré que le prêtre de l'ordre ancien.

Aujourd'hui, dans une école qui n'a plus rien d'un sanctuaire, non par fatalité mais par le fait d'une prophétie autoréalisatrice tant de fois exprimée, la moitié des directeurs d'école a déjà été insulté par des parents. Les professeurs sont sommés de «bien parler» à des enfants érigés en demi dieux à la fois hypersensibles et tout puissants. On s'invective et l'on s'insulte parce qu'on est là pour s'exprimer, pour déployer sa spontanéité, et non pour recevoir des savoirs universels transmis par un professeur. Dans l'école qui «n'est pas un sanctuaire», nul n'oserait attendre des chérubins et de leurs parents qu'ils étouffent leurs pulsions sous la décence et le respect pour l'institution et ceux qui l'incarnent. La violence est une fatalité. Elle est surtout beaucoup plus acceptable aux yeux de ces adeptes de la résignation déguisée en réalisme que cette violence institutionnelle que pouvait constituer le fait d'imposer à des enfants efforts et discipline. Car disons-le bien haut: les notes qui traumatisent les élèves, les commentaires sur les bulletins qui alignent les «peut mieux faire» et les «encore un effort», voilà la véritable violence à l'école, celle contre laquelle s'est élevé récemment Benoît Hamon.

Il n'y a jamais de hasard et les faits divers agissent comme les révélateurs de notre inconscient collectif. Quant aux discours convenus des ministres, ils se nourrissent de choix idéologiques assumés ou non. Des ministres qui n'ont jamais mis les pieds dans une classe et n'imaginent sans doute pas ce que signifie pour un héritier des Hussards noirs célébrés par Péguy le fait de recevoir tous les jours de ceux qu'il a choisi d'instruire et d'élever au mieux l'indifférence narquoise, au pire les injures, et de leurs parents les réclamations de consommateurs mécontents. Mais tout cela, bien sûr, n'était qu'un triste fait divers.


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03/07/2014

On aurait aimé une Présidente du DIP courageuse et responsable

Anne-2ème-tour-cadrée.jpg

230 jours après avoir pris la tête du DIP, on apprend enfin ,via la TdG du jour, quelle est sa "version de l'école"...

Et le moins qu'on puisse dire c'est que Madame Anne Emery Torracinta y va à petits pas. Pas de révolution en effet mais un remaniement de la loi sur l'instruction publique qui ressemble plus à un "relooking" cosmétique qu'à des prises de position courageuses.

Ainsi, plutôt que de prendre le risque de se trouver confrontée à des situations délicates, la Présidente du DIP préfère supprimer l'interdiction de porter à l'école des signes religieux distinctifs. Et tant pis pour la soi-disant laïcité de l'école. Je ne suis pas certain que sur ce coup de poker elle ait fait le bon choix. Je suis même prêt à parier que cette mesure lui causera plutôt de gros soucis que la tranquillité recherchée.

Si elle ne prend aucun risque sur l'ajout dans la loi de "la formation obligatoire jusqu'à 18 ans", sur "l'intégration des élèves handicapés" et sur "un meilleur contrôle sur les établissements privés" tant ces trois points ne portent pratiquement pas à contestation, il n'en va pas de même, à mon sens, pour ce qu'il en est de la suppression de l'obligation des conseils d'établissement au primaire.

On se souvient que cet organe de communication avait été créé par son prédécesseur Charles Beer. Une aberration sans nom qui n'a aucune utilité sérieuse si ce n'est de justifier de manière scandaleuse les trop nombreux postes de directeurs d'établissement. Un moyen chronophage pour eux de se donner une légitimité!

(Ces postes de directeurs sont-ils vraiment utiles?))

Dès lors, j'aurais pu applaudir des deux mains si Madame AET, plutôt que d'y aller du bout des lèvres, avait eu le courage d'aller au bout de sa démarche en admettant, une bonne fois pour toutes, la non-pertinence de ces conseils. Elle sait pourtant très bien combien cette pratique est de la poudre aux yeux.

(Une députée sur le fil)

Mais non, là encore, elle préfère ménager la chèvre et le chou. C'est donc avec une maladroite prudence qu'elle avoue ..."Les retours d'un établissement à l'autre sont très différents et à certains endroits, ces conseils ne fonctionnent pas très bien"

Le courage, Madame, aurait été alors d'abolir tout simplement ces conseils d'établissement...avec toutes les conséquences qui s'en suivent....à savoir diminuer drastiquement le nombre des directeurs d'établissement qui dès lors, se seraient retrouvés sans plus aucun alibi pour défendre leurs postes soi-disant surbookés.

(Bienvenue à Pédagoland))

Non, Madame AET ne prend pas ses responsabilités et préfère laisser aux écoles la liberté de constituer un système à géométrie variable.

Mais, c'est exactement la situation actuelle, blanc bonnet, bonnet blanc quoi!

Dès lors, je parie que les directeurs d'école sauront saisir cette opportunité pour s'engouffrer dans cette porte laissée lâchement ouverte.

Vous verrez que, dans tous les établissements scolaires, chacun de ces cadres supérieurs, aux abois, saura  trouver la nécessité absolue de maintenir des conseils d'établissement et ainsi préserver son placard doré.

Et je parie encore que très peu d'enseignants oseront s'y opposer en criant haut et fort ce que beaucoup d'entre eux chuchotent en catimimi...

16:01 | Lien permanent | Commentaires (4) | |  Facebook

25/06/2014

Les pédagogos en deviendraient-ils verts...

ane-vert.jpg

On se souvient qu'en 2006, le peuple genevois a accepté massivement (76%) l'initiative de l'Arle qui demandait le maintien des notes à l'école primaire.

A Genève, on a alors assisté à une véritable "guerre des notes". La bataille avait été rude et les attaques souvent violentes. Que n'avions-nous entendu de la part de nos opposants et de leurs gourous pédagogos de service.

Ces pédagogos, dont la plupart sont d'ailleurs encore en service dans notre République, n'avaient de cesse de prendre en exemple les systèmes pédagogiques de la Finlande, de la Suède ou du Danemark. A les écouter, ces pays nordiques avaient, eux, tout compris en optant pour un système d'évaluation "formatrice" sans aucune note, basé sur des commentaires uniquement. Et, selon eux, Genève devait s'en inspirer en introduisant au plus vite cette fameuse Rénovation de l'enseignement primaire tant soutenue par Madame Brunschwig Graf (qu'on n'a plus jamais entendue sur le sujet...) et ensuite par Charles Beer.

Eh bien, aujourd'hui, tous ces gens doivent en contracter une sacrée jaunisse!

Un article du Figaro du jour nous apprend en effet que, "après avoir réformé la notation, plusieurs pays européens font machine arrière".

Tant la Suède, le Danemark et la Finlande sont revenus sur leur décision et "ont abandonné l'idée de supprimer l'évaluation chiffrée à l'école, compte tenu des questions qu'une telle réforme soulevait".

Les Finlandais vont plus loin. Ils ont opté pour un système de notes basé sur une échelle de 10 points. "Les notes vont de 4/10 (note la plus faible) à 10/10. Il n'existe ainsi qu'une seule note (4/10) pour indiquer à l'élève qu'il a échoué à l'exercice. L'intérêt de la notation finlandaise est d'une part de permettre à l'élève qui a échoué à un exercice (4/10) de conserver toutes ses chances d'avoir la moyenne (il lui suffit d'avoir un 6/10) ; d'autre part, de valoriser la réussite. Le principe général des notes finlandaises est ainsi de récompenser davantage les bonnes copies et de réduire la démotivation liée aux notes basses".

La Finlande se serait-elle inspirée du système genevois que notre initiative de 2006 a permis d'introduire? Car, en effet, à Genève aussi, il est très rare d'attribuer une note plus basse qu'un 2/6 à nos écoliers qui fréquentent l'école primaire.

Aujourd'hui, certains de nos détracteurs feraient bien de revoir la copie qu'ils avaient présentée et à laquelle ils continuent de croire, au point d'en gaver les étudiants futurs enseignants au primaire jusqu'à l'endoctrinement...


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